‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 62 sur 307 · GRAFFITO BLASPHÉMATOIRE DU PALATIN · texte numérisé non relu

GRAFFITO BLASPHÉMATOIRE DU PALATIN

autre homme en prière, avec l'inscription : « Alexamène adore son Dieu » ( a ).

Quel qu'ait été le prétexte de cette persécution, il faut certainement chercher la vraie cause dans le nombre toujours

i. Tertullien, Apol., XVI (P. L., t. I, col 372-373).

2. Cf. Garrucci, Un crocifisso grafito da mano pugana nella casa dei Cesari snl Palatino, 1856; — L. Visconti, Di un nuavo graffito palatin relativo al cristiano Alessameno, 1870. Le caractère chrétien de ce f graffito > a été contesté par M. Wiinsche (Setkianische Verjluchungstaftln au s Rom, Leipzig, 1898), qui veut y voir une profession de foi séthienne, caractérisée par le signe Y tracé à droite de la croix. Cette opinion a été généralement rejetée.

croissant des chrétiens. La persécution fut donc inspirée par la politique. Elle dura jusqu'à la mort de Septime-Sévère (211), et même un peu après, sous Caracalla. Elle fut générale. Toutefois nous n'avons pas de documents pour toutes les régions. Nous n'en avons presque aucun pour Rome, quoique cette ville ait certainement compté des martyrs. Le cimetière de Calixte s'est développé au temps de Septime-Sévère; or la partie la plus importante est reliée à une carrière abandonnée, il semble qu'on ait cherché à lui donner une entrée secrète ; on peut voir dans ce fait une marque de l'inquiétude des esprits en face de la persécution.

Les documents les plus sûrs sont ceux qui concernent l'Afrique. L'Egypte eut sa martyre, Ste Potamienne. Nous connaissons la date précise de la persécution de Carthage, car Tertullien nomme le préfet sous lequel elle eut lieu : « Doleamus necesse est quod nulla civitas impune latura sit sanguinis nostri effusionem, sicut et sub Hilariano praeside, cum de areis sepulturarum nostrarum acclamassent: Areae non sint » ( x ). Le mot « area » avait en Afrique une signification spéciale. A Rome, il avait été facile de creuser des cimetières souterrains; mais en beaucoup d'autres lieux, on n'avait pu que les construire à la surface du sol; alors on les appelait « horti, hortuli », en Afrique « areae ». Une inscription de Césarée de Mauritanie rappelle que Evelpius, « cultor Verbi », a donné une « area » à l'Église sainte, à Y € Ecclesia fratrum » ( a ).

Les Actes de Ste Perpétue, relatifs à la même persécution, constituent un document authentique de la plus haute importance; ils ont été publiés dans la collection de Ruinait et plusieurs fois à part. C'est une autobiographie de Ste Perpétue, écrite par elle jusqu'à la veille de sa mort. On avait pensé d'abord n avoir que la traduction latine d'un texte grec; mais il est prouvé que l'original avait bien été écrit en latin ( 3 ). D'après ces Actes, il y eut un grand nombre Ae martyrs,

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