‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 199 sur 378 · Loc. cit · texte numérisé non relu

Loc. cit

3. Elle est consignée, avec une indication topographique assez confuse, dans l'Itinéraire d'Einsiedeln : « Circus Flaminius, ibi sca Agnes. »

exposée l'innocence d'Agnès. Les documents cités ne rapportent pas tous cet épisode ; toutefois plusieurs y font allusion. Prudence le mentionne expressément et on peut en reconnaître un souvenir dans les vers de S. Damase :

NVDAQVE PROFVSVM CRINEM PER MEMBRA DEDISSE NE DOMÎNI TEMPLVM FACIES PERITVRA VIDERET

surtout si on les rapproche de son expression : « decus aima pudoris». Il est dit dans les Actes que la jeune fille fut exposée «juxta theatrum ». Or la 9™^ région (Circus Flaminius), où se trouve l'église, renfermait tout un groupe de monuments : le Panthéon, les Thermes d'Agrippa ou Alexandrins, agrandis et embellis par Néron, puis par Alexandre Sévère. On en reconnaît les traces dans les environs de la place de St-Louis-des-Français et du palais du Sénat ; de là vient le nom de la petite église de S. Salvatore in Thermis. Auprès de ces Thermes était un immense stade, construit d'abord par Néron, puis agrandi par Domitien. Il devait occuper l'emplacement de la place Navone, qui en reproduit exactement la forme : un rectangle terminé par une sorte d'hémicycle (du côté de St- Apollinaire). Dans les caves des maisons voisines, on retrouve les ruines des murs de ce stade, et les pilastres du souterain de Ste-Agnès en ont certainement fait partie. Les lieux de débauche se trouvaient souvent dans le voisinage des cirques, des lieux publics où les athlètes se donnaient en spectacle. L'hymne de Prudence semble faire allusion au stade :

Sic elocutam publicitus jubet Flexu in plateae sistere virginem...

Vesanus, atrox, turbidus, armiger, Exulto, talis quod potius venit, Quam si veniret languidus ac tener Mollisque ephebus tinctus aromate.

Ce « flexus plateae », n'est-ce pas un souvenir de la courbe du stade ?

Je n'insiste pas davantage sur ces détails topographiques. Mais je crois avoir le droit d'affirmer que l'histoire de la

grande martyre romaine, racontée par le poète chrétien du IV<^ siècle, à une époque où devaient encore exister des documents et monuments précieux aujourd'hui perdus, résumée dans les martyrologes, rappelée dans les plus

a« siècU 3 '-5 'siècle

anciennes liturgies, contient un fond de vérité et ne saurait être assimilée à un pieux roman.

Le cimetière de Ste- Agnès existait avant la déposition de la jeune martyre. Nous en avons une preuve dans les nom-

breuses inscriptions encore à leur place ou tirées de là, dont la paléographie, au jugement de J.-B. de Rossi, atteste une époque très reculée. Mais à partir de ce moment il prit un développement considérable et fut en grande vénération. Les fouilles entreprises en octobre 1901, grâce à la munificence du cardinal Kopp, titulaire de la basilique, nous ont fourni la preuve du vif désir qu'avaient les fidèles d'être enterrés près de la martyre. On a constaté que tout le sanctuaire était semé de cformae» des 1 V*^, V^ et VI^ siècles, formant un véritable « rétro sanctos ». On a de plus reconnu une importante galerie du IV^ siècle, à peu près intacte, qui longe les fondations du « ciborium » actuel et sous le sol de laquelle sont creusées d'autres « formae » (i). Le cimetière comprend trois étages. On peut y distinguer aussi trois régions : 1° le noyau primitif, à gauche de la basilique [I], antérieur au III^ siècle ; 2° une région du III^ siècle, assez petite, qui s'étend entre la basilique, la voie Nomentane et Ste-Constance; 3odeux groupes de galeries, dont l'un traverse la voie Nomentane [II], et l'autre met en relation Ste-Agnès et Ste-Constance : ces deux groupes sont du IV^ siècle. Un arénaire s'étend à l'extrémité du cimetière ; il est possible qu'il communique ou qu'à une époque il ait communiqué avec le « coemeterium majus », appelé depuis de Rossi cimetière Ostrien (2).

I. Région primitive (3). — On y descend ordinairement par l'escalier qui se trouve à gauche de la basilique, près de la sacristie. Elle renferme de grands « loculi » et un bon nombre d'inscriptions. Voici, à droite de l'escalier, deux inscriptions évidemment anciennes :

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