‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 2)Chapitre 358 sur 400 · FELICITER · texte numérisé non relu

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Ces inscriptions nous fournissent des dates consulaires (an. 219 et 222), des noms d'officiers de la cohorte (^), des noms de pompiers avec l'époque où ils ont fait leur service. Elles nous apprennent aussi plusieurs mots jusque-là inconnus : « emitularius », probablement le compagnon de ronde; « sebaciaria », les rondes faites à la lueur de flambeaux de suif (« sébum »). On y note plusieurs fois qu'aucun incendie n'a été observé : « Omnia tuta ». A peu près visà-vis de ce monument païen s'élève un édifice chrétien, très ancien aussi, l'église de St-Chrysogone.

S. Chrysogone est très vénéré des Grecs, qui l'appellent MEFAAOMARTrP, le « grand martyr ». Nous avons sur lui très peu de renseignements. D'après ses Actes légendaires, il était grec d'origine, mais vécut à Rome sous Dioclétien; il avait des amis patriciens, comme Prétextât, sa femme Fausta et leur fille Anastasie; lui-même devait être chevalier. Pendant la seconde période de la persécution de Dio-

I. Le signe 7, symbole du bâton de commandement, désigne la centurie, le centurion ; le mot «optio», son lieutenant. ■ .

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clétien, il fut emprisonné comme chrétien, puis après deux ans de captivité appelé par l'empereur à Aquilée, condamné à mort, et décapité « ad aquas Gradatas ». Son corps, jeté à la mer, fut recueilli par le prêtre Zoïle et par Ste Anastasie; on le transporta ensuite à Zara en Dalmatie, où il est encore vénéré. Sa fête tombe le 24 novembre; il était l'objet d'un culte très répandu, car on a inscrit son nom au canon de la messe.

L'église très ancienne qui lui est dédiée à Rome doit se rattacher à un souvenir local que nous ignorons. Le plus ancien document qui la nomme n'est que du V^ siècle : nous avons la signature d'un prêtre de ce titre dans les Actes du concile tenu sous Symmaque (499). Une inscription aujourd'hui perdue, mais copiée par les pèlerins du moyenâge (^), semble renfermer une allusion à la controverse arienne, et par conséquent permettrait de faire remonter l'église au IV^ siècle :

In throno sci Chrysogoni SEDES CELSA DI PRAEFERT INSIGNIA XPI QVOD PATRIS ET FILII CREDITVR VNVS HONOR

De Rossi a aussi fait connaître une base de statue du bon Pasteur, œuvre du IV^ siècle, qui fut trouvée au XVI I^ siècle dans les jardins de St-Chrysogone. L'inscription de cette base parle de l'église à laquelle la statue fut offerte:

FL • TERTVLLVS ' DE • ARTE • SVA AECLESIAE ' DONVM • POSVIT p).

Il est donc très probable qu'il y eut là un titre dès le temps des persécutions ou les premières années qui suivirent la paix de l'Église.

L'édifice primitif était certainement à un niveau beaucoup plus bas, au même niveau que la caserne des pompiers. Une première restauration de cet édifice eut lieu en 731 sous Grégoire III. Le pape fit refaire le toit, la voûte de

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