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LA VOIE APPIENNE. — LE CIMETIÈRE DE GALIXTE

LA voie Appienne, la « regina viarum » des anciens Romains, partait de la porte Capène de l'enceinte de Servius Tullius, et allait, par Bovillae, Albano, Aricia, etc., jusqu'à Capoue. Elle fut prolongée plus tard jusqu'à Brindisi. Il n'est pas un visiteur de Ronne qui ne connaisse les monuments sépulcraux de cette voie.

Elle était aussi célèbre pour ses souvenirs chrétiens que pour ses souvenirs païens. La topographie des cimetières de cette voie fut très confuse jusqu'au milieu du XIX^ siècle. A l'aide des anciens documents, M. de Rossi put reconstituer la vraie topographie. Il a remarqué que le calendrier libérien

T. Index coevietei'iornm e notifia regionum : « Coemeterium Praetexati ad S. Januarium via Appia. Coemeterium catacumbas ad S. Sebastianum via Appia. Coemeterium Calisti ad S. Xystum via Appia. » — Itinéraire de Salzbourg : « Postea pervenies via Appia ad S. Sebastianum martyrem, cujus corpus jacet in inferiore loco, et ibi sunt sepulcra apostolorum Pétri et Pauli, in quibus XL annonim requiescebant. Et in occidentali parte ecclesiae per gradus descendis ubi S. Cyrinus papa et martyr pausat. Et eadem via ad aquilonem adSS. Martyres Tlburtium et Valerianum et Maximum. Ibi (en marge: intrabis in speluncam magnam et ibi) invenies S. Urbanum episcopum et confessorem, et in altère loco Felicissimum et Agapitum martyres et diaconos Syxti, et in tertio loco Cyrinum martyrem, et in quarto Januarium martyrem. Et in tertia ecclesia rursum S. Synon martyr quiescit, Eadem via ad S. Caeciliam, ibi innumerabilis multitude martyrum. Primus Syxtus papa et martyr, Dionisius papa et martyr, Julianus papa et martyr, Flavianus martyr, S. Caecilia virgo et martyr, LXXX martyres ibi requiescunt deorsum, Geferinus papa et confesser sursum quiescit. Eusebius papa et martyr longe in antre requiescit, Cornélius papa et martyr longe in altère antre requiescit. Postea pervenies ad S. virginem Soterem et martyrem (en marge : eadem viavenisadecclesiam parvamubidecollatus est S. Xystus cum diaconibus suis), cujus corpus jacet ad aquilonem. » — De locis SS. Martyrum : « Juxta viam Appiam in oriental! parte civitatis ecclesia est S. Suteris marlyris, ubi ipsa cum multis martyribus jacet, et juxta eandem viam ecclesia est S. Syxti papae ubi ipse dormit. Ibi quoque et Caecilia virgo pausat, et ibi S. Tarcisius et S. Geferinus in une tumulo jacent, et ibi S. Eusebius et S. Colocerus et S. Parthenius per se singuli jacent et DCCC martyres ibidem requiescunt. Indehaud procul in coemeterio Callisti Cornélius et Cyprianus in ecclesia dormiunt. (D'une autre main : Et in altéra spelunca S. Calecerus diaconus). Juxta eamdem viam quoque ecclesia est multerum Sanctorum, id est Januarii, qui fuit de septem fîliis

cimetière de Calixte, tout à fait distinct de celui de St-Sébastien et de celui de Prétextât. Ces conclusions furent confirmées par la découverte, en 1863, de la crypte de St-Janvier, qui marquait avec certitude la place précise du cimetière de Prétextât.

M. de Rossi a publié le résultat de ses recherches dans la Roina sotterranea. Le premier volume est consacré à des aperçus généraux et à la description de la partie la plus ancienne du cimetière ; le deuxième, aux centres historiques des papes, de Ste-Cécile et de St-Eusèbe ; le troisième, aux autres régions. Nous en ferons un rapide résumé (9.

Le cimetière de Calixte fut peut-être fondé dès le I^^* siècle ; mais il n'a pris son nom qu'au commencement du 111% quand Calixte, diacre de Zéphyrin, fut préposé par ce pontife à l'administration du cimetière, ainsi que le rapporte le livre des P hilosophiunena. Devenu pape, Calixte agrandit l'hypogée. Là fut, au III^ siècle, la sépulture officielle des papes, qui jusqu'alors avaient été enterrés au Vatican, «juxta corpus B. Pétri».

On doit reconnaître la partie la plus ancienne du cimetière de Calixte dans la région à laquelle de Rossi a donné le nom de «cryptes de Lucine», et oîi se sont conservées des inscriptions du commencement du 11^ siècle. Cet hypogée se développa dans le voisinage de la voie publique, non loin de l'endroit oij devait être enterré plus tard le pape S. Corneille. C'était peut-être alors le cimetière privé des Caecilii ou des Pomponiî. De ce noyau primitif et de quelque autre centre est partie ensuite la grande excavation du III^ siècle.

Dans ce cimetière M. de Rossi distingue diverses régions: 1° les cryptes de Lucine, au-dessous d'un monument païen attribué à la famille des Pomponii ; — 2° le cimetière de Calixte proprement dit avec la crypte des papes, les chapelles

I. Le plan général du cimetière de St-Calixte donnera une idée de l'étendue de la catacombe ; les trois autres plans partiels permettront de déterminer d'une manière approximative les régions principales. Toutefois ces plans, empruntés à Roma sotterranea^ ne sont plus d'une rigoureuse exactitude : le visiteur ne pourra se fier absolument qu'au plan spécial du second étage du cimetière. Ce plan a été dressé avec soin et mis en relation constante avec le texte de notre description.

de Ste-Cécile, de St-Eusèbe, et la galerie des Sacrements; — 3° vers l'ouest, le cimetière de Ste-Sotère, qui possédait son escalier spécial ; — 4° une grande région du IV^ siècle, vers le nord, dont une partie est appelée région libérienne, parce qu'on y a trouvé beaucoup d'inscriptions de l'époque du pape Libère et dont l'autre partie, encore incomplètement explorée, dut être à l'origine un cimetière séparé, peutêtre celui de St-Marc et Ste-Balbine. Il y a aussi plusieurs arénaires, près des cryptes de Lucine, à côté du tombeau de Ste-Cécile, et vers le milieu du cimetière, près de la région libérienne : c'est là sans doute que devait se localiser le

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