L'EUCHARISTIE
de Domitille, on voyait une brebis près du vase de lait attaché à un bâton qui signifie le Pasteur. Les découvertes faites à Sts-Jean et Paul prouvent que le même symbole fut usité jusqu'au VI e siècle; il est en effet représenté devant l'entrée du « tablinum > de la maison des deux martyrs.
Le raisin, rarement peint, mais souvent gravé sur les pierres sépulcrales, a la même signification. — La manne, figure de P Eucharistie (*), se voit dans un arcosole de Ste-Cyriaque.
Il convient de rapprocher de ces monuments deux célèbres inscriptions, dont nous avons différé de parler jusqu'ici, parce qu'elles servent de confirmation à nos interprétations des peintures catacombales : les inscriptions de Pectorius et d'Abercius.
L'inscription de Pectorius, trouvée à Autun en 1839, a été publiée et commentée par D. Pitra ( a ). C'est un monument qui remonte peut-être au commencement du III e siècle. Elle contient une partie dogmatique ainsi conçue :
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SwTYÎpoç 8e ày(d)v neXfrçoéa )*àjjt,(3av(e Ppûatv) f 'E<j8te TTtvàwv iyfàv l'^wv icaXapaiç.
« Piscis caelestis divinum genus corde puro utere, hausta inter mortales immortali fonte aquarum divinitus manantium. Tuam, amice, foveto animam aquis perennibus sapientiae largientis divttias. Salvatoris sanctorum dulcem sume cibum ; manduca esuriens piscem tenens manibus. » Les fidèles, € race divine du poisson céleste », sont invités à se nourrir d'une nourriture sainte et, selon l'ancien usage liturgique, à recevoir entre leurs mains les espèces consacrées.
x. Joan. 9 VI, 59.
a. Cf. Pitra, Spicil. Solesm., III, p. 554-564; — de Rossi . Inscrip. christ., vol. II. p. i, p. XX; — Pohl, Dos Ichtysmonument von A utun, Berlin, 1880.
Celle cTAbercius, évêque d'Hiéropolis en Phrygie ( x )f était connue par les Actes de ce Saint En 1882, un archéologue anglais, M. Ramsay, découvrit en Asie-Mineure une inscription identique, sauf le nom du personnage, et qui portait la date 300 de l'ère phrygienne (2 16 de notre ère) ( 2 ). Celle-ci est évidemment une imitation de celle d'Abercius, car par suite du changement de nom (AAEEANAP02 au lieu de ABEPK102) la mesure d'un hexamètre se trouve rompue.
FRAGMENT DE LINSCRIPTION D ABERCIUS.
1. Probablement le même personnage que l'Avircius Marcellus, dont parle Eusèbe {H. E., V, 16), qui était célèbre par un traité contre les Montanistes. — Cf. de Rossi, Inscript. chritt., t. Il, p. i», p. XII sq. ; — Bullet., 1882, p. 82; — Duchesne, Bu/M. critiq. % 1882, p. 135 ; Rev. des quest. historiq., 1883 ; Mélanges de l'École française, 1895, p. 155 sq.
2. Cf. art. de M. Ramsay dans le Bulletin de correspondance hellénique, juill. 1882.
l'eucharistie. 303
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L'inscription d'Abercius serait donc antérieure à l'an 216. De cette dernière M. Ramsay retrouva, quelques années après, deux fragments. Le plus considérable a été envoyé par le sultan Abdul-Hamid au Souverain Pontife Léon XIII à l'occasion de son jubilé sacerdotal ; M. Ramsay y a joint l'autre fragment, qu'il avait emporté en Ecosse. L'inscription était gravée sur trois côtés d'un cippe sépulcral ( s ); elle se composait de 22 vers, dont chacun formait deux lignes. Voici le texte, les majuscules représentant la partie rt trouvée :
1. f Citoyen d'une ville noble, j'ai élevé ce monument de mon vivant.afinquemon corps y fût déposé. Mon nom est Alexandre, fils d'Antoine, disciple du Pasteur immaculé. Si quelqu'un place un autre tombeau au-dessus du niii.-n, qu'il paie à la caisse des Romains deux mille pièces d'or, et mille à Hiéropolis, ma chère patrie. Ecrit l'an 300, le 6, moi vivant. Paix au passant qui se souvie t de nous. >
a. D'autres archéologues pensent qu'elle était gravée tout entière sur un seul côté.
Éléments d'archéol. chrét. s*
ÉLÉMENTS D'ARCHÉOJLOGIE CHRÉTIENNE.
I* Côté : "
'ExXexxîjç 7roXtto<; 7toXet xtjç tout* lizoii\aaL Çûv Vv' f^co xoupcjp acofiaxoç èv6a Oéatv ouvo|x' 'Apépxioç aiv 6 fj.a6i}XJ)< itoijiivoç àyvou 6'ç Pô'axe* 7rpoj3axci>v àye'Xxc opsaiv 7tsdtoi< xe oNpôaXfxooç ô'ç. fyei H>&ir&ouç îcdtvxîj xaÔopûvxac oûxoç yàp ix'iÔîôaÇe (xà Çu>t)<) YpxfjLfiaxa itiaxà
Electae civitatis hoc feci
Vivons ut habeam (cum tempos erit)
corporis hic sedem Nomen mihi Âbercius discipulus (sam)
pastoris casti Qui pascit ovium grèges in montibus et
agris Cut oculi sunt grandes ubique conspi-
cientes Is me docuit litteras fidèles (vitae).
II e Côté (Musée de Latran)
EIS PÛMHv 6; &rEfu|*v EMEN BASlAstav à6pîfcat KAI BASIAIEjocv tSeïv ^puaoç TOAON XPuœotcé'ô'iXov AAON AEJAON lx€i XafjLicpdtv S^PArEIAANExovxa KAISTPIHSnESov T Ei8a KAIASTEAJîAvxa Nfoptv ErO>PATHNAIA à 3a<; rcav THAESXONSnSOiAiXooç ÏIAVAONEXONEnO
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