Autre fragment avec une tête d'enfant
12. Autre fragment avec un petit génie qui soutient un feston.
Dans les tombes on a trouvé plusieurs morceaux d'ambre appartenant à un collier et deux anneaux d'or, un pendant et deux petits joyaux également en or, un petit vase à parfums en verre, deux agrafes en or et argent. Ces dernières ont la forme d'aigles aux ailes éployées, dont les yeux sont formés par deux petits morceaux de cristal de roche. C'est un échantillon fort rare de l'art lombard. La Commission d'archéologie communale conserve tous ces objets.
On a également découvert, outre plusieurs marques de briques païennes, des marques qui nous font connaître une fabrique chrétienne auparavant ignorée,r«officina Gaudentii» ou «Gaudentiae », qu'il faut ajouter à celles que l'on avait déjà signalées, « Claudiana » et « de statione Surrentini ». Ces marques sont circulaires et présentent les variétés suivantes :
F . GAVDENTIE -f- OFF GAVDENTIE -f- F GAVDENTI +
Il est clair que la croix ne peut pas représenter, comme quelques-uns l'ont supposé, la lettre X signifiant « ex figlinis > ou <i ex officina ».
Au même cimetière appartinrent en outre cinq autres fragments de sarcophage, dont un seul est encore sur place. Celui-ci est un reste d'une urne en marbre sur le milieu de laquelle était sculptée une croix, chose fort rare dans ce genre de travaux d'art, et qui date le monument, la croix n'ayant été représentée ouvertement qu'à partir du V^ siècle. Les quatre autres fragments se trouvent dans des collections privées. Il y en a deux au Campo Santo teutonique : l'un porte aussi une croix en relief; l'autre, qui paraît être de la fin du IV^ siècle, est orné de scènes en relief, la multiplication des pains, Adam et Eve, les noces de Cana, la guérison du paralytique, le sacrifice d'Abraham. Enfin les deux derniers fragments, provenant de la vigne Cassetta, sont maintenant chez Mgr Lugari : on voit sur l'un la résurrection de Lazare, sur l'autre un personnage tenant un rouleau.
§ III. La basilique et le monastère.
Après la paix de Constantin, le pape Jules I^^ (337-352) éleva en cet endroit une église en l'honneur de S. Valentin(i). Comme il n'était pas possible de la bâtir sur le tombeau même, à cause de la masse de rocher qu'il aurait fallu abattre, on la construisit un peu à droite, en respectant des tombeaux païens qui existaient sur le bord de la voie. La basilique fut restaurée, presque entièrement reconstruite, au VII^ siècle, par Honorius P'" (625-638). L'Itinéraire de Salzbourg, rédigé à la même époque, mentionne le corps de S. Valentîn « in basilica magna », tandis que d'autres martyrs étaient « in aquilone plaga sub terra ». Il y avait donc eu une translation. Et on peut supposer qu'elle fut accomplie par Honorius luimême, comme celle de S. Pancrace (2). Le pape Théodore
1. « Fecit basilicam in via Flaminia milliario secundo (en partant de l'enceinte de ServiusTullius), quaeappellatur Valentini. » Catalog. lib. Cf. Duchesne, Lib. ponti/., t. I, p. 206.