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raine avait été construite à l'époque de la paix ; au fond de l'abside, une peinture du VII e siècle, très endommagée, représente Ste Félicité avec ses sept fils, et donne leurs noms (*).
A la seconde phase de la persécution de Marc-Aurèle (177) se rattache probablement le martyre de Ste Cécile.
Les Actes de Ste Cécile ont été publiés par Bosio au commencement du XVII e siècle et par Laderchi dans la première moitié du XVIII e . Ils présentent, il est vrai, une forme légendaire, et leur texte actuel n'est pas antérieur au V e siècle ; mais ils ont certainement été rédigés sur un texte plus ancien. Ste Cécile était une grande dame romaine, de famille sénatoriale, appartenant à la noble t gens Caecilia >. Elle fut instruite de la vraie religion dès son enfance : la branche à laquelle elle appartenait était donc déjà chrétienne, comme plusieurs autres familles nobles de cette époque. Mariée cependant à un païen, Valérien, contre sa volonté et malgré son vœu de virginité, elle convertit son époux et son beau-frère, et fit de sa nouvelle famille une famille de martyrs. Valérien et Tiburce furent mis à mort et déposés au cimetière de Prétextât. Bientôt après, elle-même fut accusée, condamnée à mourir étouffée dans sa salle de bain, que Ton voit encore au Transtévère, et finalement décapitée. Les chrétiens transportèrent son corps au cimetière de sa famille, sur la Via Appia. Les Actes disent qu'il y avait alors plusieurs empereurs et attribuent un rôle important à un « Urbanus papa » qui baptisa Valérien et enterra Ste Cécile. Baronius crut qu'il s'agissait du pape S. Urbain (222-230) et que par conséquent le martyre de Ste Cécile avait eu lieu sous Alexandre Sévère (222-235). Tillemont, afin de respecter les autres données historiques fournies par les Actes, hésita entre le règne de Dioclétien (vers 300) et celui de Marc-Aurèle (177), en laissant toutefois entendre que cette dernière date avait ses préférences. Récemment M.Kellner ( 2 ), arguant du silence de la Depositio martyrum et du Catalogue
1. Cf. deRossi, Bullettino, 1863, p. 20-22, 41 sq. ; — 1884, p. 149-185.
2. Das wahre Zeitalter der kl. Caecilia, dans la Thtologische Quartalsckrift, avril 1902.
libérien, a reculé le martyre de la Sainte jusqu'au delà de 354, sous la persécution de Julien.
De Rossi ( x ) s'est prononcé résolument pour l'an 177, pour les raisons suivantes. Les Actes parlent d'une grande persécution ; or il n'y en eut pas sous Alexandre Sévère, qui fut au contraire favorable aux chrétiens. Ils parlent de deux empereurs ; or Alexandre Sévère régna seul, tandis que Marc-Aurèle régna avec Commode. Le texte des rescrits impériaux qu'ils citent est identique au rescrit de Marc- Aurèle au gouvernement de Lyon, rescrit qui a été conservé par Eusèbe ( 2 ). Enfin le martyrologe d'Adon dit positivement : « Passa est autem beata virgo, Marci Aurelii et Commodi imperatorum temporibus. » Ste Cécile aurait donc subi le martyre en 177, et l'évêque Urbain dont il est question ne serait pas le pape S. Urbain, mais un autre évêque du même nom, celui qui fut ensuite enterré au cimetière de Prétextât. Le cimetière où fut déposé le corps de Ste Cécile était une propriété funéraire privée, qui, donnée à l'Église, allait devenir bientôt le grand cimetière papal de la voie Appienne (*).
Les martyrs de Lyon moururent certainement en 177. La Lettre des Églises de Lyon et Vienne aux Églises de l'Asie Mineure, dans laquelle est rapporté cet épisode, compte parmi les monuments les plus précieux de la littérature chrétienne primitive ( 4 ). On voit que l'Église de Lyon était déjà constituée et entretenait des relations avec l'Orient.
Les Actes de S. Épipode et de S. Alexandre se rapportent aussi à cette persécution, mais leur authenticité est douteuse.
Les martyrs africains de Scillium ( 5 ) ont été mis à mort à la fin du règne de Marc-Aurèle (179) ou au commencement du règne de Commode (180). Cet empereur en effet continua