Cf. Supr., p. 62 sq
196 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
§ IX. St-Alexis.
L'origine de l'église de St-Alexis se rattache à une histoire légendaire sur laquelle on a beaucoup écrit (}). Cette église s'appela d'abord « ecclesia S. Bonifacii»; de .diaconie Sixte V réleva à la dignité de titre presbytéral. D'après les Actes de S. Boniface, ce personnage aurait fait partie de la maison d'Aglaé, matrone romaine!, avec laquelle il aurait mené une vie peu édifiante. Tous deux s'étant convertis, Aglaé l'envoya en Orient chercher des reliques des martyrs de la persécution de Dioclétien ; elle avait l'intention de leur bâtir une église sur l'Aventin où elle demeurait. Arrivé à Tarse en Cilicie, Boniface fut saisi par les païens, jeté en prison et mis à mort comme chrétien. Son corps, rapporté à Aglaé, fut par elle déposé sur la voie Latine, à 5 stades de la ville (le chiffre de 50 serait plus vraisemblable). Mais cette sépulture n'était que provisoire; bientôt Aglaé transféra les reliques du martyr dans l'église qu'elle avait bâtie en son honneur sur l'Aventin.
Toute cette histoire est bien difficile à admettre. Sans doute, du fait que le tom[beau de S. Boniface n'a pas été retrouvé sur la voie Latine, on ne peut conclure qu'il n'y était pas, car les cimetières de cette voie sont encore très peu connus. On ne peut non plus tirer une conclusion trop absolue du silence des Itinéraires, car ils n'ont pas relevé tous les souvenirs chrétiens. Mais comment croire qu'une grande église fut bâtie à Rome sous le règne de Dioclétien et qu'il se fit dès le temps de Constantin des translations de corps saints ? Il est vrai que le Liber pontificalis, dans la vie de Sixte III, dit que Ste-Sabine icist « juxta monasterium S. Bonifacii in quo S. Alexius jacet ». Mais cela prouve seulement qu'au
I. Cf. Nerini, De temploet coenohio Ss. Bo7tifacii et Alexii, Roma, 1752 ; — Duchesne, Les légendes chrétiennes de r Aventin, dans les Mélansf'es de r Ecole française^ t. X, et le Bnlletin critique^ 1889, p. 263 ; — ■ Lugari, S. Bonifazio e , .S. Alessio snir Aveiitino, dans les Attz délia pontijicia Accadeniia di archcologia, 1893 ; — Dufourcq, Étttde sur les « Gesta martyrum » romain?>^ 1900, et la critique qu'en fait P. Franchi de' Cavalieri dans le Nuov. bullett., 1900, p. 205»