‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 60 sur 307 · Severus, XVII · texte numérisé non relu

Severus, XVII

pense qu'il regardait seulement les Juifs et chrétiens de la Palestine, et qu'ailleurs les uns et les autres jouissaient d'une égale liberté. Mais cette opinion n'est pas soutenable : il est certain que Septime-Sévère a été, en même temps, favorable aux Juifs, qui n'inspiraient plus aucune crainte, et hostile aux chrétiens, dont la propagande prenait un développement de plus en plus inquiétant. De fait, ce prince et son fils Caracalla permirent aux Juifs d'arriver aux plus hautes dignités de l'Etat : « lis qui Judaicam superstitionem sequantur Divi Severus et Antoninus honores adipisci permiserunt » ( x ).

Afin d'atteindre plus sûrement les chrétiens, Septime-Sévère promulgua des lois contre les collèges, et établit une distinction entre ceux qui étaient licites et ceux qui ne l'étaient pas : « Prohibuit qui illicitum collegium coire dicuntur. » Demeuraient permis les collèges funéraires dont les membres versaient une cotisation mensuelle pour s'assurer un tombeau. Beaucoup d'inscriptions anciennes indiquent l'existence de ces collèges eUeurs noms: Esculape, Antinous, Sergia Paulina. Fortes de cette autorisation, des communautés chrétiennes purent encore avoir leurs tombeaux ; Tertullien parle de la cotisation mensuelle que devait payer chaque membre ( 2 ) ; et les Philosophumena nous apprennent que le diacre Calixte avait été préposé par le pape Zéphyrin à la garde du cimetière qui devait plus tard porter son nom ( 3 ).

Septime-Sévère ne se borna pas à ces mesures vexatoires. Tertullien ( 4 ), Eusèbe ( 5 ), Clément d'Alexandrie ( 6 ), Orose ( 7 ), parlent d'une vraie persécution. Elle semble avoir pris naissance dans l'incident provoqué par un soldat chrétien ; celui-ci

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