‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 67 sur 378 · Ep. CVIIl ad Eusiock. (P. L., t. XXII, col · texte numérisé non relu

Ep. CVIIl ad Eusiock. (P. L., t. XXII, col

6. Corpus inscript, lai., t. VI, p. 172-173. Mommsen a depuis changé d'opinion {Ibid. , n. 89.^2).

7. Histoire des persécutions de l' Eglise jtisqu àlajin des Antonins, ch. iv, ?. Cf. de Rossi, Bullettino, 1875, p. 69-77.

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Ardéatine, le grand escalier et les anciennes chapelles auxquelles il donne accès, la chapelle d'Ampliatus ; — une région du III^ siècle, où se trouvent la peinture de la Vierge et la grande chapelle des Apôtres ; — une région du IV^ siècle, du côté de la ferme, où l'on voit des peintures et inscriptions postérieures à la paix. Ces régions furent ensuite réunies par des galeries de diverses époques (').

I. Basilique des Sts-Nérée-et-Achillée et de Ste-PétrONILLE. — L'escalier spécial [l] qui conduit à la

CIMETIERE DE DOMITILLE.

(Région de la basilique. )

I. Avant de descendre dans la catacornbe.,Qn peut remarquer sur le palier de résilier un cippe portant l' inscri ptK>j*fl?5c" XJ^^^tÈ-i^ll Atstii^LEGE cave malvm, Il était

calier un cippe portant l' inscri probablement à l'entrée del'

St. ^■•fChAEk'S > ^

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LE CIMETIÈRE DE DOMITILLE. lOl

basilique nous mène immédiatement au second étage du cimetière. Plusieurs indices permettent de reconnaître la disposition des lieux avant la construction de la basilique. Il y avait là des galeries voisines de la chapelle des martyrs ; quelques sarcophages qui sont demeurés à leur place sous le pavé de l'église indiquent suffisamment la direction d'une de ces galeries. Ces sarcophages ne portent aucune inscription. On a seulement trouvé à cet endroit un fragment très précieux que M. de Rossi complète ainsi :

SepuïcRYM.

FîaviORYU

Il esl fixé au-dessus de l'entrée de la galerie 23 [4].

Quand il découvrit cette basilique, M. de Rossi ne sut d'abord s'il devait l'identifier avec celle de Sts-Nérée-et- Achillée, appelée aussi de Ste-Pétronille, ou avec celles des Sts-Marc-et-Marcellien ou de St-Damase. Un fragment trouvé le 14 mars 1874 le fixa complètement sur ce point ; c'était la fin d'une inscription damasîenne déjà connue par les Itinéraires :

Militîae notnen dederant saevYmque gerehar.t

Officium pariter spectantes itissA TYranni

Praeceptis puisante meta serviKE PARa/i

Mira fides rerum subito posveRE FVROR^jw

CONV^m ftigiunt ducis impia castrA RELîNQVVNl

PROlciunt clypeos phaîeras telAQ,' CRVENTA

CONFE55i gaudent Christi portarE TRIVMFOS

CREDITE P.T Damasum possit qiiid GLORIA CHRISTI (*>

I. Cf. Notions générales, p. 234; — de Rossi, Inscripf. christ., t. II, p. 31. — L'inscription complétée est au fond delà basilique [3J. près de l'escalier. Une autre inscripiion, en l'honneur de Mgr deMérode, a été placée au-dessous en 1899. à l'occasion du 25e anniversaire de cette importante découverte.

Le manuscrit d'Ensiedeln donnait cette inscription comme appartenant au tombeau des SS. Nérée et Achillée. Elle nous apprend que ces deux martyrs étaient soldats, probablement prétoriens, et que peut-être ils prirent part à la persécution de Néron, « spectantes jussa tyranni». Peu après on tira des décombres une petite colonne sur laquelle on vit représentée une scène de martyre et au-dessus le nom ACILLEVS. Ce devait être une des colonnes du tabernacle, l'autre avait sans doute une sculpture analogue, avec le nom NEREVS. Enfin on eut une preuve évidente qu'on était près du tombeau de Ste Pétronille : dans une petite chapelle derrière l'abside [lo], une peinture représente une orante voilée qu'une autre femme (une sainte, sans aucun doute), embrasse et introduit au ciel ; les noms des personnages sont inscrits à côté : VENERANDA DEP vil IDVS lANVARIAS — - PETRONELLA MARTYR (i). Cette chapelle était réunie à la basilique par une galerie, le € rétro sanctos ».

