‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 126 sur 378 · FECIT · texte numérisé non relu

FECIT

Les élégantes peintures de la voûte représentent les quatre saisons: le printemps par des fleurs, l'été par des épis, l'automne par la vigne, l'hiver par le laurier ; des oiseaux, des génies, y sont mêlés. Ce symbole, emprunté à l'art païen, fut assez souvent employé par les chrétiens pour signifier la brièveté de la vie humaine et la vanité des choses de ce monde. A la paroi de gauche, une peinture du bon Pasteur a été coupée par un « loculus » du IV^ siècle, sur la chaux duquel se lit ce « graffito », une prière aux martyrs locaux pour l'âme du défunt : REFRIGERI lANVARIVS AGATOPVS FELICISSIM MARTYRES. Le corps de S. Janvier reposait, au fond de la chapelle, dans un sarcophage de marbre. Comme on le voit en d'autres endroits, une galerie « rétro sanctos » part de cette chapelle ; la dévotion des fidèles y a fait creuser de nombreux « loculi ».

LE CIMETIÈRE DE PRÉTEXTÂT

En continuant la grande galerie,on voit,à gauche, dans une niche, une inscription opistographe [6] rappelant, d'un côté un M • AVRELIVS AVG • LIB • SECVNDVS, de l'autre le chrétien HERCVLIVS. Il est remarquable qu'on trouve l'épi-

CHAPELLE DE SX JANVIER (au moment de la découverte, 1863).

taphe païenne d'un affranchi deMarc-Aurèle dans le voisinage de la villa d'Hérode Atticus, qui était un contemporain et un familier de cet empereur. Puis on rencontre, à droite, une construction en briques [7], de même style que la chapelle de S. Janvier. D'après les indications des Itinéraires, là pouvait être le tombeau de S. Quirin, martyr de l'époque d'Hadrien. La crypte est trop ruinée pour qu'on puisse jusqu'à présent l'identifier avec certitude.

Un peu plus loin, près d'une inscription consulaire de 403 (ThEODOSIO AVG. ETFL • RVMODORO VV CC CONSS), s'ouvrc une galerie dans laquelle on remarque deux niches, l'une carrée,rautresemi-circulaire,creusées en facel'une de l'autre; la se- ; conde semble avoir été disposée pour faire brûler des lampes devant quelque souvenir vénérable [8]. Or un « graffito » tracé sur un marbre voisin représente une chaire : ne peut-on pas supposer que dans la niche carrée se conservait la chaire même de S. Sixte II ou un fac-similé de celle sur laquelle il

reçut le coup du martyre: « adveniunt subito rapiunt qui forte sedentem ? » C'est en effet dans le voisinage de la voie Appienne, vraisemblablement entre les cimetières de Calixte et de Prétextât, que le saint Pape fut mis à mort ; et dans l'Itinéraire d'Einsiedeln, le lieu « ubi Syxtus martyrizatus est » se trouve uni à la station « ad S. Januarium ».

Au delà de cette galerie et du même côté de la « Spelunca magna», on aperçoit les traces d'une galerie venant peut-être d'une ancienne entrée du cimetière [13]. Prenons à droite une des galeries qui viennent déboucher à peu près en face de l'endroit indiqué plus haut [i i]. Dans une chapelle, nous rencontrons une peinture unique, expliquée récemment par Mgr Wilpert (i), représentant le bon Pasteur ayant à sa droite

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