‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 63 sur 307 · Infr., p · texte numérisé non relu

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3. Cf. P. Franchi de' Cavalieri, PasstoSS. Perpétuât et Félicitait s, Roma, 1896.

« multos fratres martyres ». La mention qu'ils font du théâtre, de la présence du gouverneur, indiquent que le drame s'est passé à Carthage même. Ils rapportent deux célèbres visions. Dans la première, Ste Perpétue vit son jeune frère Dinocrate, mort peu de temps auparavant, essayant en vain de s'approcher d'une fontaine pour y étancher sa soif. Elle comprit qu'il était dans un lieu de souffrance, pria pour lui, puis le vit, tout brillant de lumière, atteindre la source et s'y désaltérer : « Vidi Dinocraten... refrigerantem. » Cette expression, analogue à celle qui se retrouve dans les inscriptions, « in refrigerio », est évidemment une allusion au dogme du Purgatoire. La veille de son martyre, il parut à la sainte qu'elle entrait dans un jardin et qu'au milieu des arbres un pasteur l'appelait ; elle approcha, et le pasteur lui offrit du lait qu'elle mangea, et tous les assistants dirent : « Amen. » C'est l'explication des peintures des Catacombes qui nous présentent le bon Pasteur avec le seau de lait, symbole de l'Eucharistie. Dans la même vision, elle se vit introduite dans un amphithéâtre ; tout à coup un Éthiopien s'avance pour la tuer, mais deux jeunes gens l'aident à combattre, elle remporte la victoire, et le maître des jeux la félicite en la baisant au front et en lui disant : « Filia, pax tecum. » C'est encore, mis en action, le symbole du gladiateur, de l'athlète, que l'on trouve souvent sur les monuments chrétiens primitifs, uni quelquefois à celui du bon Pasteur.

Il faut placer dans cette même persécution, si le témoignage de Grégoire de Tours ( x ) est vraiment recevable, le martyre de S. I renée de Lyon. Il y eut aussi des martyrs en Asie-Mineure, particulièrement à Antioche.

En 211, commença l'empire de Caracalla. La persécution continua, mais moins terrible.

Avec Élagabale s'ouvrit une période de paix. Ce tyran voulait fonder une religion nouvelle, dont Rome serait le centre, dont lui-même serait le prêtre. De là peut-être sa tolérance à l'égard des chrétiens. D'ailleurs son origine

i. Hist, Fr. t i, 29 {P. /.., t. LXXI, col. 174-175)-

orientale devait le rendre favorable aux religions venues d'Orient.

Alexandre-Sévère se montra aussi bienveillant pour les chrétiens. On a dit, — la chose n'est cependant pas certaine, — que sa mère Mammea était chrétienne. Nous savons du moins par Lampride qu'il accorda beaucoup de faveurs à l'Eglise. Il avait fait ouvrir son palais au public, afin d'y rendre la justice ; et sur la porte il avait inscrit cette sentence, empruntée aux maximes de l'Évangile : « Quod tibi fieri non vis, alteri ne feceris » ( x ). Il Jaissa aux Juifs leurs privilèges, aux chrétiens la liberté : « Judaeis privilégia reservavit, christianos esse passus est » ( 2 ). Il eut même, paraît-il, l'intention d'élever un temple à Jésus-Christ (3). Un incident soulevé au Transtévère lui donna occasion de manifester ouvertement ses sentiments. Il y avait là un titre, l'oratoire qui devint plus tard la basilique de Ste-Marie du Transtévère ; il avait été enlevé aux chrétiens peu de temps avant le règne d'Alexandre-Sévère, et on y avait établi un cabaret, € taberna emeritoria », destiné aux soldats qui avaient terminé leur service, « emeriti », peut-être aussi aux « vigiles » casernes près de là (en face de St-Chrysogone).'Les chrétiens ayant adressé une requête à l'empereur, Alexandre y fit droit : « Mieux vaut, dit-il, consacrer ce lieu au culte de Dieu que l'abandonner aux cabaretiers » (4). Aussi ne trouve-t-on pas trace d'une persécution générale sous son règne. Il y eut seulement quelques condamnations prononcées par les gouverneurs locaux. Le martyre du pape S. Calixte, à Rome, est un fait isolé et sans aucun caractère juridique. Surpris par le peuple dans un moment d'effervescence, Calixte fut sur-le-champ jeté dans un puits ; les chrétiens, par prudence, n'enterrèrent pas son corps dans le grand cimetière papal de la voie Appienne, mais sur la voie Aurélienne, dans le cimetière de Calépode, qui a été aussi quelquefois appelé cimetière de Calixte. Le successeur de

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