Urlichs, Codex U. A. topographims, p
462 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
bayes de Rome. Elle était presque abandonnée, quand, en 1472, le pape Sixte IV y établit les Franciscains. Ferdinand et Isabelle d'Espagne y firent construire la belle église moderne, dont l'architecte fut Pontelli, auteur du palais de Venise. La rotonde élevée à côté sur les plans de Bramante indique le lieu où l'on croyait alors que S. Pierre fut crucifié sur le Janicule (^).
Cette tradition cependant n'est pas ancienne; et même au XVe et au XVP siècle elle n'était pas admise par tout le monde. Bosio, si prudent dans ses affirmations, déclare que l'opinion qui place le martyre de S. Pierre au Vatican est la plus autorisée; et il rapporte, d'après Giulio Ercolano, chanoine de St-Pierre au XVP siècle, que l'on montrait dans l'ancienne basilique une fosse, « scrobs », où l'on disait qu'avait été plantée la croix de S. Pierre (^). Les documents sont en effet favorables à cette opinion. D'après les Actes apocryphes de S. Pierre, qui peuvent remonter au III^ ou au I V^ siècle, S. Pierre fut crucifié « juxta palatium Neronianum, • — ■ juxta obeliscum Neronis », et une tradition postérieure ajoute : « inter duas metas ». Or il n'y avait pas d'obélisque sur le Janicule, tandis qu'il y en avait un célèbre dans le cirque de Néron, à côté du temple d'Apollon, et ce temple étaijt appelé « palatium neronianum. » Plus tard, on prétendi^t reconnaître les deux « metae » du cirque dans deux pyramides appelées tombeaux de Romulus et Rémus et situées, l'une près de la porte St-Paul (pyrami.de de C. Cestius), l'auçtre, qui fut détruite sous Alexandre VI, près de Ste-Marie Transpontine : mais cette indication topographique, entendue de la sorjte, est absolument inadmissible.
Suivant le Liber pontificalis, S. Pierre fut enterré près du lieu de son martyre, et il fut enterré au Vatican. C'est là d'ailleurs qu'étaient tombées les premières victimes de Niéron
1. C'est l'opinion que défend ]Nîgr Lugari dans ses deux ouvrages Le lieu au crucifumeut de S. Pierre^ Tours, 1898, et // Gianicolo îuogo délia crocifissione di S. Pietro, Roma, 1900. Je ne mentionne que comme curiosité l'idée bizarre exposée par Pacifici, dans ses Dissertazioni sut mariirio di S. Pietro sut Gianicolo e sulla vemita e morte nello itesso monte di Noe simbolo del santo principe de^li apostoli ivi croctfissOy Roma, 18 14.