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L'inscription qui suit est aujourd'hui perdue. Un fragment en fut retrouvé dans l'église de St-Jean Calibite, à Rome :
~X- VANDALIGA RABIES HANG IVSSIT MARTYRIS AVLAM QVAM PETRVS ANTISTES GVLTV MELIORE NOVATAM
L'église dont il s'agit, « martyris aula », n'est pas, comme on le crut autrefois, l'église de St-Jean Calibite, mais celle de l'île de Porto, l'église de St-Hippolyte, qui fut détruite en 455 et presque aussitôt reconstruite par l'évêque Pierre (^).
1. Cf. L. Çantarelli, Dz unframiuento epigrafico cristiano deW isola Portuense, Roma, 1896.
Au IX® siècle, après les dévastations des Sarrasins, on transporta à Rome les reliques des martyrs de Porto. L'évêque Formose, le futur pape, les réunit à celles de S. Jean Calibite, venues d'Orient pendant la persécution iconoclaste. L'inscription du sarcophage, qui est aujourd'hui dans l'escalier du musée de Latran, est ainsi conçue :
+ HIC REQ.VIESCVNT CORPORA SCÔ"R
MARTYRVM YPPOLITI • TAVRINI • HERCVLANI ATQVE lOHANNIS • CALIBITIS • FORMOSVS EPS • CONDIDIT
Après cette translation l'ancienne ville de Porto fut tout à fait abandonnée, malgré l'importance de ses monuments classiques et chrétiens (i).
Ce que j'ai dit de la basilique de St-Agapit et de celle de Ste-Symphorose, des cimetières d'Albano, d'Ostie et de Porto, suffit pour répondre au but de cet Itinéraire des catacombes en ce qui regarde les cimetières suburbicaires. On peut, avec ces indications, visiter les monuments accessibles. Les autres cimetières suburbicaires sont ou tout à fait dévastés ou à peu près inconnus : le nom, quelquefois une trace de souterrain, voilà tout ce qu'il en reste. Inutile donc et même impossible d'en tenter une description tant que n'y auront pas été faites des fouilles régulières.
I. Sur les monuments de Porto, cf. de Rossi, Bullei., i856, p. 37-50, 63, 99-103 ; — 1868, p. 33, 76 ; — 1869, p. I, 16.
^rin
Conclusion.
EN terminant cette étude des catacombes romaines, je veux marquer les points sur lesquels des fouilles sagement conduites promettraient d'heureux résultats. Si la Commission disposait de plus de ressources, elle pourrait dès maintenant en entreprendre sur la voie Aurélienne, dans le cimetière de la villa Panfilî, contemporain peut-être des Apôtres (ï) ; sur la voie de Porto, en vue de retrouver le cimetière juif que Bosio vit près de celui de Pontien ; sur la voie d'Ostie, dans celui de Commodille, dont les indications précises de Boldetti permettraient de retrouver la crypte historique près de la Via délie Sette Chiese (2) ; entre la voie Ardéatine et la voie Appienne, où il serait opportun de mieux vérifier les limites des cimetières de Balbine, de Marc et Marcellien et de Damase(3) ; sur la voie Appienne, dans le sous-sol de la vigne De Romanis et les galeries du cimetière de Prétextât où il y a des régions très importantes (4) ; sur la voie Latine, où à peu près tout est à découvrir; sur la voie Labicane, dans le cimetière juif des vignes Villeggi et Marolda-Pitilli(5) ; sur la voie Nomentane, dans le « coemeterium majus », dont les galeries à droite de l'entrée actuelle peuvent renfermer quelque crypte historique d'autres martyrs locaux ou même quelque souvenir tardif de S. Pierre lié à ceux du cimetière de Priscille (0) ; sur la Via Salaria nova, dans le souterrain de la villa Odescalchi (7), surtout à l'étage inférieur du cimetière de Priscille, près duquel devait se trouver le cimetière de Novella ; et dans la région voisine du baptistère monumental, région où de
Sup., p. 46.
Pag. 85.
Pag. 128.
Pag. 206.
Pag. 259.
Pag. 334 sq.
Pag. 366.
nombreux indices me portent à reconnaître le cimetière Ostrien « ad nymphas ubi Petrus baptizabat » (»).
Il eût été facile de mêler à la description des catacombes des considérations de sentiment ou de piété. Je m'en suis abstenu. Mon but direct n'était pas d'édifier, mais d'instruire. Aussi bien l'étude sérieuse et critique des catacombes peutelle seule faire naître une dévotion éclairée envers ces vénérables sanctuaires. Ceux qui voudraient surtout des considérations pieuses les trouveront dans d'autres ouvrages, par exemple dans la Rorna cristiana nei primi secoli du comte TullioDandolo et \ Esquisse de Rome chrétienne de MgrGerbet.
Je me contenterai d'emprunterunebellepage à cedernier(2): elle met en un relief saisissant les leçons et les espérances de vie immortelle que l'âme puise dans les catacombes.
« Les cimetières qui recouvrent ce qui se passe dans le
sépulcre, les nécropoles de l'Egypte, qui dissimulent, par leurs momies, l'inévitable décomposition de la matière humaine, certaines grottes de la Sicile, qui ont la propriété de conserver les corps, les souterrains du Paris moderne où les murailles d'ossements font voir en bloc ce que chacun a vu en détail, ne permettent point d'observer, comme on peut le faire dans les catacombes, le travail je ne dis pas de la mort, mais de ce qui est au delà de la mort. En parcourant cellesci, vous passez en revue les phases de la destruction, comme on observe, dans un jardin botanique, les développements de la végétation, depuis la fleur imperceptible jusqu'aux grands arbres pleins de sève et couronnés de larges fleurs. Dans un certain nombre de niches sépulcrales, qui ont été ouvertes à diverses époques, on peut suivre, en quelque sorte pas à pas, les formes successives, de plus en plus éloignées de la vie, par lesquelles ce qui est là arrive à toucher, d'aussi près qu'il est possible, au pur néant. Regardez d'abord ce squelette ; s*il est bien conservé, malgré tous ses siècles, c est probablement parce que la niche où il a été mis est creusée dans un terrain qui n'est pas sec. L'humidité, qui dissout tant d'autres choses,