‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 98 sur 378 · RÉGION DE STE-SOTÈRE ET GALERIE DE ST-EUSÈBE. I · texte numérisé non relu

RÉGION DE STE-SOTÈRE ET GALERIE DE ST-EUSÈBE. I

y était suspendue. C'était une crypte liturgique, comme un appendice de la chapelle dite de Ste-Sotère.

A fond de cette région se trouve une chapelle à coupole [N] dont les tombeaux, encore fermés pour la plupart, sont ornés de « graffiti » tracés sur la chaux (IV^ siècle) ; une croix de fleurs entre deux colombes [e] ; une peinture représentant une scène de la vie réelle, une marchande de légumes assise devant une table [d] ; en revenant, après avoir traversé la grande galerie de St-Eusèbe [13], un arcosole [f] dans lequel est peinte la résurrection de Lazare ; plus loin, sur la droite, une grande chambre anonyme [O] où se sont réunis Pomponius Laetus et ses académiciens, ils y ont écrit leurs noms sur les parois : 1475 XV Kl FeB PANTAGATHVS MAMMEIVS PAPIRIVS MINICINVS AEMILIVS VNANIMES PERSCRVTATORES ANTIQVITATIS REGNANTE POM • PONT • MAX MINVTIVS. Une autre main a ajouté: ROM • PYP • DELITE • ('). C'est un important souvenir des premières explorations faites dans les catacombes. Dans la galerie [12] qui conduit de cette chambre à la galerie de St-Eusèbe [13] on remarque, à droite, un arcosole orné d'une peinture du III^ siècle qui représente l'Adoration des Mages [g]. La Vierge, assise sur une chaire,a l'Enfant Jésus sur ses genoux ; devant elle sont trois princes orientaux, l'un derrière l'autre. A cet arcosole fait face un groupe de quatre chapelles réunies l'une à l'autre et dont trois sont éclairées par un même lucernaire ; elles ont dû servir à des usages liturgiques ; l'une d'elles renferme l'inscription funéraire d'un certain Ulpius Florentins. C'est là qu'ont commencé en 1871 les pieuses réunions qui ont donné naissance au collège des «cultores martyrum » (2).

1. Sur les souvenirs de Pomponius Laetus dans les Catacombes, cf. de Rossi, Rom. soiterr., I, p. 39 ; — Bullettino, 1870, p. 81-94.

2. Voici les noms des premiers membres de ces réunions, qui avaient un double but, un but d'étude et un but de piété : Marien Armellini, Horace Marucchi, Raphaël Santambrogio, D. Joseph Lauri Colocci, Faustin Ceccarelli, François Pelami, Bientôt se joignit à eux M. le chanoine J. B. Storti, puis plus tard Henri Stevenson, D. Raphaël Celli et beaucoup d'autres. Le collège des « cultures martyrum » prit, quelques années après, sa forme officielle et définitive sous les auspices de Mgr de Waal (février 1879).

t6o guide des catacombes romaines.

A l'extrémité de cette galerie, nous tournons à gauche et nous nous trouvons dans celle de St-Eusèbe [13].

A l'entrée de la première galerie transversale à gauche, une famille s'est fait représenter en peinture, sous forme d'orantes, au-dessus de son tombeau [I]. Au delà de cet arcosole s'ouvre une chapelle [Q'] au fond de laquelle est inscrit en lettres rouges le nom de son propriétaire patricivs.

Un peu plus loin, dans la galerie de St-Eusèbe, on voit une inscription ainsi conçue :

PETRONIAE AVXENTIAE -CF. QVAE VIXIT

ANN . XXX . LIBERTI • FECERVNT • BENEMERENTI • IN • PAGE

Cette Pétronia, « clarissima femina », était de famille sénatoriale. L'inscription fut placée par ses affranchis. La mention des affranchis est assez rare pour mériter d'être remarquée ici. C'étaient apparemment des esclaves mis en liberté^ «manumissi », au moment du baptême de leur maîtresse.

