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LA VIA SALARIA VETUS

LA direction de la « Via Salaria vêtus », très discutée jusqu'à ces dernières années, est tout à fait fixée depuis les fouilles pratiquées en 1886 et 1899. Non loin de la Via Salaria nova, on a découvert, dans les propriétés actuelles des Carmes et de M. Voghera, toute une nécropole, un grand nombre d'inscriptions de la dernière époque républicaine et du commencement de l'empire, ainsi que plusieurs colombaires disposés sur les bords d'une ancienne voie, restes précieux qui malheureusement ont été en grande partie détruits. Cette voie ancienne sortait évidemment par la Porta Collina.

I. Index coejneterioruyn e notitia regionuru urbis Romae: « Coemeterium ad septem columbas ad caput S. Joannis in clivum cucumeris. Coemeterium Basillae ad S. Hermen via Salaria. » — Itinéraire de Salzbourg : « Deinde vadis ad orientem donec venias ad ecclesiam Johannis martyris via Salinaria, ibi requiescit Diogenus martyr et in altero cubiculo Bonifacianus, et Fistus martyr sub terra, sub terra Blastus martyr : deinde Johannis martyr, postea Longuinus martyr. Deinde vadis ad australem via Salinaria donec venies ad S. Ermetem, ibi primum pausat Bassilissa virgoet martyr, in altéra et martyr Maximus et S. Ermes martyr longe sub terra. Et in altéra spelunca Protus martyr et Jacinthus, deinde Victor martyr. Postea eadem via pervenies ad S. Pampulum martyrem XXIIII gradibus sub terra. & — De locis SS. Martyrum : € Inde haud procul in occidente juxta viam eandem in cryptis sub terra LXXX gradibus S. Pamphilus et S. Candidus, sanctusque Cyrinus cum multis martyribus jacet. Et inde in occidentem tendentibus apparet basilica S. Ermes ubi ipse martyr jacet. Ibi sunt S. Crispus et S. Herculanus et S. Maximilianus et S. Basilessa et S. Jacintus et S. Protus et S. Leopardus cum multis martyribus sepulti. Inde non longe est in occidente ecclesia S. Johannis martyris, ubi caput ejiis in alio loco sub altare ponitur, in alio corpus : ibi S. Diogenes et S. Fistus et S. Liberatus et S. Blastus et S. Maurus et S. Longina mater Johannis sunt sepulti (d'une autre main : et alii mille CCXXII martyres). » — Itijiéraire de Malmesbury : « Tertia porta Porticiana et via eodem modo appellata, sed cum pervenit ad Salariam nomen perdit; et ibi propein eo loco qui dicitur cucumeris requiescunt martyres Festus, Johannis, Liberalis, Diogenes, Blastus, Lucina et in uno sepulcro CCLX et in altero XXX. Quarta porta et Via Salaria, quae modo S. Silvestri dicitur. Ibi juxta viam S. Hermès requiescit et S. Vasella et Protus et Jacinctus, Maximilianus, Herculanus, Crispus ; et in altero loco prope requiescunt sancti martyres Pamphilus et Quirinus LXX gradibus in imo terrae. » — Itinéraire d' Einsiedeln : « In via Pinciana extra civitatem in (sinistra) S. Basillisse, S. Proti et Jacinthi, S. Hermetis : in dextera S. Pamphih, S. Joannis caput. » — Vita Hadriani 1:1 Basilicam coemeterii SS. martyrum Hermetis, Proti et Hiacinthi atque Bisilae mirae magnitudinis innovavit. » — Index coemeteriortan e libro Mirabilium : « Coemeterium S. Hermetis et Domitillae. Coemeterium S. Marcelli via Salaria vetere. »

Aucune porte ne lui correspondit dans l'enceinte d'Aurélien ; mais une autre branche de la même voie, partant du Champ de Mars et passant par Capo le Case, sortait par la Porta Pinciana, que construisit Bélisaire. Elle portait le nom de « Via Pinciana », jusqu'au moment où, se séparant en deux branches, elle allait par l'une d'elles se réunir à la Via Salaria nova. L'autre branche de la Via Pinciana prenait, à partir de la bifurcation, le nom de Via Salaria vêtus (i).

Sur la Via Pinciana, avant sa bifurcation, les Itinéraires ne marquent aucun cimetière chrétien. Près de la bifurcation, Boldetti (2) indique un cimetière d'ailleurs tout à fait inconnu (3j. Outre les petits hypogées privés dont on a découvert les traces, il y avait sur cette voie trois cimetières importants: celui de Pamphile,celui de St-Hermès et un autre appelé « ad septem palumbas », « ad caput S. Johannis », « ad clivum cucumeris ».

§ I. Cimetière de St-Pamphile.

S. Pamphile est un martyr inconnu. Le cimetière qui porte son nom se trouve près de la bifurcation de la Via Salaria vêtus, à droite de cette voie ; M. de Rossi le retrouva en 1865 et put y pénétrer par un trou, comme on peut le faire encore de la cave de 1' € osteria délie tre Madonne ». Après avoir parcouru quelques galeries avec beaucoup de peine, on entre dans une chapelle. La main d'un fossoyeur ou d'un ouvrier y a grossièrement reproduit au charbon les scènes bibliques vues dans quelque autre cimetière : le paralytique, la résurrection de Lazare, Jonas, Noë, Daniel, le bon Pasteur.

Une scène qui ne se rencontre pas ailleurs représente un personnage tirant à l'aide d'une corde la statue d'une divinité

I. Cf. de Rossi, Bulleitlno, 1894, p. 5 sq. 2 Osseyvazio7ii sui sa cri cimiteri, p. 575. 3. Cf. de Rossi, Bullettino, 1891, p. 58-59.

païenne pour la faire tomber de son piédestal : c'est sans doute une allusion à l'abolition du culte païen sous Théo-

dose, et par conséquent ce dessin pourrait remonter à la fin du IV^ siècle (0-

§ II. Cimetière de St-Hermès.

Le cimetière de St-Hermès ou de Basille (2) est un peu plus loin , il a été reconnu par Bosio (3) dans une vigne qui appartient aujourd'hui au Collège germanique. L'identification n'est pas douteuse, car on a recueilli dans les fouilles un fragment d'inscription damasienne portant le nom HERME(ti), et deux inscriptions aujourd'hui au Musée de

1. Cf. de Rossi, Bulleltino, 1865, p. i sq. J'ai pénétré, non sans peine, dans ce « cubiculum » en 1872. Ayant essayé récemment d'y retourner, je l'ai trouvé rempli de terre.

2. Cf. de Rossi, Bulleltino, x^d^^ p. 87; 1894, p. 5-35, 70-77; — Armellini, Nuovo bulleltino, 1895, p. 11-17 : — M. S. de Rossi, ibid., 1896, p. 99-115 ; — Bonavenia, ibid,, 1898, p. 77-94-

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