La date de la construction de la basih'que a pu être déterminée exactement. Dans une galerie près de la chapelle des martyrs, un € graffito » tracé sur une brique qui fermait un € loculus » (maintenant dans la basilique, paroi de gauche) portait la date consulaire de 390 :

///DEPOSITVS

///PAGE CONS VaUnlinicvw AVG • IIII ET NEVTE rio • V ' C

En cette année 390, on pouvait donc encore enterrer dans cette galerie, ce qui ne fut plus possible quand s'éleva la basilique. Or une autre inscription, gravée dans le pavé

I. Ste Pétronille n'a pas été vraiment martyre ; mais on donna souvent ce nom à des saints qui, sans verser leur sang, avaient souffert pour la foi. — Cf. de Rossi, Bulleti., 1874, p. 138 sq. (éJ. franc.).

même, au-dessus d'un tombeau (maintenant derrière une grille), prouve que ce pavé était achevé en 395 ; c'est donc entre ces deux dates, par conséquent sous le pontificat de Sirice, que la basilique fut construite :

BEATVS DIFVNCTVS EST . IIII . IDVS . MAIAS DIES . SATVRNIS • AN • XXVIII ANICIO OLYBRIO ET

PROBINO VV ce CONS VINCENTIA DIFVNCTA EST XII . KAL . IVNIAS DIES . LVNIS . ANN • XXVII IN PACE

Le IIII IDVS MAIAS est justement le jour de la fête des

SS. Nérée et Achillée. Une autre inscription, celle d'un certain

Zenodoros, tracée sur la chaux d'un « loculus », sous la ba-

p silique(i), porte la même date Jll A IAluN MAIloN (12 mai).

ZGNOAœPOC CAAPHNOC AyCOïKIOC

GNOAAe KGTTe î^ A lAœN MAICON GN IPGNG

Évidemment les fidèles se faisaient enterrer là par dévotion pour les saints martyrs. Ces deux saints étaient d'ailleurs très vénérés.

Il faut remarquer dans cette basilique les trois nefs avec leurs colonnes antiques (trois seulement sont modernes) ; les tombes primitives au-dessous du pavé, les restes de la « schola cantorum », l'abside avec sa niche pour la chaire épiscopale. En avant de l'abside s'élevait l'autel érigé sur le

1. Elle n'est plus visible. Elle fut trouvée en 1874, et je la copiai immédiatement, sous les yeux de Mgr de Mérode, qui voulut descendre dans le souterrain pour la voir.

tombeau des deux martyrs ; les fragments de balustrade de marbre, la colonne sur laquelle est sculpté le martyre de S. Achillée, le morceau de corniche avec le nom du même saint, en sont des débris. A noter, près de l'abside, un fragment de grand vase qui a dû servir à brûler de l'huile devant le tombeau des martyrs.

Rien ne marque d'une manière précisé le tombeau de Ste Pétronille ; il ne devait pas être éloigné, puisque la basilique portait aussi son nom. A droite de l'abside, on remarque une petite chambre avec peintures, qui fut ensuite remplie de maçonnerie. Elle rompait la régularité architecturale de la basilique ; pour qu'on l'eût conservée, il fallait

ce semble, qu'elle renfermât un tombeau vénéré ; le corps ayant été enlevé plus tard, on l'aura fermée de manière à con-

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if.

solider la basilique. Comme la peinture de Veneranda et Petronella se trouve dans le voisinage, M. de Rossi a pensé,

— la chose n'est cependant pas certaine, — que cette chapelle était précisément la place du tombeau de Ste-Pétronille. Le sarcophage qui fut transporté au Vatican par Paul I^^ (VIII^ siècle) avec le corps de la sainte portait cette simple inscription :

AVRELIAE . PETRONILLAE • FIL • DVLCISSIMAE

Elle appartenait donc à la famille romaine Aurélia, apparentée aux Flaviens ; et si elle était fil'e de S. Pierre, c'était seulement d'une manière spirituelle, en ce sens qu'elle a pu être convertie et baptisée par lui. La similitude de son nom a fait croire qu'il dérivait de celui de S. Pierre. Il vient plutôt de Petro, nom qui était usité dans la famille des Flaviens (par exemple, Flavius Petro). Ce lien de parenté explique comment son tombeau se trouvait dans ce cimetière.

