AMBON ET CHANDELIER PASCAL
moine qui pourrait être l'auteur de ce travail. Sur le fond se détache le Crucifix, dans le style du XII^ siècle: le Christ
mort, la tête penchée sur l'épaule, les pieds et les mains attachés par quatre clous. Douze colombes placées sur le
bois de la croix figurent les apôtres. Au-dessous ces inscriptions, dont la seconde sépare les deux vers de la première:
-f ECCLESIAM CHRLSTI • VITI • SIMILABIMVS ÎSTI
QVAM LEX ARENTEM ET CRVX FECIT ESSE VIRENTEM
4 DE LIGNO CRVCIS • lACOBI DENS • IGNATIIQVE.
IN SVPRASCRIPTI • REQVIESCVNT • CORPORE CHRIST. +
GLORIA IN EXCELSIS DEO SEDENTI SVPER THRONVM ET IN TERRA PAX HOMINIBVS BONAE VOLVNTATIS.
La seconde inscription fait allusion aux reliques de la vraie Croix, de S. Jacques et de S. Ignace, insérées dans la figure du Sauveur. La nouveauté de cette composition a pu être inspirée par les événements contemporains. Pascal II, ancien cardinal de St-Clément, était devenu pape l'année même de la conquête de Jérusalem par les croisés (1099); faisant décorer l'abside de la basilique il a voulu sans doute, en y représentant le triomphe de la Croix, perpétuer le souvenir de cette conquête (^). La zone peinte qui est au-dessous et qui représente les douze apôtres n'est que du XV^ siècle.
Il y a encore à remarquer, à droite de l'abside, le tabernacle du XIIP siècle mentionné plus haut (-); à gauche, près du maître-autel, le tombeau d'Henri d'Allosio, cardinal au temps d'Eugène IV et de Nicolas V {>i* 1450), et celui du cardinal Venerio de Recanati {^i* 1479) pour la décoration duquel ont été employées les colonnes de l'ancien tabernacle; de l'autre côté, le monument du cardinal Roverella de Ravenne, qui vivait au temps d'Eugène IV, de Pie II et de Sixte IV, et celui de son neveu Brusato ; près de l'entrée, la belle chapelle de Ste-Catherine d'Alexandrie, substituée à un autel de la basilique primitivie avec de jolies peintures du XV^ siècle (3). Les fresques représentent l'histoire de la sainte, sa
1. Cf. Marucchi, Un ricordo délia prima crociata in Roma, 1896.
2. Il fut exécuté par ordre du cardinal Caetani, neveu de Boniface VII I, ainsi qu'en fait foi l'inscription :
EX ANNIS DNI PROLAPSIS MILLE DVCENTIS NONAGINTA NOVEM lACOBVS COLLEGA MINORVM HVIVS BASILICAE TITVLl PARS CARDINIS ALTI H AEG IVSSIT FIERI QVI PLAVSIT ROMA NEPOTE PAPA BONIFACIVS OCTAVVS ANAGNIA PROLES
3. M. Wickhofif, Die Fresken in der Capeîle der heiligen Katharina in S. Clémente zu Rom, dans la Zeitschrijtfiir bildende Kimst, t. XXIV, p. 12. a dit qu'il faut les attribuer à Masolino, et non à Masaccio.
dispute avec les docteurs d'Alexandrie, son martyre, des miracles opérés par elle.
ABSIDE (XI P siècle).
Sur le mur de cette chapelle, près de la porte principale de l'église, on a fixé une belle inscription de l'époque
306 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
du pape Zacharie (VHP siècle) rappelant une donation de livres faite à la basilique par un cardinal titulaire :
HHISRAHELITICVS DEC OFFEREBAT POPVLVS CVRl "^
ALIVS QVIDEM AVRVM Q VIDEM COQVE AES
INFELIX AVTEM EGO S EDIS APOSTOLICAE
CVRAM BEATI O FFERO DE TVIS
ALIVS NAMQVE ARGENTVM ^ QVIDAM VERO PILOS CAPRARVM W GREGORIVS PRIMVS PRESBYTER ALMAE "^ HVIVSQUE TITVLI GERENS V-^ SVPPREMVS CLIENS CLEMENTIS S* HAEC TIBI CHRISTE THESAVRIS ^ TEMPORIBVS SANCTISSIMI ZACCHARIAE PRAESVLIS SVMMI "^
P ER MARTVREM ET SANCTVM PARVA MANVSCVLA TVVM ^
CLEMENTEM CVIVS MERITIS MEREAR DELICTIS CARERE "^ A TQVE AD BEATAM AETERNAM INGREDI VITAM "Jg
AISTI QVANTVM HABES REGNVM VALET COELORVM '^ S VSCIPE HOS DOMINE VELVT MINVTA VIDVAE QVESO '^ VETERIS NOVIQVETESTAMENTORVM DENIQVE LIBROS ^ O CTATEVCHVM REGVM PSALTERIVM AC PROFETARVM "^ SALOMONEM ESDRAM STORIARVM ILICO PLENOS ^^
REQVIRE SYLLABARVM LECTOR SEQVENTIAM HARVM
INSCRIPTION DE ST-CLEMENT (partie supérieure).
La disposition des lettres et l'invitation finale ont fait penser que l'auteur de cette inscription avait voulu poser une énigme au lecteur. Il est plus probable que les derniers mots font simplement allusion à une seconde plaque de
marbre sur laquelle se poursuivait l'inscription et dont on n'a retrouvé que ce tout petit fragment (0 :
IS T A M B ELI BR V Sa le RAME
ntorum (?)
On peut en rapprocher l'inscription portée de St-Valentin à Ste-Marie-in-Cosmedin (-).
L'église est précédée de 1' « atrium », qui reproduit sans doute l'ancien du IV^ ou du V^ siècle, et du vestibule. Le petit portique, analogue à ceux des Sts-Côme-et-Damien au Transtévère et de Ste-Marie-in-Cosmedin, est caractéristique du XIP siècle.
A St-Clément devait se rattacher une petite église dédiée à S. Pasteur (qu'il ne faut pas confondre avec le ^< titulus Pastoris »). Une pièce des archives de l'hôpital de Latran la mentionne en 1452 « prope S. Clementem »; on voyait encore au XVP siècle une partie de l'abside.
La rue qui passe près de St-Clément, via S. Giovanni in Laterano, faisait au moyen-âge communiquer le palais pontifical avec le centre de la ville; on l'appelait «via major, via papae», et même «via Sacra» (^). Une des curiosités de cette rue était la maison oi^i serait morte la prétendue papesse Jeanne; c'est seulement sous Sixte V que fut enlevée la statue de ce légendaire personnage, dont l'existence entre Léon IV et Benoît III, ignorée des -documents anciens, est d'ailleurs incompatible avec les monuments. Garampi (*) a en effet publié une monnaie de Benoît III qui prouve que ce pape succéda immédiatement à Léon IV; cajr il y est nom-
1. Cf. Bartolini, Dï S. Zacc aria papa. Hianchini, dans son édition du Liber pontificalis (in vita Gelasii I), raconte comment cette importante inscription fut retrouvée par hasard au cours d'une restauration faite par le cardinal Albani. (Cf. P. L., f. CXXVIII, col. 421 sq.)