‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 78 sur 307 · Euseb., H. £., 1. vm, c. a(P. G., t. XX, col · texte numérisé non relu

Euseb., H. £., 1. vm, c. a(P. G., t. XX, col

traces matérielles de violence au cimetière de Calixte : le tombeau des papes fut alors rempli de terre et abandonné; S. Marcellin reçut la sépulture dans le cimetière de Priscille, ainsi que S. Marcel, son successeur. La destruction des archives est attestée par les lacunes que présentent à cette époque les Actes des martyrs, calendriers et martyrologes. On peut aussi tirer une preuve du document intitulé Breviculus collationis cum Donatis»

tis ( x ), et conservé dans les œuvres de S. Augustin. Le schisme des Donatistes naquit précisément des violences de la persécution. Sommés de livrer les Écritures, les gardiens des archives chrétiennes donnaient quelquefois des Actes de martyrs ou quelqu'un des Livres saints : les évêques, prêtres ou diacres, qui agirent ainsi, furent regardés par les Donatistes comme des traîtres ; le Breviculus contient, avec le procès-verbal des réunions qui eurent lieu à Carthage à ce sujet, une sorte d'inventaire des objets liturgiques, des livres, des écrits confisqués par les persécuteurs.

On obligea aussi les chrétiens, de toutes manières, à sacrifier aux dieux. Les places publiques, même les boutiques, étaient ornées de statues des fausses divinités, auxquelles il fallait offrir des sacrifices à l'occasion de tous les actes de la vie civile. Il y eut alors ainsi des « dies turificationis », comme

x. p. l., t. XLIII.

il y avait eu des « dies traditionis » pour la spoliation des livres sacrés. Une inscription de l'époque, trouvée à Mastar, en Numidie, mentionne ces jours de violences (').

Les chrétiens furent condamnés surtout « ad metalla », c'est-à-dire aux carrières et sablonnières d'où l'on tirait les matériaux pour les grands monuments de Rome et où l'on taillait les colonnes. Les Thermes de Dioclétien étaient en briques revêtues de marbre ; certainement des chrétiens furent employés à leur construction, spécialement à l'extraction du marbre. Quelques Actes parlent de soldats préposés à la surveillance des condamnés qui travaillaient dans les carrières. Un de ces soldats, après la construction des Thermes de Licinius, dans la ville de Sirmium, dédia à Hercule Auguste, c'est-à-dire à Maximien, une inscription qui a été retrouvée à Salona, en Dalmatie, et que possède le musée de Spalato ( 2 ) :

HERCVLI AVG - SAC • VAL • VALE RIANVS MIL • CVM ADSIST EREM AD CAP ITELLA COLV MNARVM AD TE RMAS LIC1NIAN S QVAS EiVNT S IRMIV L S

Parmi les confesseurs employés aux travaux des Thermes de Dioclétien, mentionnons S. Saturnin, qui fut enterré, via Salaria, dans le cimetière dit de Thrason et de Saturnin ; S. Cyriaque, S. Large et S. Smaragde, dont le premier fut spé-

i. De Rossi, Bullettino, 1875, p. 163-175 ; 1876, p. 59-64. Cf. S. Optât, De sckism. Donat. t m, 8 (P. L., t. XI, col. 1017-1019). — La formule < depositio craoris > montre que la tradition de la distinction des tombes de martyrs par la fiole de sang n'est pas tout à fait sans fondements, mais on a souvent bien exagéré la valeur de ce signe, et en général les fioles qu'on trouve dans les catacombes ne sont pas du tout un signe de martyre.

2. € Herculi Augusto sacrum. Valerius Valerianus miles cum adsisterem ad capitelia columnarum ad termas Licinianas quae sunt Sirmiu libens solvi. 1

LA PERSÉCUTION DE DIOCLÉTIEN. 6l

étalement honoré aux Thermes, dans l'église de St-Cyriaque in Thermis, et plus tard à Sta Maria in via Lata.

En 305, Dîoclétien et Maximien abdiquèrent, le premier à Nicomédie, le second à Milan. Galère et Constance Chlore devinrent Augustes, s'adjoignant comme Césars Flavius Sévère et Maximien Daza. Galère continua la persécution ; mais il fut frappé d'une grave maladie et mourut après avoir signé un édit de tolérance et s'être même recommandé aux prières des fidèles (311). Bien loin de partager ces dispositions, Maximien organisa contre les chrétiens un véritable soulèvement de l'opinion publique. A son instigation, raconte Eusèbe (*), les villes lui demandèrent leur expulsion. Une inscription, récemment découverte en Asie-Mineure et publiée par Mommsen ( 2 ), conserve le texte grec d'une demande de ce genre adressée à l'empereur par les citoyens d'Arykanda; la lettre est précédée d'un fragment du rescrit en latin qui fut envoyé. Voici, avec les restitutions nécessaires pour les rendre intelligibles, le texte du rescrit et la traduction de la lettre :

« (Quamcumque munific)entiam vol(ueritis pro hoc vestro religioso proposito pet)ere. Jam nunc hoc (facere atque accipere constituée, scili)cet impetraturi eam (sine mora quae data vobis in aeternum) tam nostram juxta deos i(mmortales religiosam pietatem testabi)tur quam vero condigna pra(emia vitae rationis vos a nostra cl)ementia consecutos Hberis ac p(osteris vestris declarabit). »

Et aussitôt après : « Aux sauveurs de tout le genre humain, aux dieux augustes, les Césars Galerius Valerius Maximinus et Flavius Valerius Constantinus et Valerius Licinianus Licinius. Instance et prière du peuple fidèle de la Lycie et de la Pamphilie.

« Les dieux vos parents, ô illustres princes, ayant montré par les faits leur bienveillance envers tous ceux qui ont grandement à cœur la religion, nous avons cru opportun

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