Joan., I
LE CYCLE PASTORAL
Lucîne une très curieuse inscription fixée maintenant dans la grande galerie inférieure : sur la pierre est gravée une ancre, et au-dessous un agneau : c'est comme une représentation voilée du crucifix. S. Paulin de Noie (*) nous
(Cim. de St-Calixtc. )
montre dans la basilique de cette ville et dans celle de Fundi une image semblable qu'expliquait l'inscription suivante :
SVB CRVCE SANGVINEA NIVEO STAT CHRISTVS IN AGNO.
On voit également ce symbole au cimetière de Domi tille : à l'agneau couché sous l'ancre on a ajouté une colombe qui
î. Ep. XXXII ad Severum, 10. 17 {P. L., t. LXI.col. 336. 339).
vient se reposer sur sa poitrine : ne serait-ce pas le premier emblème de l'amour mutuel de Notre-Seigneur et des âmes ?
FAvrriNiÀNwri
(Cim. de St-Calixte. )
Ce symbole a pris plus tard une forme différente : celle de l'agneau placé sur une colline, d'où s'échappent les quatre
(Cim. de St-Calixte.)
fleuves de l'Écriture. Cette composition nouvelle s'est développée surtout dans la mosaïque ; mais elle est antérieure
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un exemple du IV e à
au VI 5 siècle, car on en trouve St-Sébastien.
De la figure du bon Pasteur doit être rapprochée celle de
TOrante, qui souvent la complète. On a dit que l'Orante est dérivée de la « Pietas » païenne, que nous connaissons par une belle statue conservée au Vatican. Il y a certainement de la ressemblance entre les deux figures, et les artistes chrétiens ont pu se servir du type déjà connu. Toutefois il n'est pas prouvé qu'ils l'aient vraiment imité, car l'Orante n'est autre chose qu'une figure en prière, dans une attitude commune aux Romains et aux Orientaux. D'après S. Ambroise, cette attitude rappelle Notre- Seigneur en croix: interprétation pieuse, mais qui sans doute n'était aucunement dans l'intention des artistes.
On distingue deux espèces d'Orantes: les Orantes bibliques et les Orantes isolées. Presque toutes les figures bibliques en effet sont représentées en forme d'Orantes : Noé, Isaac, les trois enfants dans la fournaise. L'Orante isolée est gravée sur les pierres sépulcrales, peinte sur les plafonds, les arcosoles, les « loculi ». Est-elle, comme on l'a pensé, le portrait du mort dont elle orne le tombeau ? De fait il n'est pas rare que le nom du défunt se trouve à côté d'une figure d'Orante ; ainsi au tombeau de Veneranda, dans la chapelle des Cinq Saints, etc. :