IN • AGR • P • XXX
On a découvert aussi des inscriptions chrétiennes portant le nom des Flaviens, un fragment ainsi complété par J.-B. de Rossi :
SepulcKVM FlaviORVM
et près de la basilique des Sts-Nérée et Achillée et du tombeau de Ste-Pétronille, l'inscription de
<DA. CAB61N0C KAI TITIANH ÀA£A<f>OI. .
Des liens de parenté paraissent avoir uni aux Flaviens la fille spirituelle de S. Pierre, Pétronille, de la gens Aurélia,
1. Sur la distiuction des deux Domitille, niée par quelques auteurs* et de Rossi, Bullettino, 1865, p. 17-24 ; 1875, p. 69-77. Eusèbe la suppose ( Ckronic. 1. II, P. G. t t. XIX, col. 551), et son témoignage a une valeur particulière, car il s'appuie sur l'historien Bruttius Praesens, qui possédait une villa dans le voisinage de celle des Flaviens.
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puisque son corps fut déposé dans leur cimetière, avec cette épitàphe :
AVRELIAE • PETRONILLAE FILIAE • DVLCISSIMAE.
Parmi les autres personnages de marque qui moururent pour la foi sous Domitien, Dion Cassius nomme Acilius Glabrio, consul en 91 avec Trajan. Acilius Glabrio fut condamné à lutter dans l'amphithéâtre avec un ours ou un lion ; sorti vainqueur de ce combat, il fut décapité par ordre de l'empereur. On soupçonnait déjà le motif de son supplice ; il ne saurait être douteux depuis la découverte, au cimetière de Priscille, d'un vaste hypogée contenant une quinzaine d'inscriptions latines et grecques qui rappellent les Acilii Glabriones, et dont l'une porte : 6N 66 UU. Cet hypogée, d'abord indépendant, a été ensuite réuni au grand cimetière de la Vîa Salaria ; au IV e siècle, il devint même comme la confession de la basilique de St-Silvestre : il y avait donc là un tombeau chrétien et vénéré. L' Acilius Glabrio dont parle Dion Cassius ne serait-il pas le fondateur du cimetière de Priscille ? Et n'y aurait-il pas lieu, comme le pensait M. de Rossi, de l'identifier avec le sénateur Pudens ( x ) ?
Domitien arrêta la persécution quelque temps avant sa mort. Il avait fait venir de Judée à Rome des descendants de David, parents du Sauveur ; après les avoir interrogés, il vit qu'il n'avait rien à craindre de leur part et cessa de poursuivre les chrétiens ( 2 ).
Bientôt après, il tombait, dans son propre palais, sous le poignard de l'affranchi Etienne. M. Aube veut y voir une vengeance des chrétiens ( 3 ). Mais l'accusation est gratuite. Suétone (4) nous fait connaître les vrais auteurs du crime et le sentiment qui les inspirait. Etienne et l'impératrice Domitia elle-même avaient lu leurs noms sur les listes de proscription dressées par l'empereur : ils ne craignirent pas de recourir à l'assassinat pour sauver leur propre vie.
1. Cf. de Rossi, Bullettino, 1875, p. 37 sq. ; — 1888-89, p. 15-67.
2. Eusèbe, Hist. eccl. % III, 20 (/>. G. t t. XX, col. 252-256).