‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 250 sur 378 · LA VIA SALARIA NOVA. - CIMETIERE DE · texte numérisé non relu

LA VIA SALARIA NOVA. - CIMETIERE DE

PRISGTLLE.

CE cimetière est le plus important de la Via Salaria, on pourrait dire de toute la Rome souterraine. Les documents historiques et topographiques permettent d'ajouter qu'il est aussi le plus ancien. Il se développe presque entièrement à gauche de la voie, sous la grande propriété appelée aujourd'hui villa Ada, qui, après avoir appartenu successivement au collège irlandais, à la maison royale, au comte Telfener, à la Banque d'Italie, vient d'être rachetée par le roi.

Avant de le faire visiter au lecteur, il est nécessaire de donner quelques indications générales sur l'histoire de ce monument et ses relations avec deux anciens titres.

Suivant des documents apocryphes, mais très anciens, les Actes de Pasteur et de Timothée, les lettres de Pie I^^ ^ . Justus de Vienne {^), et suivant le Liber pontificalis, l'église de Ste-Pudentienne s'élève au même endroit que la maison d'un disciple des Apôtres, Pudens. S. Pierre y aurait reçu l'hospitalité et réuni les premiers fidèles de Rome. Plus tard, Pudentienne, Praxède et Timothée, fils de Pudens, auraient fait transformer par S. Pie I^^^ en oratoire ou titre les thermes voisins, ceux de leur frère Novat. Plusieurs, il est vrai, n'admettent pas que Pudens baptisé par les Apôtres puisse être identifié avec le père de Pudentienne et de Praxède ; les Bollandistes distinguent deux personnages de ce nom : l'un, qui aurait reçu chez lui S. Pierre et que nommerait S. Paul dans sa 11^ lettre à Timothée ; l'autre, fils ou petit-fils du premier, qui aurait vécu au temps de Pie I^^ (140-150) et qui serait le

I. Cf. Baronius, AntiaL, an. 159, c. 8; an. 164, c. 24 ; — Acfa SS., mai, t. IV, p. 296 sq ; — Bianchini, Afiasiasius, II, p. 123-124 ; — Tillemont, Hisi. ecclés., II, p. 165 sq ; — Galland, Biblioth. Patrum, I, p. 672.

père des deux vierges. Cette dernière opinion est assez peti probable, en l'absence de toute mention positive de deux Pudens distincts. La plus grosse difficulté qui puisse être opposée à la première opinion se tire de l'âge des deux soeurs : mortes encore jeunes au temps de Pie I^^^, il est impossible que leur père ait été contemporain des Apôtres. Mais si l'on s'en rapporte au sentiment le plus ancien, elles seraient mortes au contraire à un âge avancé : c'est bien ce que semble indiquer la mosaïque de l'abside de Ste-Pudentienne. Dans ce cas l'âge de leur père ne donnerait lieu à aucune difficulté chronologique. Quoi qu'il en soit, nous savons avec certitude que l'église du Viminal existait dès le I V^ siècle et qu'elle s'appelait € Ecclesia Pudentiana » : une inscription de 384 nomme un certain LEOPARDVS LECTOR DE PVDENTIANA ; et dans la magnifique mosaïque absidale de cette église, exécutée sous le pontificat de Sirice (384- 398), le Sauveur tient à la main un volume avec ces mots : « Dominus conservator ecclesiae Pudentianae» (i). Ce titre d'« ecclesia Pudentiana» indique, à n'en pas douter, non seulement une église dédiée à une sainte de ce nom, mais un titre érigé dans une propriété des Pudentes. D'autant plus que le nom officiel du titre, celui que nous lisons dans les signatures de ses prêtres à la fin des Actes des synodes romains, était « titulus Pudentis».

La tradition qui attribue au pape Pie I^r l'érection du titre dans les thermes de Novat, frère de Pudentienne et de Praxède, est aussi confirmée par les monuments. De Rossi a publié (2), d'après les manuscrits de Ciacconio, conservés à la Bibliothèque Vaticane, le dessin d'une mosaïque que Panvinio et Ugonio purent encore voir à Ste-Pudentienne, dans une chapelle de St-Pierre. La chapelle existe toujours, mais elle a été entièrement refaite. Cette mosaïque représentait le Sauveur imberbe, comme on le voit dans les productions artistiques des premiers siècles ; à ses côtés étaient deux personnages barbus, probablement les deux frères

Page 1