LA DÉCOUVERTE
près de la voie Flaminienne, trois nefs séparées par des colonnes, au milieu de l'abside une niche pour la chaire épîscopale, en avant l'autel, précédé de degrés, et la € schola cantorum ». On a retrouvé des fragments des «transennae > de l'autel, dont un porte les lettres MAR (tyri ?), un petit chapiteau du baldaquin, un de ces coussins en marbre ornés de croix et caractéristiques de l'époque byzantine, enfin un autre fragment en marbre, avec inscription votive du V^ ou VIesiècle,dont il ne reste que ces mots :///m • SEMPER -ET • VBIQ • DEVOTI. La confession était formée par une galerie souterraine, analogue à celles de Ste-Praxède, de Ste-Cécile, des quatre Saints Couronnés. On y remarque dans les
I. « Fecit et ecclesiam beati Valentini juxta pontem Molbium, a solo quam et ipse dedicavitet dona multa obtulit ». Lié. pontif., éd. Duchesne, t. I, p, 333.
parois des niches pour les lampes. Près du milieu une petite fenêtre encore reconnaissable permettait de voir le sarcophage du martyr ; c'était la « fenestella confessionis ». En avant de l'autel devaient être placées les inscriptions dédiées au saint, et parmi elles deux inscriptions damasiennes, autant qu'on en peut juger par deux fragments dont l'un semble conserver la finale d'une formule tout à fait damasienne : € supplex tibi vota rependo > :
ÎT o
DO
Détail important, car on ignorait que S. Damase eût orné la crypte de S. Valentin. Un autre fragment, également damasien, et trouvé non loin de la voie Flaminienne, près du chemin de l'Acqua Acetosa, est ainsi conçu :
BEATIS/// PRESBY///
</ Beatissimus » est le titre donné aux martyrs. La mention à cet endroit d'un prêtre martyr fait penser naturellement à S. Valentin, et l'analogie permet de restituer cette inscription dans la même forme que celle de S. Janvier au cimetière de Prétextât :
BEATIS^fmo martyri Valeniino PRESBY/t;ro Damasus episcopus fecit
Elle est maintenant dans la crypte.
A l'extrémité des nefs latérales, il y a des traces de chapelles, qui, selon le rite ancien encore usité dans l'Église grecque, ont dû servir pour la préparation du sacrifice, « oblationarium ». Celle de gauche était dédiée aux autres martyrs du lieu et à S. Zenon. On y a en effet relevé des fragments avec les lettres peintes
SCI5 ET BE Atissimis (*) et l'inscription, maintenant dans la catacombe,
-f S. ZENO
Pendant le moyen âge, on venait là en procession, le jour de S. Marc, de l'église de St- Laurent in Lucina ; il y avait pour la station une oraison propre, après laquelle on faisait mémoire de S. Zenon. Ce martyr, déposé dans une crypte du cimetière de Prétextât, est appelé par un des Itinéraires « frater Valentini », sans doute « frater in passione», et plusieurs martyrologes marquent sa fête au 14 février. Pascal I^^ fit construire en son honneur un oratoire célèbre dans l'église de Ste- Praxède, où on voit encore une mosaïque représentant les deux martyrs Zenon et Valentin (2).
Pendant les IX^ et X^ siècles, la catacombe de St- Valentin resta en honneur. Nous en avons la preuve dans une inscription du pape Jean IX (898) conservée à Ste-Marie in Cosmedin, où il s'agit de donations faites au monastère, et dans une bulle du pape Agapit (946-955) qui parle d'un monastère annexé au cimetière et l'incardine à l'église de St- Sylvestre in Capite. Voici le texte de l'inscription de Jean IX:
SVME VALENTINE MARTIR HEC DONA BEATE Q.VE TIBI FERT OPIFEX TEV 1 BALDVS CORDE BENIGNO • HEC ITAQ SVNT QVE TIBI BEATISSIME | MARTIR IDEM TEVBALDVS CONCESSIT . Q.VATINVS SINT IN VSV | SACERDOTV IN PERPETVV DÔ TIBIQ. HIC SERVIENTIVM I IDEST • DOMVS DVAS SOLARATAS IVNCTAS IN VICINO TVAE ECCLAE | CELLA . IVXTA EAMDE ECCLÂM • ORTICELLV CV OLIVIS RETRO ECCLÂM SCI | NICOLAI/// VINËA IN ANTONIANO - MISSA I LE . I . ANTIFONARIA • II • VNV DIVRNI . ALIVa • NOCTVRNI OFFICII FERIALES II ] LIBRV GENESEOS CV ISTORIIS CANONICIS • PASSIONARIV . DTALOGV CVM |
1. « Sanctis et beatissimis (?) ». Cette formule se rencontre aussi dans une inscription de Porto. Cf. infr. , liv. III, cb. IV,