Dans la niche du fond de l'abside [7] était certainement la chaire épiscopale. C'est là, et non, comme l'a cru Baronius, dans la basilique urbaine des Sts-Nérée-et-Achillée, que S. Grégoire le Grand prononça une de ses homélies (^), car nous y lisons : « Sàncti isti ad quorum tumbam consistimus spreverunt mundum » ; or, à cette époque, les corps des martyrs étaient encore dans leur tombeau primitif. M. de Rossî a vu une allusion à cette homélie dans un « graffito :» tracé sur l'enduit, mais aujourd'hui presque invisible, qui représenterait un prêtre priant ou parlant.

La basilique appartenait au titre de Fasciola, comme en font foi trois débris d'inscriptions (à droite de l'abside) :

Hic quiesCn PASCENTIVS LECTOR DE FASCfoZa qui vixit an^VS XXI DEPOSITVS IN PACe;/// ///CONS DN . HONORIO ^

IIIBaSlUVslll ///FASCIOLAE///

lllde FaSCIOLA///

I. ffom. in EvangeL, 1, II, hom. xxviii {P. L., t. LXXVI, col. 1210 sq. ).

L'origine de ce nom de Fasciola est douteuse ; suivant une légende, consignée dans les Actes des SS. Pierre et Paul, il rappellerait le souvenir d'une bandelette (€ fasciola ») perdue par S. Pierre dans sa fuite sur la voie Appienne et recueillie par une matrone.

Avant de quitter la basilique, signalons encore plusieurs sarcophages, généralement du IV« siècle, ornés des figures du bon Pasteur ou de quelques Saints. Deux fragments représentent le baptême de Notre-Seigneur et l'adoration des mages. Beaucoup de marbres sont païens et proviennent de la propriété supérieure. Un fragment laisse voir la partie inférieure d'un agneau, le pied d'une croix et la tête d'une colombe. M. de Rossi a reconstitué le sujet et en a donné une belle interprétation :

« L'agneau au pied de la croix est le symbole de la victime divine.de Notre-Seigneur immolé sur le Calvaire. La colombe avec le rameau d'olivier est le symbole de l'âme chrétienne jouissant de la paix : ici elle tend à se reposer sous le cou et sur la poitrine de Sauveur » (i).

Ce groupe a certainement une importance spéciale. Toutefois sa reconstitution n'est pas tout à fait certaine ; et si je la donne ici, c'est moins pour me porter garant de son exactitude que pour enrichir ma description d'un souvenir personnel de l'illustre maître (2).

Près de ce marbre on remarquera d'autres fragments de sculptures et d'inscriptions, entre autres ceux, déjà cités, qui mentionnent le titre de Fasciola, et un autre qui fait allusion à la récente construction de la basilique : € in basilica noba ». Il y a aussi une longue inscription, peut-être datée (fin du I V^ siècle), primitivement placée sur le tombeau d'une famille qui comptait parmi ses membres des prêtres, des évèques et un diacre de la V^ région (3).

1. Note manuscrite, maintenant en ma possession, et pour la première fois publiée dans le Nuovo bulUtt. di arch. crist., 1899, p. 33-34.

2. Mgr Wilpert pense que l'agneau n'est pas au pied d'une croix, mais au pied d'un arbre. Même dans cette hypothèse, la scène n'en aurait pas moins une belle signification symbolique.

3. Cf. Marucchi, Di alcune iscrizioni recentemente trovate o ricomposie nella basilica dis. Petronilla, dans le Nuovo bulUt. di arch. crist., 1899, p. 24 sq.

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On connaissait seulement, depuis 1874, le fragment

PRESB AB

CRVS • EPIS • EP

ALBANENS

Cet Ursin, évêque d'Albano, est d'ailleurs inconnu.

Sur les deux parois de la basilique, en dehors du « presbyterium », à droite de qui regarde l'abside, sont fixés de nombreux fragments de sculpture païens et chrétiens ; et à gauche, diverses inscriptions consulaires du IV^ ou du V^ siècle. Les inscriptions païennes ont été réunies dans le vestibule de la basilique, près des fragments damasiens consacrés à SS. Nérée et Achillée et à Irène, sœur de Damase, dont il sera question plus loin. Derrière l'abside est le tombeau de la matrone Veneranda (IV^ siècle) et l'image de Ste Pétronille l'introduisant au ciel. La galerie qui conduit à cette chapelle est très courte ; on y voit deux inscriptions avec dates consulaires de la seconde moitié du

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IV^ siècle. De là on peut faire un petit tour à travers des galeries de la même époque qui, passant derrière l'abside, vont déboucher dans la basilique de l'autre côté de cette abside. Ou bien par d'autres galeries on peut se rendre au vestibule des Flaviens.

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