PERSÉCUTIONS DE CLAUDE ET D'AURÉLIEN
tière de St-Calixte, où reposaient les papes avec lesquels il avait été en relation. Au VI e siècle, on y représenta même son image auprès de celle de S. Corneille, ce qui fit croire à un pèlerin que les deux saints étaient dans la même chapelle. En 260, Valérien fut fait prisonnier par Sapor, roi de Perse. Gallien, son fils et son successeur, fut un empereur lâche et cruel. La période de son règne est celle qu'on appelle des trente tyrans. L'empire se morcela en plusieurs gouvernements, dont un des principaux fut l'empire gallo-romain, avec Trêves pour capitale. Mais, à l'exemple de Commode, Gallien se montra favorable aux chrétiens. Peut-être le dut-il à l'influence de sa femme Salonina, qui, suivant plusieurs, aurait été gagnée elle-même à la vraie foi ( x ). Un édit, cité par Eusèbe ( 2 ), arrêta la persécution et restitua aux chrétiens leurs cimetières. Le pape Denys, qui avait été élu un an après la mort de S. Sixte II, fit alors une nouvelle organisation des titres et des cimetières communs : « Hic presbyteris ecclesias divisit et cimiteria constituit, » dit le Liber pofitificalis.
§ V. Persécutions de Claude et d'Aurélien.
Claude II le Gothique, successeur de Gallien, fut, comme Dèce, un prince vaillant, passionné pour la grandeur de Rome, et ennemi des chrétiens. Une nouvelle persécution commença, qui dura un an et demi (269-270). Pagi ( 3 ) et M. Aube ( 4 ) l'ont niée; D. Ruinart la passe sous silence; M. Allard ( 5 ) l'admet, et non sans motifs. Nous avons, en effet, outre le témoignage des Actes et des Martyrologes, cette affirmation des Actes des martyrs grecs, signalée par de Rossi ( 6 ), que la persécution recommença treize ans après celle de Valérien, c'est-à-dire en 269. Elle eut pour prétexte
1. Les médailles de Salonina portent un mot dans lequel on a cru voir une profession de christianisme : SALONINA AVG • IN PAGE.