ST-EUSÈBE
décoraient et que l'on voit maintenant au Capitole, elles faisaient partie d'une fontaine publique du IIP siècle: M. Lenormant les a en effet reconnues sur une médaille d'Alexandre-Sévère avec le nom de « nymphaeum Alexandri ».
L'église de St-Eusèbe, suivant la tradition locale, fut érigée sur la maison d'un prêtre romain du même nom qui vivait au IV^ siècle, sous Constance, et fut martyrisé par les ariens dans sa propre demeure. Nous la trouvons, au V^ siècle, parmi les titres qui mentionnent les conciles du pape Gélase (494) et de Symmaque (499). Un « graffito » et un fragment d'inscription trouvés à Sts-Piérre-et-Marcellin permettent même de croire qu'elle était titre dès le Vie siècle et que ce cimetière en dépendait (^). Elle fut restaurée par les papes Zacharie, Hadrien I^r, Léon III, Grégoire IV (2), entièrement reconstruite en 1238 sous Grégoire IX, puis en 1711 et 1750. Elle était desservie par les Célestins; cet ordre étant éteint sous Léon XII, Grégoire XVI abolit le titre pour le transporter à St-Grégoire, mais Pie IX le rétablit.
L'édifice actuel ne présente aucun intérêt, si ce n'est l'inscription du portique rappelant la restauration de Grégoire IX :
ANN • DNI • M • ce • XXXVIÎÎ • INDICTIO • XI • MSE MARTIÎ • QVARTA • FERIA • MAI0RÏ3 EDOMADE QVADRA GESIME • DNS ' GREGORîVS * PP • NONVS • CSECRAVIT HANC ÊCCLEsTÂ IN HONORE BEATORVM EVSEBÎ • ET VîNCENTII • CVM TRIBVS ALTARIBVS • QVORVM MAIVS ALTARE CONFESSORIS !PI MANIBVS PRO PRIIS CONSECRAVIT • STATVENS VT OMI ÂNNO A QVARTA FERIA MAIGRIS EDOMADE QVADRA GESIME VSQVE AD OCTAVAM • DNICE RESVRRECTÎ ONIS • HANC ECCLAM VISITANTES • MILLIS • ANNIS ET CENTV VIGINTi DIERV DE ÎNIVNTA SIBI PENI TENTIA • INDVLGEMTIAM CONSEQVANTVR
1. Cf. Itin. des catacombes, p. 219, 215. On l'appelait « dominicum Eusebii :?>.
2, Lib. pontif.
344 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
Ficoroni, cité par Fea {^), rapporte qu'en 1699, on y vit une ancienne chapelle ornée de peintures. Peut-être des fouilles feraient-elles retrouver l'église primitive, comme cela arriverait dans plusieurs autres anciennes églises de Rome.
§ VIII. Ste-Bibiane.
La légende de Ste Bibiane se rattache à la persécution de Julien l'Apostat. Cette martyre faisait partie du même groupe que les saints Jean et Paul, Gallican, etc. (^). Le prêtre Jean l'ensevelit près de sa mère Dafrosa et de sa sœur Demetria dans leur propre maison, « in foro Tauri ». Le pape Simplice (467) éleva une église en son honneur: « Et aliam basilicam intra urbem juxta palatium Licinianum beatae martyris Bibiane ubi corpus ejus requiescit » {^). On a supposé que Bibiane fut martyrisée dans sa maison, comme SS. Jean et Paul. Le « palatium Licinianum » désigne les édifices qui se trouvaient dans les jardins de l'empereur Licinius Gallien. Le nom de « forum Tauri », mentionné par plusieurs documents, venait sans doute de celui de l,a famille de Statilius Taurus qui construisit un amphithéâtre près du Champ-de-Mars (Montecitorio), les « horti Tauriani » étant tout près de là ; ou peut-être des têtes ,de taureau qui étaient sculptées sur la porte Tiburtine et la firent appeler «porta Taurina »(*).
A côté de l'église fut établi le plus ancien cimetière urbain; il existait dès le VP siècle. Il était désigné sous le nom de « ad ursum pileatum », qui rappelle évidemment une enseigne d'auberge ou de boutique. Peut-être fut-il ainsi nommé en souvenir du cimetière du même nom, sur la voie de Porto, d'oii furent apportées à Ste-Bibiane quelques reliques en même temps que celles des SS. Simplice, Faustin et Béatrice (VIP siècle). Le sarcophage de ces derniers martyrs est maintenant à Ste- Marie-Majeure (^). L'église fut restaurée par Honorius III, qui y établit un monastère, puis par