‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 2)Chapitre 85 sur 400 · LANNÉE LITURGIQUE · texte numérisé non relu

LANNÉE LITURGIQUE

« Plus solennelle encore était la procession du lundi de- Pâques. Ce jour-là, le pape allait en grand gala, comme nous dirions, célébrer la messe à St-Pierre. En allant, il passait derrière les édifices qui bordent au nord la Voie sacrée et le Forum. Mais au retour le cortège les longeait par devant. Il

CROIX STATIONNALE DU LATRAN- (XIII« siècle.)

débouchait par le « clivus Argentarius » (via di Marforio),. devant la prison Mamertine, passait sous l'arc triomphal de Septime-Sévère, .plus loin sous r,arc de Nerva (« arcus Fabianus »), devant le temple de Faustine, montait la Voie sacrée sur les pavés où Simon le Magicien était tombé jadis,.

atteignait l'arc de Titus, puis la « meta sudans » ; d'où, laissant à droite l'arc de Constantin et le Colisée, il disparaissait vers le Latran (^). »

La procession des grandes litanies, le jour de S. Marc, mérite aussi une mention spéciale. Le pape y prenait part, assisté du clergé de toutes les basiliques patriarcales. En partant de St-Jean-de-Latran, un sous-diacre régionnaire prenait sur l 'autel la croix stationnale, qu'il portait d'abord sur le bras, afin que les fidèles pussent la baiser, et qu'il levait hors de la basilique. La « schola », marchant derrière le pape, entonnait une antienne, que reprenaient successivement le clergé de Latran, celui de Ste-Marie-Majeure et celui de St- Pierre. Au Colisée commençait la « litania septiformis » : chaque invocation était répétée sept fois. A Ste-Marie-la-Neuve, où un siège était préparé pour le pape, on faisait une pause, jusqu'à la fin des litanies, et le pontife chantait une oraison. De Ste-Marie-la-Neuve à St-Marc, où on prenait un second moment de repos, la litanie devenait « quinqueformis »; elle était « triformis » de St-Marc au pont St-Ange, et, après un nouveau repos, simple jusqu'à la plaCe de St-Pierre. On entrait ensuite à St-Pierre, où le pape chantait la messe stationnale. A ces pauses marquées par le chanoine Benoît, Censius Camerarius en ajoute deux autres, à St-Clément et au lieu appelé ï*arion ; et il note qu'à St-Marc la croix de St-Pierre prenait rang parmi les autres croix processionnelles, entre la croix de St-Laurent et celle de Ste-Marie-Majeure..

§ V. L'office divin (^).

L'usage de sanctifier la journée par la récitation de prières à des heures déterminées n'a pas été introduit par l'Église chrétienne. Les juifs la pratiquaient: en devenant chrétiens, ils n'avaient aucune raison d'y renoncer {^). Mais l'Église

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