‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 239 sur 378 · VICTRTS QVE VIXIT ANNIS · texte numérisé non relu

VICTRTS QVE VIXIT ANNIS

VIIII DEPOSITA ES PRIE NON

AS AVGVSTAS MANET IN PACE ET IN CRITO (sic)

Un aqueduc dérivé de celui de !'« Acqua Vergine » passe dans une galerie voisine [i i]; il devait alimenter autrefois un bassin creusé tout à fait au pied de l'escalier [40], en forme d'arcosole, et servant peut-être de baptistère.

Les galeries suivantes ne renferment aucun autre monument important. En les suivant, on pourrait avancer très loin et aller sortir plus près de la voie Nomentane. Une seule inscription mérite d'y être relevée ; elle porte la date consulaire de l'an 371 :

ASELLVS DEFVNC TVS . XIIII KAL . APRIL

QVI VIX ANNI/// M . II . D . XVII . POST CONS . D . N . GRATI ANO • II . ET • PROBO

Il y aurait une autre entrée à gauche de la via Salaria, dans la cave de la vigne qui, après avoir appartenu à la famille Brancadoro, s'appelle aujourd'hui Villa Ciampî; mais cette entrée n'est plus en communication avec la partie principale de la catacombe.

La galerie lapidaire du Vatican possède une inscription de l'an 392, qui provient de Ste- Félicité, et qui a donné lieu à une singulière équivoque (i):

I. Mus. Vat. , dernière paroi des inscriptions chrétiennes, près delà grille du Musée Chiaramonti.

PERPETVAM . SEDEM • NVTRITOR • POSSIDES • IPSE HIC . MERITVS . FINEM • MAGNIS • DEFVNCTE • PERICLIS HIC . REQVIEM • FELIX • SVMIS • COGENTIBVS • ANNIS HIC . POSITVS PAPASANTIMIO QVI VIXIT • ANNIS LXX DEPOSITVS DOMINO NOSTRO ARCADIO II ET FL RVFINO VVCC SS NONAS NOBEMB

Au siècle dernier, le P. Paoli (^) crut y reconnaître le nom d'un pape Félix qui serait le même que l'antipape Félix II. Ce titre de PAPAS est simplement l'équivalent grec du mot « Nutritor », qui désigne soit le mari de la nourrice, soit celui qui a fait élever un enfant (2). L'inscription ne saurait donc jeter aucune lumière sur la question si obscure du pontificat de Félix II.

T. Di S. Felice papa e ?nartyre, App.,, p. V sq.

2. Cf. de Rossi, Inscript, christ,, t. I, p. 1/6-177. Voir la même expression dans une épitaphe du cimetière de St-Valentin.

APRÈS le cimetière de Félicité, \ Index coe^neterioiiun mentionne, sur la Via Salaria Nova, trois autres groupes: « Coemeterium Priscillae ad S. Sylvestrum, coemeterium Jordanorum ad S. Alexandrum, coemeterium Thrasonis ad S. Saturninum >>. Le premier Itinéraire de Salzbourg parle aussi de deux églises, dédiées, l'une à S. Saturnin, l'autre aux SS. Chrysanthe et Darie.Les mêmes indications se retrouvent dans le second Itinéraire de Salzbourg, mêlées à une erreur historique, car on y confond S. Alexandre, fils de Ste Félicité, enterré dans le voisinage, avec S. Alexandre de la voie Nomentane, et on lui donne pour compagnons les SS. Eventius et Théodule. Le même Itinéraire et celui de Malmesbury nomment encore en cet endroit sept vierges, Saturnina,Hilaria, Dominanda, Serotina, Paulina, Donata, Rogantina. La place précise du cimetière de Saturnin est marquée par le manuscrit d'Einsiedeln : « In sinîstra S. Saturnini, in dextera S. Felicitatis.:^ Enfin \q Liber pontificalis, dans la biographie d'Hadrien I^r, indique dans le cimetière des « Jordani » les tombeaux des Saints Alexandre, Vital et Martial. Il y a en effet, entre Ste-Félicité et Priscille, un groupe important de galeries.

Une grande découverte fut faite au temps de Baronius, en 1578, dans une vigne appartenant à un gentilhomme Espagnol, Barthélémy Sanchez, laquelle passa ensuite aux Délia Rovere (2). Bosio découvrit dans cette région d'autres galeries souterraines et les ruines d'une église de St-Saturnin, appelée alors de Ste-Citronine. Ces galeries correspon-

1. Cf. De Rossi, Bullettino, 1873, p. 5-25, 49-83 (édit. franc.).

2. Le blason de cette famille est sculpté sur la porte d'entrée, qui est restée isolée à droite de la voie.

dent évidemment aux deux groupes cimetériaux deThrason ou de Saturnin et des « Jordani ».

Thrason était un riche citoyen romain, dont on lit le nom dans les Actes de Suzanne et dans plusieurs autres documents. Il ensevelit dans sa propriété plusieurs martyrs, notamment S. Saturnin, un vieillard condamné à travailler dans les carrières pour la construction des Thermes de Dioclétien. Ce martyr fut honoré à Rome, le calendrier Libérien le nomme au 29 novembre : « III Kal. Dec. Saturnini in Thrasonis » ; et S. Damase lui consacra une longue inscription, d'ailleurs très obscure, dont nous trouvons le texte dans les recueils épigraphiques (i) :

INCOLA NVNC CHRISTI FVERAT CARTHAGINOIS ANTE TEMPORE OyO GLADIVS SECVIT PIA VISCERA MATRIS SANGVINE MVTAVIT PATRIAM NOiMENaVE GENYSOVE ROMANVM CIVEM SANCTORVM FECIT ORIGO MIRA FIDES RERVM DOCVIT POST EXITVS INGENS CVM LACERAT PIA MEMBRA PREMIT GRATIANVS VT HOSTIS POSTEAaVAM FELLIS VOMVIT CONCEPTA VENENA COGERE NON POTVIT CHRISTVM TE SANCTE NEGARE IPSE TVIS PRECIBVS MERVIT CONFESSVS ABIRE SVPPLICIS HAEC DAMASI VOX EST VENERARE SEPVLCRVM SOLVERE VOTA LICET CASTASOVE EFFVNDERE PRECES SANCTI SATVRNINI TVMVLVS aVIA MARTYRIS HIC ES7 SATVRNINE TIBI MARTYR MEA VOTA REPENDO.

L'oratoire dans lequel était placée cette inscription n'est autre sans doute que celui dont Bosio vit les restes. Construit dès le IV^ siècle, il fut restauré au VI^ siècle par Félix IV (526) et subsista jusqu'au temps de Nicolas IV (1288-1294), comme on le voit par une bulle de ce pape. Les reliques furent, on ne sait à quelle époque, transportées à Sts-Jean-et- Paul, où, après quelques années d'oubli, on les vénère de nouveau, depuis que le P. Germain de St-Stanislas a pris soin de faire restaurer leur chapelle (2).

L'entrée d'un premier hypogée, correspondant peut-être au cimetière de Thrason, se trouve dans la villa Odescalchi, à gauche de la voie. J'en donne un plan schématique.

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