LA VOIE APPIENNE. — LE CIMETIERE DE PRETEXTAT
LE cimetière de Prétextât est mentionné dans les Actes des martyrs et les martyrologes. On lui a donné le nom d'un de ses propriétaires, un parent de Ste Cécile peutêtre, car Valérien, le mari de cette Sainte, Tiburce & Maxime, y furent enterrés, et parmi les inscriptions du cimetière de St-Calixte, nous avons vu celle d'un Septimios Praetextatos Caecilianos. Le cimetière a dû être fondé au 11^ siècle, puisque S. Janvier, fils aîné de Ste Félicité, qui y fut déposé, fut martyr sous Marc-Aurèle (162) ; dans une région, aujourd'hui inaccessible à cause de la mauvaise volonté du propriétaire, Marchi et de Rossi ont reconnu des indices d'une très haute antiquité.
Le cimetière de Prétextât fut probablement en relation avec une propriété voisine, que l'on appelait « Triopium Herodis Attici». C'était la villa de ce personnage, précepteur de Marc-Aurèle ; il y avait élevé un monument à sa femme Annia Regilla ; un village s'était formé à côté. Les inscriptions qui ont pu être recueillies en cet endroit, les fameuses inscriptions «triopéennes » illustrées par E. Q. Visconti (2), sont maintenant à Naples ; le Vatican en possède des copies. On peut reconnaître dans là petite église de St-Urbain alla Caffarella les ruines du monument érigé par Herodes Attieus. L'évêque Urbain, dont parlent les Actes de Ste Cécile, devait exercer sa jurisdiction sur le « pagus Triopius », qui avait sans doute pour cimetière celui de Prétextât : quoi qu'il
1. Cf. de Rossi, Biillettino, 1863, p. 1-6, T7-22 ; 1870 (éd. franc.), p. 52-59 ; 1872 (é'i. fr. ), p. 31-34, 49-90 ; 1874 (éd. fr. ), p. 35-37 ; — Kirsch, Die Fresken der Katacombe des Prdtextat, dans la Rom. Quartalschrift, 1887, p. 346-353. — Voir aussi plusieurs fragments d'inscriptions au musée de Latran (XIX).