Rev. gest., xxi, i
472 ELEMENTS D ARCHEOLOGIE CHRETIENNE.
l'inscription était vierge, et on la croit une fille de la précédente et nièce de Constantin; sa vie cachée expliquerait le silence que gardent sur elle Ammien Marcellin et Eusèbe (i). L.a basilique actuelle a la même forme que celle qui fut bâtie sous Constantin et plusieurs fois restaurée. L'autel est moderne, mais il occupe la place primitive, sur le tom-
beau de la Sainte : les fragments sculptés placés actuellement dans le grand escalier ont dû appartenir à l'ancien autel, ainsi que la figure orante accompagnée du nom d'AGNES qui fut trouvée en 1836 dans les fouilles faites par ordre du cardinal Lavigerie.
T. Il y a là un problème historique a«;sez compliqué qu'on ne peut pas traiter ici. Cf. Duchesne, Bulletin critique^ 1892, p. 142.
Vers la fin du IV^ siècle, un certain Potitus décora l'autel. Son nom est inscrit sur un reste de l'architrave, conservé .au musée du Capitole:
marfTYRE AGNETI POTITVS SERBVS DEI ORNAVITJ
Le pape Damase y plaça aussi sa belle inscription en l'honneur de Ste Agnès, fixée maintenant dans l'escalier, près de la porte d'entrée de rég:lise. Elle est comme un petit résumé des actes de la martyre, et se termine par une belle acclamation qui est un acte de foi en la puissance d'intercession des Saints :
FAMA REFERT SANCTOS DVDVM RETVLISSE PARENTES AGNEN CV.M LVGVBRES CANTVS TVBA CONCREPVISSET NVTRICIS GREMIVM SVBITO LIQVISSE PVELLAM SPONTE TRVCIS CALCASSE MINAS RAEIEMQVE TYRANNI VRERE CVM FLAMMIS. VOLVISSET NOBILE CORPVS VIRIBVS IMMENSVM PARVIS SVPERASSE TIMÔREM NVDAQVE PROFVSVM CRINEM PER MEMBRA DEDISSE NE DOMINI TEMPLVM FACIES PERITVRA VIDERET O VENERANDA MIHI SANCTVM DECVS ALMA PVDORIS VT DAMASI PRECIBVS FAVEAS PRECOR INCLYTA MARTYR
Les papes Symmaque (498-514) et Honorius P^ (625-638) restaurèrent la basilique: de ceidernier date la mosaïque de l'abside, ainsi que le rappelle l'inscription tracée au-dessous:
AVREA CONCISIS SVRGIT PICTVRA METALLIS
ET COMPLEXA SIMVL CLAVDITVR IPSA DIES FONTIBVS E NIBEIS CREDAS AVRQRA SVBIRE
CORREPTAS NVBES RVRIBVS ARVA RIGANS VEL QVALEM INTER SIDERA LVCEM PROFERET IRIM
PVRPVREVSQVE PAVO IPSE COLORE NITENS QVI POTVIT NOCTIS VEL LVCIS REDDERE FINEM
MARTYRVM E BVSTIS HINC REPPVLIT ILLE CHAOS EVRSVM VERSA NVTV QVOD CVNCTIS CERNITVR VSQVE
PRAESVL HONORIVS HAEC VOTA DICATA DEDIT VESTIBYS ET FACTIS SIGNANTVK ILLIVS ORA
EXCITAT ASPECTV LVCIDA CORDA GEREXS.
Elénv. d'arcbéol. chréu — IIL 33
474 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
Il faut remarquer, pour comprendre ces deux derniers vers que dans la mosaïque Honorius est représenté vêtu des ornements pontificaux et offrant la basilique à Ste Agnès.
De nouveaux travaux furent exécutés au XVI I^ siècle par le cardinal Sfondrati; la bibliothèque Alexandrine conserve le procès-verbal de la reconnaissance qu'il fit du corps de Ste Agnès et de celui de Ste Émérentienne (7 oct. 1605).
MOSAÏQUE ABSIDALE DE STE-AGNES (VIP siècle).
L'autel donné alors par Paul V a été depuis restauré par, Pie IX, en même temps que la basilique.
En 1896, au cours de travaux entrepris par l'abbé Le Bourgeois à l'autel de Ste Émérentienne, on a trouvé l'inscription funéraire d'un sous-diacre de la IVe région:
►ï^ LOCVS IMPORTVNI SVBDIAC • REG • QVARTAE
BASILIQUE DE STEAGNÈS^HÔRS LES-MURS. 475
La «regio IV» renfermait le titre de Vestine ou de S. Vital (') : le cimetière et la basilique de Ste-Agnès pouvaient donc se rattacher à ce titre.
Si3
Dans les dernières fouilles (1901-1902), on rencontra une galerie souterraine ( « rétro sanctos » ) qui traverse l'abside au-dessous de l'autel; une inscription de 349 y est encore à