2. Cf. Éléments d'archéologie chrét., III, Basiliques et églises de Rome, p. 330.
SCINTILLARIO • IMNARIA • II LIBRV EX MORALIB • CALICE ARGENTEV EXAVRA | TV CV CALAMO ET SVA PATENA • TVRIBVLV ARGENTEV • MANVALE • I | SI • QVIS VÔ BEA- TISSIME MARTIR EX . HÏS Q.VE TIBI A l DICTO THEV- BALDO CCES" | SA SVNT ET VEL AB ILLO AVT AB ALIIS CONCEDE^^TVR TEMERARIO AVSV ALIQ.VID | ABSTVLERIT . DISTRAXERIT • VENDIDERIT • VL FRAVDAVERIT • SÎT SËPATVS A DO OMIV | Q • XPIANÔR • CSORTIO • QVIN • ET PPTVO . PCVSSVS ANATHEMATE ATQ. • CV DIABOLO ET | OÎBVS IMPIIS. IVNCTVS .AETERNO INCENDIO EXVRATVR • TEPORE PONTIFICIS NO ] NI SVMÎQ.VE lOHIS • EST S ACRATA DIE SVPREMO HEC AVLA NOVËBRIS \ DV Q.VÎTA ELABENTE IN^DICTIO CVRRERET ANNVM
Un document du XI^ siècle raconte qu'un pèlerin allemand obtint des reliques « a quodam cimeteriorum custode », demeurant sur la voie Flaminienne, près d'un cimetière « ubi semper ardent lampades ». Il s'agit évidemment du gardien de St-Valentin (»). A la même époque, sous Nicolas II (1058-
1. Ce document est inséré dans la chronique du monastère de St-Michel sur Meuse, Mabillon l'a publié dans ses Vetera aiialecta, éd. de 1723, p. 350-356. En voici le passage principal : « ... Haec dicens [le pèleri7i anonyme) properat ad quemdam cimiteriorum custodem apud S. Valentinum commorantem, cuncta quae didicerat per ordinem edocet: qui auditis eiusmodi causis, affatim gavisus est, magis autem promissis illectus pecuniis, assensum praebuit corpus sancti Callisti papae se daturum pollicitus omniaque, sicut abbas ipse requirebat, seextensurum promisit,et intactum usque nunc sepulcrum et quemadmodum in Gestis passionum legitur in superficie tabulae marmoreae epitaphium exaratum, dummodo in dandis promissis fides adhibeatur dictis. Conventione igitur facta ventum est ad cimiterium iibi semper ardent lampades, quo in loco altrinsecus fit iuramentum, abbate cimiterii custode in eodem loco, ut libri Passionum et praesens epitaphium docebat, corpus esse Callisti papae propria manu iurante, et e contra iussu abbatis Nanteri monacho suc super sacra spondente, quod promissum erat pecuniarum die denominato mittendum.
« Post compositas utrinque sponsiones, monacus arrepta securi tentabat marmoreum avellere tabulatum quo claudebatur sepulcrum, narn undique caementario artificio septum durius lapide fuerat effectum, nec ullo modo iunctum potuit caementum dividi : quin etiam recusae secures et bipennes confrigebantur, in eminenti loco prospiciente speculatore, ne aliquo superveniente furtum, quod cum operandi fiebat pavose, quodque illis erat in reatum, isti in remedium, quoquo modo foret deprehensum. Sed cum monachus nulla ratione marmoream tabulam, ut praefatum est, indissolubili glutino caementi non valeret effringere, levata securi librat ictuni in tabulae médium, quae claudebat monumentum : defossumque thesaurum omni gemma pretiosius invenit reposituminterius, quod assumens detulit abbati ad hospitium qui ineffabili suscepit laetitia ».
1061), la basilique fut de nouveau, ainsi que le rapporte une inscription conservée à St-Sylvestre in Capite, restaurée par les soins de l'abbé Théobald et solennellement inaugurée le 3 février T060 :
QVE AD LAVDE DI IN ECCLA SVA FIVNT N . INHERTIE RELINaSED AD POSTERITATIS MEMORIAM uohlS PC.IPIVNT MANDARI SIC IFSA VERITAS DICIT • LVCEAT OPA VRA BONA . NVLLIVS • INSOLENT 1 timORE SED DÏ ET S^ VALEN-
TINI MAR El AMORE: QVE HVIC ECCLE ABBAS TEDBDAD VL DIRVTA I repar AVIT VL PDITA RESTAVRAVIT VL EX SVO AÎ5Q.SIVIT VT OxMÏB . PATEFIERENT COPENDIOSO | hYlC LAPIDI INSERI CVRAVIT IN TECTO HVI ECCLE TRES TRA- VES MVTAVIT PORTICVS Q.VE \ CIRCA ST OMS RENO- VAVIT . YCONAS VÔ Q.NQ. • FECIT EXÂVRATAS • CRVCES . IIIIOR . EXAVRA I tas coDICES • IIII • PASSIONARÏV • MISSALE • COLLECTANEV • PASSIONARÏV . IN FESTIVITATE S • VA- LENTINI I lampadaRlOS II • PSALTERIV". î • ALBÂ • I • CALICE ARGENTEV • I • PALLAS • ALTARIS . II • CORTINAS • II • VE- STES ! sericaS - II • FANONES • XX • ARC'V GIPSET • CAP DE AVRICALCO X . CRVCÊ . SIMILITER DE AVRICAL | co tuRRË QlVA CÂPANILE DICIM . I . CAPANAS • II • DOMÔ • IIII • CLAV- SVRA MONASTERII a FVNUawéNTO CONSTRVXIT • ARCV • ANTE . lANVA • ECCLË • VINEARV PETIAS XÎÏÎÏ • PEDICA | 5éMTARITIE TERRE III • HEC ÔMÎÂ DOMN • TEB ALD • PARTI • DIRVTA ET DEFECTA REE|^/yïcANS PARTI AVTË ADQ.RENS HVIC ECCLË APPLICVIT.DATO EX PROPRIIS SVPTIB |;?r^//o //BRAR CXX • CREDITORIB: NEC N ECCLË: REDDIDIT LIB Vlll i mense FEB D III • IN'dTC XIII • TËPORIB • DONI NICOLAI • .SCDl Pï'
Après la translation du corps de S. Valentin à Ste-Praxède (XIV^ siècle), l'église de la voie Flaminienne fut abandonnée. « Ecclesia S. Valentini extra portam sive mûris non habet sacerdotem », lisons-nous dans le codex de Turin (i). Au XVI^ siècle, Bosio put reconnaître (1594) les