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était resté intact. Les Juifs rejetèrent l'accusation sur les chrétiens (*).
La calomnie réussit Quelques chrétiens d'abord furent arrêtés, puis une vraie multitude ( 2 ) ; les condamnations se multiplièrent contre les prétendus « incendiaires et ennemis du genre humain ». Alors commencèrent des fêtes horribles dont le cirque et les jardins du Vatican furent le théâtre : on vit des chrétiennes exposées aux bêtes sous des déguisements mythologiques, des chrétiens revêtus de peaux et chassés comme un gibier par des chiens, puis enduits de poix, crucifiés et allumés en guise de flambeaux.
De cette manière la cause du christianisme fut tout à fait séparée de celle de judaïsme qui resta toujours dans une position légale. Le christianisme dès ce moment fut considéré comme une religion illicite ; par conséquent si on ne le persécuta pas toujours d'une manière légale, on aurait toujours pu le faire.
Plusieurs auteurs font allusion à la persécution de Néron. S. Clément, peut-être témoin oculaire, parle de < l'exemple admirable donné au milieu de nous par une foule nombreuse d'élus,... par ces nobles femmes, ces Danaïdes et ces Dircées » ( 3 ). Il semble bien que S. Pierre lui-même ait en vue ces circonstances terribles quand il exhorte les fidèles de l' Asie- Mineure à la force, à la patience dans les épreuves, et date de Babylone la lettre qu'il écrit de Rome ( 4 ). Le mot 7?op<t><nç
i. Tout récemment M.Pascal a prétendu disculper Néron aux dépens des chrétiens. Il s'en est suivi une vive polémique dont on peut lire le résumé dans le Nuov. bullttt. di archeol. crist., 1900, p. 345 sq. La thèse de M. Pascal est tout à fait inadmissible. Cf. P. Allard, Les chrétiens ont-ils incendié Rome sous Néron f Paris, 1904; et le remarquable ouvrage que publiera prochainement sur ce sujet et sur la persécution de Néron en général M. le prof. Profumo.
2. < Primum correpti qui fatebantur, deinde indicio eorum multitude ingens, haud période in cri mi ne incendii quam odio humani generis convicti sunt. » Tacite, An*., xv, 44. — Nous ne croyons pas avoir besoin de défendre l'authenticité de ce récit contre les négations de M. Hochart. Cf. Douais, La persécution des chrétiens de Rome en tannée 64, dans la Rev. des questions historiques, t. XXXVIII, P- 337-397.