Supr., p
Fragment rappelant peut-être une vierge consacrée, « virgo sacra » ou « virgo Dei » :
AdeodaTA BIRGo Dei (?)
///VU DP II///
LOCV
dévolus ERGADfi?<m (?)
PascaSil
IIIVl Q.VI NOMEN ABVIT IVDA
///DVS SEPT
Le défunt nommé dans cette inscription était juif et s'appelait Juda; devenu chrétien, il prit le nom de Pascasius, peutêtre parce qu'il avait reçu le baptême en la fête de Pâques. Je termine cette série d'inscriptions par un fragment métrique, composé probablement de distiques, que l'on a retrouvé en démolissant un petit mur près de la porte du cimetière souterrain, mais qui dut appartenir aux tombeaux placés, au IV« siècle, autour de la basilique :
PRA/// NATVRA
VRBIS ROmanae (?) CVM PLACID/// RIS SEX///
La troisième ligne semble indiquer que le défunt était un personnage revêtu d'une dignité dans la ville de Rome.
Mentionnons enfin les quelques sculptures relevées dans les fouilles du cimetière à fleur de terre et quelques objets recueillis dans les tombes.
I. La sculpture la plus importante est un fragment de sarcophage, employé, à une époque tardive, dans la construction des murs de la basilique. On peut le voir au musée du Capitole, salle des antiquités chrétiennes.
C'est un travail du IV^ siècle. Il représente des personnes sur un navire, et un pêcheur sur la plage. Cette scène sym-
bolique ne manque pas d'importance (i). Le pêcheur assis rappelle celui que nous avons signalé au cimetière de Calixte, dans les fresques des fameuses cryptes du Ille siècle appelées « chambres des Sacrements » (2). Sans aucun doute il fait allusion au baptême : le poisson qu'il tire de l'eau, c'est le fidèle, petit poisson né dans l'eau salutaire de la grâce, selon le mot de Tertullien (3), et sanctifié à l'imitation du grand IX0TC Jésus-Christ. Cette figure paraît très rarement au IV^ siècle. J'ai cependant souvenir de l'avoir vue en 1878
FRAGMENT DE SARCOPHAGE CHRÉTIEN {lY^ SIECLE).
sur un autre fragment de sarcophage dans V € area » du même cimetière. Ce dernier fragment et d'autres débris ont été emportés, ils se trouvent maintenant près de St-Paul, dans la vigne Tanlongo.
Le nom de THECLA, gravé sur le navire, complète le symbolisme. Ce nom peut s'appliquer au navire lui-même, symbole bien connu de la vie humaine. On peut aussi le rapporter au personnage occupé à manœuvrer la voile. Les Actes apocryphes de Paul et de Thècle C^) racontent que la
1. Cf. iVuov. bullet., 3e année, p. 103 sq., où j'en ai donné une plus ample description.