Ann. t xiil
€ non cultu nisi lugubri, non animo nisi mesto ». On en avait induit qu'elle s'était convertie au christianisme. L'hypothèse a été confirmée par les fouilles pratiquées au cimetière de St-Calixte.On a découvert en effet dans les cryptes de Lucine, près du tombeau de S. Corneille, l'inscription d'un Pomponios Grekeinos. Elle est de la moitié du II e siècle et rappelle sans doute un neveu de Pomponia Graecina, converti comme elle au christianisme. M. de Rossi conjecture que cette personne était la propriétaire même du cimetière et que le nom de Lucine était le nom symbolique (lux, lumière) qu'elle avait reçu au baptême. De fait, plusieurs inscriptions du cimetière portent le nom de Pomponius. Les Pomponii devaient être parents des Caecilii. Ainsi la communauté chrétienne de Rome, au I er siècle, était un mélange de pauvres et de riches, de nobles et d'esclaves. S. Paul fait un grand éloge de sa foi (*).
i. Rom., i, 8. Quelques auteurs, comme M. Duruy (Ht s foire des Romains, rv„ P- 733), ont nié que le christianisme se soit infiltré de bonne heure dans les hautes sphères et les familles nobles de l'empire romain. Il est vrai que S. Paul (/ Cor. , 1, 26} écrit: fVidete vocationem vestram, fratres. quia non multi sapientes secundun» carnem, non multi potentes, non multi nobiles » ; que Tertullien (Ad uxor. % il, 8, [P. L. t t. I, col. 1301D et Minutius Félix (Octav.,c. 36 [P. L. t t. III, col. 351D. font cet aveu : € Plerique pauperes diciraur», et S. Jérôme (In Ep. ad Ga/. t h Hi t prooem. [P. L., t. XXVI, col 400]) : € Ecclesia de vili plebecula congregata est ». Mais le € non multi » de S. Paul n'exclut pas absolument les nobles, il les suppose au contraire. Et la parole de Tertullien doit être complétée par ce qu'il dit lui-môme ailleurs (Apol., 37 [P. L., t I, coL 462]) : < Hesterni sumus et vestra omnia implevimus, ... castra, tribus, decurias, palatium, senatum, forum. > Cf. de Rossi, BulUttino, 1888-89, p. 57-66.