ORATOIRE DE ST-SIXTE ET STK-CJECILE
au moment des premiers travaux de J.-B. de Rossi.
souvenir des martyrs grecs enterrés, suivant la tradition, dans l'arénaire de St-Hippolyte. Nous suivrons, pour décrire ces diverses régions, l'ordre dans lequel on les visite habituellement.
Signalons auparavant plusieurs monuments en plein air situés au-dessus de la catacombe. A l'entrée actuelle de la propriété, on voit deux tombeaux païens avec leurs hypogées, qu'on peut juger du 11^ ou du II I^ siècle ; et tout près, les ruines d'un autre monument sépulcral dont les propriétaires peut-être se firent chrétiens et creusèrent au-dessous les Cryptes de Lucine.
L'édifice qui s'élève un peu plus loin est chrétien. Il servait jadis de hangar, dans lequel on déposait les instruments de travail. C'est une chapelle à trois absides, « cella trichora», dont les murs inférieurs furent construits au III^ siècle, et qui fut rebâtie au IV^. Elle a dû servir d'abord à célébrer les agapes funèbres ; il est vraisemblable qu'elle fut détruite pendant la persécution de Dioclétien, relevée après la paix et transformée en basilique dédiée à S. Sixte et Ste Cécile; elle est mentionnée par les Itinéraires. Ces documents parlent aussi d'une basilique de St-Corneille, qui s'élevait au-dessus du tombeau de ce pape ; elle fut, suivant le Liber pontijîcalis.
« FORMAE > d'un CIMETIERE EN PLEIN AIR.
reconstruite au V^ siècle, mais on n'en a pas trouvé de traces. Ils indiquent encore une basilique de Ste-Sotère, qu'on visitait après celle de St-Sixte, en passant de la voie Appienne à la voie Ardéatine : de Rossi l'a identifiée avec un édifice ' qui existe précisément au-dessus du centre appelé par lui de Ste-Sotère ; cet oratoire a la même forme que la chapelle de St-Sixte. Plus au nord devait s'élever la basilique de Ste-Balbine ; autour de celle-ci se développa, à l'époque de la paix, un cimetière extérieur auquel appartenaient les tombeaux, « formae », récemment recouverts de terre, dont on voit encore quelques-uns près de l'oratoire de St-Sixte 1 et Ste-Cécile. Je reproduis ici la section d'un groupe de
LE CIMETIÈRE DE CALIXTE
«formae », pour donner une idée de ce genre de tombeaux. L'oratoire de St-Sixte restauré est actuellement un musée. La plupart des sculptures et inscriptions qu'il renferme ont appartenu au cimetière extérieur. Sur le mur de gauche sont plusieurs inscriptions consulaires des IV^, V^VI^ siècles ; la plus ancienne est de 362. Un fragment métrique parle de trophées et de personnages décapités, i colla dedere » : on peut y voir un souvenir du martyre de S. Sixte 11 et de ses compagnons, à qui ce lieu était peut-être consacré :
///pRAECEPTa pROFA;m
IIJnohiLE CORPVS
intime cOLLA DEDERE
///HOSTIS INIQVI
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lllvitae fasTlDit amOREM.
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///aMICTV
ORATOIRE DE ST-SIXTE ET STE-CÉCILE RESTAURÉ, ET BUSTE DE J.-B. DE ROSSI.
Parmi les sculptures et débris de sarcophages fixés au mur, on remarque la multiplication des pains, le sacrifice d'Abraham, les bustes des Apôtres S Pierre et S. Paul, et une scène très rare, celle d'Ulysse attaché au mât de son vaisseau et fuyant les sirènes, dans laquelle les chrétiens retrouvaient un symbole de Jésus-Christ attaché à la croix et de l'âme qui fuit les pièges du démon. Au milieu de ces souvenirs chrétiens, un buste commémoratif de M. de Rossi a été placé en 1892, à l'occasion du 70^ anniversaire de sa naissance. On a cru autrefois que cet oratoire était proprement le lieu de la décapitation de S. Sixte, « locus ubi decollatus est Xistus » ; les itinéraires semblent devoir le faire chercher un peu plus près du cimetière de Prétextât.
§ I. Région des Papes et de Ste-Cécile.
On descend à la crypte des papes par un escalier du IV^ siècle [A]. A la paroi droite [a] est fixée une inscription de l'an 290, c'est-à-dire de l'époque delà persécution de Dioclétien:
VIBIVS . FIMVS . R . KAL SEP DIC-IIILET -MAX-COS
« Vibius Fimus recessit Kalendis septembris, Diocletiano quartum et Maximiano consulibus. »
A cause du grand nombre des pèlerins, on fut obligé de construire, dès le IV^ siècle, un autre escalier [B],plus voisin de la petite basilique; les dernières marches sont visibles dans les galeries souterraines.
Le premier escalier aboutit à un petit vestibule éclairé par un lucernaire ; les parois sont pleines de € graffiti » des anciens pèlerins, signe du voisinage d'un sanctuaire historique ; on lit, tracées en grandes lettres, les acclamations IN MENTE HABETE, — ICONI VIBAS, — FORTVNA//// TE IN PAGE, — SOPHRONIA VIBAS. Nous rencontrerons encore ailleurs ce nom de Sophronia. Tout près de là on arrive à la chambre des papes [D].
Chapelle papale. — De chaque côté de la porte d'entrée, le mur est couvert de « graffiti » ; au milieu de noms inconnus,
RÉGION DES PAPES ET DE STE CÉCILE
on distingue des noms historiques, celui de S. Sixte, le martyr de l'an 258 : SANCTE SVSTE, SVSTE SANCTE ; celui de S. Pontien : EN ©GUJ META ÏÏANTujN (twv àyiwv 'Eu^axoTuov) nONTlANG ZHCHC; et l'acclamation enthousiaste d'un pèlerin : lERVSALE CIVITAS ET ORNAMENTVM MARTYRVM...
Dans cette crypte commença, avec le pape S. Zéphyrin, une nouvelle série de sépultures papales, faisant suite à celle
RÉGION DES PAPES ET DE STE-CÉCILE
du Vatican. La chapelle n'est pas dans son état primitif; quand on la découvrit en 1854. elle était si délabrée, qu'il fallut refaire les murs ; toutefois on conserva la forme ancienne, la disposition des € loculi» et les grandes lignes architecturales. Il ne reste que cinq des quatorze inscriptions des papes, celles de S. Antère,de S. Fabien, de S. Lucius et de S. Eutychien, €t peut-être celle de S. Urbain.
S. Zéphyrîn fut le premier pape déposé dans ce cimetière; on n'y a retrouvé de lui aucun souvenir. A l'époque de la paix, son corps fut transféré dans la basilique supérieure, où il eut un tombeau commun avec S. Tarsicius: « Ibi S. Tarsicius et S. Geferinus in uno tumulo jacent », dit le De locis SS. Martyrum. Ce sarcophage était prabablement au fond de la basilique.
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«GRAFFITI» DE LA CHAPELLE LES PAPIS. (Voir ci-contre la transcription. )
S. Calixte, successeur de Zéphyrîn, a donné son nom au cimetière, dont il avait eu la garde, mais il n'y a pas été déposé. Victime d'une émeute populaire au Transtévère, il fut porté au cimetière le plus voisin de cette région, celui de Calépode (»).