‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 4 sur 378 · ROMAINES · texte numérisé non relu

ROMAINES

LES anciens cimetières chrétiens de Rome, communément appelés catacombes, remontent jusqu'aux temps apostoliques. Ils sont issus du désir, qu'eurent naturellement les disciples de l'Évangile, de séparer leurs tombeaux de ceux des païens. La nature du sol permit de les creuser le plus souvent sous terre, à l'imitation des tombeaux de Palestine et de celui du Sauveur lui-même. Tous furent établis en dehors des murs, car la loi romaine défendait d'enterrer à l'intérieur de la ville ; ils se trouvèrent dès lors dans le voisinage des sépultures païennes qui, on le sait, bordaient toutes les voies suburbaines. La loi romaine, déclarant lieu religieux tout tombeau, à quelque personne et à quelque religion qu'il appartînt, protégea d'ordinaire leur existence ; si, par exception, il leur arriva quelquefois d'être confisqués, ils furent ensuite rendus (i).

Les catacombes, creusées dans le tuf granulaire qui abonde dans le sous-sol de la campagne romaine, sont l'œuvre exclusive des chrétiens. Elles présentent l'aspect d'un réseau de galeries entrecroisées (« ambulacra »), dans les parois desquelles s'ouvrent des rangées de tombes rectangulaires (« loculi ») ou en forme d'arc (« arcosolia )>). De loin en loin on rencontre de petites chambres (« cubicula ») ou de plus larges cryptes (« cryptae »), parfois même de vraies églises souterraines. Les vraies catacombes romaines s'étendent hors des murs entre le premier et le troisième mille.

Les chrétiens eurent toujours en horreur le procédé de la

I. Le titre légal des tombeaux était : lieux religieux. Parfois les inscriptions les appellent aussi : lieux sacrés. Nous en avons un bel exemple sur un cippe ancien qui était placé à l'entrée du cimetière de Domitille ; on y lit deux fois la formule :

LOCVS • SACER • SACRILEGE • CAVE • MALV (sic).

Guide des catacombes romaines. i

crémation ; leur usage constant fut de déposer les cadavres dans le sépulcre enveloppés d'un linceul. Aussi les cimetières chrétiens eurent-ils tout de suite une forme différente de celle des colombaires païens, où les parois étaient pleines de niches pour les urnes funéraires. Les deux reproductions ci-jointes font saisir d'un coup d'œil cette différence.

Avant tout lieux de sépulture, les catacombes furent aussi occasionnellement lieux de réunions religieuses; mais jamais

COLOMBAIRE PAÏEN.

elles ne servirent d'habitation aux chrétiens, comme on le croit vulgairement. Ce n'est que par accident qu'elles tinrent lieu d'églises, car dès les premiers siècles il y eut pour les réunions ordinaires des oratoires à l'intérieur de la ville : on les appelait « titres », et les cimetières en dépendaient.

L'histoire des catacombes peut se partager en plusieurs grandes périodes :

. lo A l'origine, elles furent la propriété de nobles person-

INTRODUCTION

nages, de riches et illustres familles chrétiennes, qui les avaient fait creuser à la campagne dans leurs terres. Cette période peut aller des temps apostoliques à la fin du 11^' siècle. De cette époque datent un grand nombre de cimetières, dont les noms rappellent les particuliers qui les possédaient : cimetière de Priscille, de Lucine, de Domitille, de Prétextât, etc.

2° A la fin du 11^ siècle ou au commencement du III', le nombre des chrétiens avait grandi : plusieurs cimetières ap-

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