Ad Parmen,, II
3. De Rossi lui-même en convenait. Le P. Bonavenîa a récemment essayé de soutenir que « sella gestatoria » désigne la Chaire de S. Pierre ; mais il ne me parait pas avoir donné aucun argument décisif. Cf. Atti delV Accad.rom. d'arch., t. Viii
Christ et s'était entendu adresser la grande parole : « Tu es Petruset super hanc petram aedificabo Ecclesiam meam»(ï). Il ne l'est pas moins qu'elle fut universelle, et qu'à Rome même on la solennisait le 22 février, jusqu'au moment où Paul IV, la transférant au 18 janvier, la remplaça en février par une fête de la Chaire d'Antioche. Tout cela n'a rien à voir avec deux chaires matérielles.
De l'inscription « Sumite perpetuam, etc. » je tire une autre conclusion. Au-dessus du cimetière de Priscille se trouvait le tombeau de Célestin, le grand pape du concile d'Ephèse ; de Rossi a remarqué que le tombeau était orné de peintures historiques relatives à ce concile, et que l'inscription « Qui natum passumque Deum > renfermait la formule dogmatique définie à Ephèse contre Nestorius (2). A mon tour, j'estime qu'on pourrait interpréter les vers « Auxit apostolicae », en les rapportant au même concile, témoin, comme chacun sait, du premier grand triomphe de la chaire apostolique. L'explication de la seconde partie du poème devient alors toute simple : le double honneur du siège apostolique n'est autre que le double pouvoir des clefs, « ligandi atque solvendi » ; et Jésus-Christ l'a affermi, augmenté, par la victoire d'Ephèse, car Pierre ne tient pas les clefs seulement au ciel, mais aussi sur terre en la personne de son successeur. C'est l'idée même qu'exposait solennellement devant le concile Philippe, légat du St-Siège: « Nulli dubium, imo omnibus saeculis notum est quod Petrus, apostolorum princeps,... claves regni caelestis accepit et in suis successoribus vivit et judicium exercet. » Ces coïncidences nous fournissent un nouvel indice de la présence de l'inscription près de la basilique de St-Sylvestre.
Passons maintenant à l'inscription qui se trouvait non loin de là, dans le « consignatorium », « ubi pontifex consignât
1. Ce point est amplement développé dans le savant travail de S. Ém. le Card. Ranipolla : De authentico Romani Pontificis magislerio, etc., p. 7 sq. L'illustre auteur admet aussi qu'il n'y eut pas deux Chaires de S. Pierre.