Puis on rencontre une chapelle double éclairée par un grand lucernaire [P]. Une inscription, tracée sur une grille en marbre qui a dû fermer un arcosole, donne le nom du propriétaire de cette chapelle, Sévère, diacre du pape S. Marcellin ; nous savons ainsi qu'elle fut creusée, avec son lucernaire, au commencement du IV^ siècle, sous Dioclétien : les chrétiens possédaient donc alors la surface du sol, autrement ils n'auraient pu pratiquer des lucernaires. L'inscription fait l'éloge de la sœur de Sévère.

CVBICVLVM DVPLEX CVM ARCISOLIIS ET LVMINARE | IVSSV PAPAE SVI MARCELLINI DIACONVS ISTE | SEVERVS FECIT MANSIONEM IN PAGE QVIETAM | SIBI SVISQVE MEMOR Q.VO MEMBRA DVLCIA SOMNO | PER LONGVM TEMPVS FACTORI ET IVDICI SERVET | SEVERA DVLCIS PARENTIBVS ET FAMVLISaVE | REDDIDÎT VIII FEBRVARIAS VIRGO CALENDAS | dVAM DOMINVS NASCI MIRA SAPIENTIA ET ARTE | IVSSERAT IN CARNEM QVOD CORPVS IN PAGE Q.VIETVM \ HIG EST SEPVLTVM DONEC RESVRGAT AB IPSO | Q.VIQ.VE ANIMAM RAPVIT SPIRITV SANCTO SVO | GASTAM PVDIGAM ET INVIOLABILE SEMPER | Q.VAMCiVE ITERVM DOMINVS SPIRITALl GLORIA REDDET | Q,VAE VIXIT ANNOS VIIII ET XI MENSES I XV Q.VOQ.VE DIES SIG EST TRANSLATA DE SAEGLO.

Remarquer dans la même chapelle (arcosole à droite) un fragment de marbre portant la mention : AD MARTyres (?).

RÉGION DE STE-SOTÈRE ET GALERIE DE ST-EUSÈBE. l6l

/WSSVîPSVMMElUNipicONVSlS ;SEVEi^SF£(ÏIM^NsIO^EMINPAcEQVIE^ ™sWSÇ»\^I^MOR(lV0Mvél^^G\S(M0|

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ÎSEVERAD\^GjSÎ^NriBV50FMVIgQm

f'avÀM DOMSNASCIMIFAS ÀP 1 ENTI AETAKTE ' lYS SERATiNcARlv£MQVODC0RPV5R\C£Qyîn"!

'^j^If^ESTSEPVLTVM)0^£Cl^SVfWAB^ feVIQVFANIMA^1^Vf^sPlFâTVSÀNcToSVôt

/(piMQyî'lTERVMDOMSSPîRITAîIC^ x

Et un peu plus loin un autre fragment qui semble renfeimer une indication analogue :

///E PROCT/// ///VIXIT.AN/// ///D.III.QVAE/// ///IN PAGE/// ///SANCT/// (Sanctornni in loco 7)

La chapelle opposée [Q], appelée chapelle des Cinq Saints, appartient à la même époque. La paroi du fond est décorée de peintures. On voit au milieu d'un jardin, symbole du Paradis, cinq personnes orantes, trois femmes et deux hommes ; leurs noms sont au-dessus : DIONISAS IN PAGE

— NEMESI IN PAGE — PROGOPI IN PAGE — ELIODORA IN

PAGE — ZGAE IN PAGE ; et au-dessous, à droite et à gauche de l'arcosole, deux autres noms, dont un seul reste visible : ARGADIA IN PAGE. Il y a aussi des fleurs, des vases auxquels s'abreuvent deux colombes, etc. Toute cette scène rappelle

Guide des catacombes romaines. ii

la célèbre vision de Ste Perpétue : « Vidi Dinocratem refrigerantem... » (i) Les noms indiqués ici sont inconnus, sauf celui de Zoé : quelques-uns ont pensé voir ici un souvenir de la sainte de ce nom, femme de Nicostratus, dont parlent les Actes de S. Sébastien.

jt.

ÉJHÉ^fe,^. '^

Hkiiiiiilii

Du même côté de la galerie, à l'entrée d'une autre chapelle [R] une main chrétienne a tracé à la pointe les noms des SS. Partène et Calocère ; il y eut donc là les corps de ces deux martyrs, victimes de la persécution de Dèce (250). La date écrite, m ID FEFRVA (« tertio idus februarias »), ne

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