‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 38 sur 378 · FILIPPI · texte numérisé non relu

FILIPPI

Faustin et Simplice furent martyrisés dans la grande persécution de Dioclétien, probablement le 29 juillet 303, et jetés dans le Tibre. Leur sœur Béatrix, aidée par les prêtres Crispus et Jean, recueillit leurs corps et les déposa dans un cimetière qui se trouvait au VI^ mille dans la propriété d'un certain Philippe, «ad sextum Philippi ». Victime de la même persécution, Béatrix fut aussi enterrée dans ce cimetière. A la fin du VI I^ siècle (68^) le pape Léon 1 1 transporta leurs reliques à Ste-Bibiane; l'inscription du sarcophage date de cette époque, comme le prouvent la paléographie, la grossièreté du monogramme et l'indication du cimetière, qui eût été parfaitement inutile tant que les corps étaient restés au lieu de leur sépulture primitive.

On ne savait pas autre chose jusque vers le milieu de ce siècle. D'importantes découvertes ont été faites de 1858 à 1874. D'abord celle du bois des frères Arvales et du temple de la déesse Dia. Le collège des Arvales était très célèbre, très ancien ; on faisait remonter son origine jusqu'à Romulus. Son histoire et son organisation sont connues par les inscriptions qu'a publiées Mari ni sous le titre : G/i atti e vwjiiimenti de f rate m Arvali raccolti e commentati (Rome, 1795). En 1858, on commença à recueillir quelques inscriptions analogues entre le 6^ et le 7^ mille de la voie de Porto, près du village moderne de la Magliana. Les fouilles, faites d'abord au hasard, furent continuées méthodiquement par l'Institut archéologique allemand, sous la direction de M. Henzen, qui en a publié les résultats dans les Acta fratrum Arvalhiui qiiae supersunt (Berlin, 1874). On retrouva les soubassements du temple rond qui fut attribué par quelques-uns à la déesse Dia et par d'autres à 1' « Augusteum » (la maison actuelle).

La mêmes fouilles amenèrent la découverte d'un petit édifice construit au IV^ siècle [3]; on y reconnut une basilique chrétienne, dont il ne reste que l'abside et une partie des murs. Au milieu des ruines on releva un fragment d'épistyle avec l'inscription damasienne:... STINO 0* VIATRTCI 0".. On y était donc dans la basilique des Sts-Faustin, Simplice et Béatrix. Derrière l'abside on put pénétrer dans les galeries de la catacombe, qui conduisirent immédiatement au tombeau des martyrs [2].

Il est aisé de reconstituer l'épisode de la déposition des corps pendant la persécution de Dioclétien. A cet endroit de la voie de Porto il y avait une carrière. Le bois sacré était abandonné ; le collège des Arvales était peut-être dissous ou avait transporté ailleurs son centre de réunion : en effet on n'a pas retrouvé là d'inscriptions arvaliques postérieures à la moitié du III^ siècle. Le lieu était même devenu dangereux ; les voyageurs y étaient dévalisés et même assassinés par des brigands, ainsi que le témoigne une inscription funéraire peut-être chrétienne :

IVLIO TIMO

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