‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 227 sur 307 · APERÇUS GENERAUX · texte numérisé non relu

APERÇUS GENERAUX

§ I. Art païen et art chrétien.

L'ART chrétien naquit au milieu de l'art classique grécoromain. Il est naturel qu'il ait subi les mêmes phases, et que l'histoire de l'un et celle de l'autre présentent à peu près les mêmes périodes.

L'art romain a eu son plus bel épanouissement sous l'empire, jusqu'à la fin du II e siècle. Les peintures trouvées au Palatin et à Pompéi sont du style le plus pur. On rencontre la même perfection dans les monuments du règne de Trajan et de celui d'Hadrien. La décadence commence sous Septime- Sévère. L'arc de triomphe élevé par ce prince en fournit la preuve: il y a une grande différence entre les ornements dont il est chargé et la simplicité de bon goût que présente, par exemple, l'Arc de Titus. On pourrait établir une comparaison semblable entre les peintures faites au III e siècle dans les tombeaux ou les maisons privées et les peintures de Pompéi. A l'époque de Constantin, la sculpture et l'architecture sont en pleine décadence : quelle distance entre les basreliefs inférieurs de l'Arc de Constantin, et les bas-reliefs supérieurs qui ont été empruntés à un monument du temps de Trajan ! Les monuments d'architecture, comme les mausolées de Ste Constance et de Ste Hélène, ont encore une certaine grandeur, mais le bon goût fait défaut. Sous Honorius et Arcadius, la décadence est complète.

L'art chrétien a traversé les mêmes phases. On parle

i. Sur l'art chrétien primitif, cf. Marchi, l monument i délie arti cristiane primitive, 1844; — Garrucci, Storia delC arte cristiana, 1873-81; — Grimouardde Saint- Laurent, Guide de fart chrétien, 187a; — Kraus, Die ckristliche À'unst in ihren friihesteu ' Anfângen, 1873 ; Geschichte der christ, Kunst, 189s sq.; — MUntz, Études sur l' histoire de la peinture et de f iconographie chrétienne, 1886; — Lefort, Études sur Us monuments primitifs de la peinture chrétienne, 1885 ; — : Pératé, L'archéologie chrétienne, 1892: — Wilpert, Le fitturc délie catacombe romane, Roma, 1903.

souvent de la grossièreté de l'art chrétien. C'est un préjugé. De fait, beaucoup de monuments chrétiens sont grossiers,, parce que ceux de l'époque de la décadence sont plus nombreux que ceux de l'époque classique. Mais il y en a aussi de la meilleure époque, et qui ne le cèdent guère aux monuments païens contemporains.

Quelles que soient d'ailleurs les analogies, il est certain que l'art chrétien a des caractères, une inspiration, un symbolisme qui lui sont propres. Même dans les sujets indifférents et les simples décorations, il se distingue par « une certaine noblesse générale, une candeur, une joie innocente et paisible. La forme antique est purifiée par l'esprit chrétien ; la chasteté pénètre enfin dans l'art, qui n'était trop souvent, à cette époque de luxe et de jouissance, qu'une école d'immoralité » (*).

§ II. Histoire de l'art chrétien.

Peinture (*). — La peinture chrétienne a commencé dès l'origine du christianisme. L'usage de décorer les tombeaux de peintures est très ancien ; les Romains l'avaient reçu des Étrusques ; les chrétiens s'y conformèrent. Le style, les allégories des fresques chrétiennes varient suivant les catacombes et leurs différentes périodes.

Pendant la première période, où les catacombes sont des cimetières privés, il n'existe point d'abord, à proprement parler, de peintures chrétiennes. Les décorations du vestibuledes Flaviens, au cimetière de Domitille, qui remontent à 1& fin du I er siècle, sont formées de lignes, de cercles, de carrés, éé paysages, d'oiseaux, sujets que l'on voit aussi dans les tombeaux païens. La décoration architecturale de la chapelle d'Ampliatus, dans le même cimetière, rappelle celles de Pompéi. On trouve seulement quelques symboles isolés,, comme la vigne. Au II e siècle, le symbolisme se forme; il est reconnaissable dans des fresques de la chapelle grecque^ au cimetière de Priscille.

8. Cf. Wilpert, Lepitture délie catacombe romane, Roma. 1903,

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