MIRACLES DE NOTRE-SEIGNEUR
(détail de la porte de Ste- Sabine).
194 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
de la résurrection. C'est seulement au V^ siècle qu'on donne la croix sous sa vraie forme, encore est-elle ornée de fleurs
MIRACLES DE MOÏSE ET NOCES DE CANA (détail de la porte de Ste-Sabine).
STE-SABINE
et de pierreries, « crux gemmata, florida, triumphalis ». Dans la mosaïque de St-Étienne-le-Rond, qui est du VIP siècle, le buste du Sauveur domine la croix, il n'y est pas attaché. Cependant au VP siècle on rencontre quelques rares exemples du crucifix, par exemple, dans une miniature d'un manuscrit de la bibliothèque Laurentienne à Florence. Plus ancien est celui de Ste- Sabine. Et il est moins voilé que sur les fioles de Monza: si le Christ et les deux larrons ont un peu l'attitude d'orantes, on voit nettement trois des extrémités de chaque croix. Le Sauveur, comme autrefois dans le célèbre crucifix de Narbonne, est sans tunique, avec une ceinture seulement. Au VP siècle, la coutume, peut-être venue d'Orient, s'introduit de le revêtir du « colobium », ou longue tunique : elle s'affirme dans les fresques du cimetière de St-Valentin (^) et de Sta Maria Antiqua au Forum {^) ; mais elle ne fut pas de très longue gloriffcation du christ durée, car une fresque de St-Clé- (détail de la porte de Ste-Sabine).
ment, du temps de Léon IV (IX^ siècle), représente de nouveau le Sauveur nu.
C'est à Ste- Sabine que s'ouvrent les stations du Carême. Celle du mercredi des Cendres, « in capite jejunii », se célébrait autrefois avec une grande solennité, en présence du pape, d'une députation du sénat romain, etc. (^).
Le Musée de St-Paul-hors-les-murs possède l'inscription ancienne d'un prêtre du titre de Ste-Sabine:
LOCVS PRESBYTERI BASILI TITVLI SABINE 5^
1. Cf. Marucchi, Il cimitero e la basilica di S. Valentzjio, p. 48-61.