‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 117 sur 378 · SANCTO · texte numérisé non relu

SANCTO

MARTYRI

MAXLMO

Cette inscription devait se trouver dans un oratoire à la surface du sol. Ne proviendrait-elle pas du cimetière de Calixte? et ne rappellerait-elle pas le « Maximus commentariensis » qui y était déposé?

Tout près de cette crypte un escalier du moyen-âge fait communiquer le cimetière avec la basilique. Mais avant de quitter le souterrain, il faut visiter quelques galeries du premier étage [3], en traversant de nouveau la chapelle de St-Sébastien. C'est à cet étage que se trouvent les cryptes où S. Philippe de Néri venait passer des heures et des nuits

entières en oraison, comme le rappelle une inscription placée dans une de ces cryptes. Au delà, on rencontre à droite un escalier [5] conduisant près de l'arcosole de la crèche, et après avoir parcouru deux autres galeries, on pénètre dans un hypogée spécial, qui à l'origine devait être séparé et qui a été découvert en 1878 (^). H y a à observer dans cette région une chambre décorée de peintures qui ne sont pas postérieures au commencement du IV^ siècle. Au milieu est le bon Pasteur avec une brebis sur les épaules, et une autre près de lui, sur une colline d'oii devaient s'échapper les quatre fleuves mystiques ; à gauche, une orante surmontée d'une étoile qui signifie le ciel ; à droite, une figure virile, complètement nue, tenant dans la main gauche un long bâton : c'est un athlète, et on peut voir ici une allusion aux paroles de S. Paul (-) sur le combat spirituel, dont parlent aussi TertuUien (3) et les Actes de Ste Perpétue (4). Les trois sujets ici représentés se complètent l'un l'autre. L'athlète, c'est le chrétien sanctifiant sa vie par la lutte et le sacrifice ; l'orante, c'est l'âme en possession de la récompense ; le bon Pasteur soutient l'âme pendant la vie et la conduit au ciel. Peut-être le tombeau si bien orné était-il celui dequelquemartyr de lapersécution de Dioclétien.

La basilique supérieure, érigée au IV^ siècle en l'honneur des SS. Apôtres, « basilica apostolorum », avait pour confession la Platonia, et non le tombeau de S. Sébastien. Elle devait avoir la forme habituelle des basiliques : trois nefs séparées par des colonnes, une abside au fond, et derrière l'abside un € matroneum » dont le P. Bufalieri a reconnu les traces. Au moyen âge, elle fut souvent restaurée ; finalement elle fut reconstruite, telle qu'elle existe encore, et le corps de S. Sébastien y fut transporté de la chapelle souterraine, par le Cardinal Borghèse, neveu de Paul V.

Autour de la basilique il se forma, dès le IV^ siècle, un cimetière à ciel ouvert, remarquable par ses grands mausolées

1. Cf. Marucchi, Di un ipogeo recentemenie scoperto nel chniiero di S. Seiastiano, Roma, 1878.

Page 1