LE BAPTISTÈRE
les Apôtres debout, n'est pas antérieure au XI IF siècle. Son auteur l'a signée: lACOBVS TORRITI PICTOR HOC OPVS FECIT. C'est le môme artiste qui exécuta la belle mosaïque de Ste-Marie-Majeure. Il eut pour collaborateur, à St-Jean-de-Latran, un frère franciscain, dont on voit le nom et le portrait à droite de l'abside: FRATER lACOBVS DE CAMERINO SOCIVS MAGISTRI OPERIS RECO- MENDAT SE MISERICORDIE DEI ET MERITIS BEATI lOHANNIS. Cette collaboration a fait supposer, — c'est une simple hypothèse, — que Torriti était aussi Franciscain.
Le pavé de la basilique date de Martin V ; les colonnes qui y sont figurées rappellent les armes de famille de ce pontife.
Derrière l'abside s'étendait le portique appelé Léonin ; nous ne savons pas quel pape lui avait donné son nom. Dès l'entrée, on lisait une inscription de Nicolas IV rappelant le songe dans lequel Innocent III avait vu le Latran soutenu par S. François d'Assise. En face était suspendue la « tabula magna », le catalogue des reliques, des oratoires et des indulgences, exécuté sous Léon X ; il est aujourd'hui aux archives de la basilique (^). Le texte de la première inscription et un autre catalogue de reliques sont maintenant fixés dans le corridor qui fait le tour de l'abside, ainsi que divers ^utres monuments : des débris de tuyaux de plomb au nom des LATERANI, les statues de S. Pierre et de S. Paul placées jadis devant la basilique, un fragment de sculpture représentant l'ancien Latran et la « porta Asinaria ».
§ III. Le baptistère.
Du portique un passage conduisait au baptistère. Le style, le mode de construction de ce monument prouvent (lu'il a été bâti, comme l'affirme le Liber po7itifîcalis, par Constantin. Mais il ne s'ensuit pas que Constantin y ait été baptisé.
I. Cf. Barbier de Montault, La grande famarte de la basilique de Latran^ dans la Revue de V Art chrétien, 1886, 4^ livr.
94 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
comme le prétend une légende, d'ailleurs fort ancienne, puisqu'elle apparaît, dès le V^ siècle, dans l'écrivain arménien Moïse de Corène (^).
Sixte III (432) décora le baptistère et fit tracer sur les huit côtés de l'architrave l'inscription qui s'y lit encore: