SAINT-LAURENT
le centre; dans un troisième, à droite, l'artiste a représenté S. Laurent portant la croix (l'art ancien lui donne souvent cette caractéristique), Honorius III et un autre personnage à genoux; dans un autre, à gauche, Notre-Seigneur entre deux Saints, sans doute S. Laurent et S. Etienne.
La décoration intérieure de la basilique ne fut achevée que sous Alexandre IV, l'an 1254, ainsi qu'en fait foi une inscription tracée sur le banc du clergé, à droite : ^î^ XPI NAS-
484 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
CENTIS IN SECVLV VERO MANENTIS ! ANNVS MILENVS QVINQVAGENVS QVARTVS ET DVCENTENVS. La chaire pontificale, les ambons, le chandelier pascal, le pavé, sont l'œuvre des célèbres marbriers romains du XI 11^ siècle. L'autel appartenait à une restauration antérieure, du XII^ siècle; les artistes qui l'ont exécuté ont gravé à l'intérieur du « ciborium » leurs noms et la date de leur travail:
*h lOHS PETRVS ANGLS ET SASSO FILII PAVLI MARMORII HVl' OPIS MAGISTRI FVER
(Johannes Petrus Angélus et Sasso filii Pauli marmorarii hujus operis magistri fuerunt)
•^ ANN • D- MCXLVIII EGO HVGO HVMILIS ABBAS HOC OPVS FIERI FECI.
On employa pour ces travaux des marbres funéraires tirés du cimetière voisin; une des pierres de l'ambon de l'Évangile porte l'inscription d'un VICTOR praesb • TITVLI NiCOME(dis).
Le monument sépulcral que l'on voit à droite de la porte d'entrée est de même style, mais un peu postérieur. C'est le tombeau du cardinal Guillaume Fieschi, neveu d'Innocent IV (^ 1256) : HIC REQVISCIT CORPVS GVILIELMI SANCTI EVSTA- THII DIACONI CARDINALIS NEPOTIS QVONDAÎ^I FELICIS RECORDATIONIS DNI INNOCENTII PAPE QVARTI EX PROGE- NIE COMITVM LAVANIE ORTI CVIVS ANIMA REQVIESCAT IN
FACE. Le sarcophage sur lequel est gravée cette inscriptionest un sarcophage antique orné de bas-reliefs représentant un mariage. Dans la peinture qui est au-dessus, Notre- Seigneur est assis entre quatre Saints: S. Laurent qui présente le pape Innocent IV, et S. Hippolyte; S. Etienne présentant le cardinal Fieschi, et S. Eustache. Les fresques, qui font pendant à celle-ci, de l'autre côté de l'entrée, se rapportent au martyre de S. Laurent et de S. Sixte IL
Examinons maintenant quelques monuments de la basilique constantinienne ; à droite sur la paroi, on peut remarquer une longue et importante inscription où est invoquée ■en faveur de la défunte Cyriaque l'intercession des martyrs:
CVIQVE PRO VITAE SVAE testiMONIVM SANCTI MARTYRES APVT DEVM ET ^ ERVNT ADVOCATI (IV^ siècle) ; puis l'inscription, très remarquable aussi, de Sabinus qui, archidiacre comme S. Laurent, voulut avoir son tombeau sous le portique de l'église plutôt que de chercher, comme d'autres, à se rapprocher matériellement des restes du martyr (Ve siècle):
SEPVLCRVM SABINI ARCHIDIACONI ALTARIS PRIMVS PER TEMPORA MVLTA MINISTER
ELEGI SANCTI /^ lANITOR ESSE LOCI NAM TERRAM REPETENS QVAE NOSTRA PROBAT-VR .ORIGO HIC TVMVLOR MVTA MEMBRA SABINVS HVMO Il\lL IVVAT IMMO GRAVAT TVMVLIS HAERERE PIQRVM
SANCTORVM MERITIS 0 OPTIMA VITA PROPE EST COrlpORE NON OPVS EST ANIMA TENDAMVS AD ILLOS qu\AE BENE SALVA POTEST CORPORIS ESSE SALVS ast egoj.QVI VOCE PSALMOS MODVLATVS ET ARTE dive RSIS CECINI ^ VERBA SACRATA SONIS COrporis HIC POSVI SEDES IN LIMINE PRIMO lEMPVS CERTVS ADESSE CIl/o"
surgendi
NANS rVBA CAELITJUS ore
|am tonat angelico reso
et vocat ut scandant castra superna pios ^t tu Laurenli martyr levita Sabinum
leviiam angelicis nunc quoquejunge choris (')
L'inscription placée entre les deux précédentes est l'épitaphe de Landolphus (f 963), parent de la célèbre « senatrix» Marozia et du pape Jean XII {^). Elle a d'autant plus
1 . Ces derniers vers nous ont été conservés par les collections épigraphiques.