PARTIE DU CIMETIERE DE PONTIEN
CIMETIÈRE DE PONTIEN. 57
ment Pigmenius, Milix, Pollion, Abdon et Sennen, Candide. Les plus célèbres sont Abdon et Sennen. D'après leurs Actes, ces deux martyrs étaient de nobles Persans qui vinrent à Rome au temps de la terrible persécution de Dèce, peut-être pour se cacher, peut-être pour visiter les tombeaux des Apôtres. On peut croire qu'ils subirent le martyre en 257 sous Valérien, « plumbatis caesi et gladio interfecti », suivant le Martyrologe romain. Les Actes disent qu'ils furent exposés aux bêtes dans l'amphithéâtre, puis décapités près de la statue de Néron. Leurs corps furent d'abord cachés dans une maison privée, sans doute parce qu'à cette époque les cimetières étaient confisqués ; sous Gallien, on les transporta sur la voie de Porto. A côté d'eux furent enterrés deux autres martyrs, probablement leurs compagnons, Milix et Vincent. Au commencement du IV^ siècle, pendant la seconde période de la persécution de Dioclétien, un groupe postérieur se forma, composé des SS. Pollion, Candide et Pygmenius, dont parlent les Actes des SS. Pierre et Marcellin. Après la paix, on bâtit en ce lieu deux oratoires, l'église des Sts- Abdon et Sennen, et celle de Ste-Candide. La première, qui était la plus grande, devait se trouver au-dessus du tombeau des martyrs et être en communication avec le souterrain (^). Dans l'une des deux, on ne sait pas laquelle, furent déposés au V^ siècle deux papes, faussement appelés martyrs par les Itinéraires : Anastase I^"" (401) et Innocent I^'^ (417).
Les chapelles historiques du souterrain furent ornées, vers le milieu du VI^ siècle, de peintures de style byzantin (^). A la voûte de l'escalier [l],on voit le buste du Sauveur,dans le style de cette époque, avec les grands yeux et la barbe; à côté l'inscription : DE DONIS DÎ GAVDIOSVS FECIT. Ce Gaudiosus était peut-être un riche chrétien du Transtévère, peut-être un prêtre de ce titre ; on peut croire qu'il a fait exécuter toutes les peintures de la crypte. Le même buste du Sauveur est reproduit au bas de l'escalier [2], mais sans inscription.
1. Il y avait aussi près de l'amphithéâtre Flavien une égiise dédiée à ces deux maryrs, « ecclesia SS. Abdon et Sennen prope Coliseum ;>. Cf. Galletti, ms. Vat.795S, part. 2a, p. 83.
2. Cf. Marchi, / tnonutnenti délie arti cristiane primitive, p. 17-32, 220-225.
Cet escalier aboutit à la chapelle historique des SSts-Abdon et Sennen. Elle est petite, de forme irrégulière. Le tombeau se trouve à gauche; il a la forme d'un sarcophage en briques. La peinture byzantine qui décore la paroi extérieure représente le Sauveur couronnant les deux martyrs ; on les reconnaît à leur vêtement persan, au nimbe, et à leurs noms inscrits verticalement de chaque côté : ses ABDON, S"cs SENNEN. Aux extrémités, deux autres figures de saints, avec les noms : scs MILIX, SCS BICENTIVS. A la partie supérieure était peinte une longue inscription, dont il ne reste que ces mots : DE DONIS Dî ET SCrm abdon... Peutêtre doit-on suppléer ainsi : ET SENNEN GAVDIOSVS FECIT. Les corps des SS. Milix et Vincent n'étaient pas dans ce sarcophage. Ceux des SS. Abdon et Sennen y restèrent vraisemblablement jusqu'au VI I^ siècle ; vers 640, ils étaient dans la basilique supérieure, «in ecclesia magna », disent les Itinéraires (i). Le souterrain demeura toujours en vénération. Il renferme un baptistère [3] qui fut richement décoré au VP siècle. Le bassin est creusé dans une niche au fond de la chapelle des Sts-Abdon et Sennen ; au fond est peinte la croix ornée de pierreries, « crux gemmata », très élégante, qui semble sortir de l'eau même ; cette croix est entourée de fleurs ; sur ses bras sont posés deux candélabres, auxquels sont suspendues les lettres A et UJ. Une scène peinte au-dessus représente le Baptême de Notre-Seigneur. Ce baptistère devait servir pour les paysans des environs ; probablement il y avait là une paroisse rurale. On en a trouvé d'autres aux cimetières de Ste-Priscille et de Ste-Félicité ; on peut conjecturer qu'il y en avait encore ailleurs.
Un peu plus loin existe un second centre historique. Les chapelles de Sts-Pollion, Pigménius et Milix présentent une particularité curieuse : on n'y entre pas, on peut seulement y introduire la tête par une sorte de « fenestella confessionis». La décoration est aussi du Vl^siècle.On voit au fond S.Pollion entre les martyrs contemporains Bitus et Marcellin [4] ; sur