‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 2)Chapitre 154 sur 400 · XXVII · texte numérisé non relu

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STE-PRISQUE. l8l

Mineure; il .avait été introduit à Rome au temps de l'Empire, comme ceux d'Isis et de Mithra. Ce doit être le même temple que le catalogue des régions désigne sous le nom de Dolocenum. Il était près de St-Alexis, où on a, en 1892, retrouvé des ruines avec des inscriptions qui parlent de cette divinité (0- Sur la partie de l'Aventin qui se rapproche du grand cirque, il y avait la « Domus Surae » (Licinius Sura vivait au temps de Trajan), les « Thermae Surae », et les « Thermae Decianae » construits par 'Dèce au III^ siècle.

A l'extrémité de la XII P région, sur le bord du Tibre, on trouvait l'Emporium, vaste port où Pie IX fit exécuter des fouilles en 1868 ; on y découvrit alors, outre les inscriptions, une grande quantité de marbres précieux. Des portiques le réunissaient aux « horrea » de la XP région. Tout ce quartier était occupé par l'administration de 1' « annona publica », et régi par des magistrats spéciaux dépendant du préfet de la ville. Le Testaccio (« Mons Testaceus ») a été formé avec les débris d'amphores, de briques, etc., que les vaisseaux apportaient comme lest : il est postérieur au V\ même au IP siècle, car on y a reconnu des tombeaux de cette époque; on y a même 'relevé des briques chrétiennes provenant de Syrie, qui ont été déposées au Musée de Latran.

Sur le grand Aventin nous rencontrons les églises de Ste-Prisque, de Ste-Sabine et de St-Alexis. Ste-Marie-Aventine est une église moderne qui n'offre aucun intérêt spécial.

Ste-Prisque peut être identifiée avec la maison d'Aquila et Prisca où, d'après des documents légendaires, mais très anciens, S. Pierre aurait prêché et baptisé (^). Cette tradition est consignée dans les Actes de Ste Prisque, vierge et mar-

1. Gruter (xx, 6) avait déjà signalé l'inscription suivante, près de Ste-Sabine

lOVI OPTVMO MAXIMO DO LICHENO . T FLAVIVS COS MVS . IVSSV DEI FECIT

2. Cf. Carini, Siil titolo ■bresbiterale di S. Prisca^ Roma, 1895.

l82 ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

tyre, une parente peut-être de la femme d'Aquila ; dans un très ancien sermon sur S. Aquila et Ste Prisca, conservé dans un manuscrit du Vatican 0) ; dans le Liber pontiftcalis, à la biographie de Léon III ; dans une inscription copiée sur la porte de l'église par Pierre Sabin, au XV^ siècle, et qui était écrite, dit-il, « antiquis litteris » (^) ; dans une autre inscription, du temps de Calixte III, que l'on voit encore à gauche de l'autel, et qui renferme d'ailleurs des données fausses, puisqu'elle place en cet endroit 1' « ara maxima Herculis » qui était près de Ste-Marie in Cosmedin.

Dans ces indications plus ou moins légendaires, M. de Rossi pense cependant trouver un fond de vérité (^) ; et plusieurs découvertes semblent lui donner raison. Au XVI 11^ siècle, on a recueilli près de Ste-Prisque un diplôme de bronze conférant, au nom d'une ville d'Espagne, le droit de cité à un certain C'aius Marius Pudens Cornelianus. Ces diplômes bien connus se plaçaient dans la maison même de qui en était honoré. Celui-ci est de l'an 224, c'est-à-dire du temps d'Alexandr'e-Sévère. Il y avait donc là, au III^ siècle,, un Pudens en rapport avec la « gens Cornelia », dont la maison était sur le Viminal et le cimetière sur la voie Salaria, où furent déposés aussi Aquila et Prisca. Cette coïncidence est certainement favorable à l'identification de Ste-Prisque avec la maison des deux disciples de S. Paul. Autre coïncidence: En. Q. Visconti raconte dans ses Mémoires (^) que derrière cette église on découvrit les ruines d'une maison romaine et des traces d'un oratoire chrétien; on voyait encore des absides et des peintures représentant le Sauveur, S. Pierre et S. Paul. Cet oratoire, malheureusement démoli,, était peut-être du IV^ siècle. Enfin M. de Rossi (^) a relevé dans l'édition du Liber pontificalis de Bianchini (^), la men-

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