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Élém. d'archéol. chréU 23
sentait pas Notre-Seigneur, mais un empereur romain ayant à ses pieds une province qui lui fait hommage comme à son sauveur : le mot 2QTHPI aurait donné lieu à cette confusion. Cette opinion n'est pas admissible : comment Eusèbe auraitil commis une si étrange erreur ? Cette statue, qui était en grande vénération au commencement du IV e siècle, devait avoir quelque ressemblance avec le type réel de Notre- Seigneur. Elle a servi sans doute de modèle aux images orientales et aux nouvelles images introduites en Occident vers la fin du IV e siècle. Le Sauveur est alors représenté avec la barbe ; dans les plus anciennes, il a une figure douce et belle ; plus tard, au VI e siècle, l'expression est plutôt dure. Les portraits que des traditions, d'ailleurs respectables, rapportent au temps même de Notre-Seigneur, remontent le plus souvent à l'époque byzantine, mais peuvent être des copies.
A ces images on a de bonne heure ajouté un signe distinctif, le nimbe. C'était, dans l'art ancien, une marque de la puissance. On le donnait quelquefois aux divinités païennes ; peut-être tire-t-il son origine du disque de métal qui protégeait les statues contre la pluie. Les empereurs chrétiens sont quelquefois aussi représentés sur leurs monnaies avec le nimbe. Il devint ensuite le symbole d'un être supérieur ; on l'attribua à Notre-Seigneur, puis aux anges, puis à la T. Ste Vierge et enfin aux Saints. Il fut formé sucessivement d'un cercle, de plusieurs cercles, d'un cercle coupé par la croix : ce dernier étant réservé à Notre-Seigneur.
Les images de Jésus crucifié sont beaucoup moins an-
ciennes.L'art chrétien n'a jamais représenté que d'une manière voilée les épisodes de la Passion ; la scène du couronnement d'épines, par exemple, que le P. Marchi vit au cimetière de Prétextât, est plutôt symbolique que réelle, elle ne laisse guère paraître les humiliations et les