‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 99 sur 378 · RÉGION DE STE-SOTÈRE ET GALERIE DE ST-EUSÈBE · texte numérisé non relu

RÉGION DE STE-SOTÈRE ET GALERIE DE ST-EUSÈBE

correspondant pas à celle de leur mort (19 mai), M. de Rossi a supposé qu'on avait voulu conserver le souvenir d'une translation ; mais l'hypothèse n'est pas nécessaire : le caractère de cette date est tout différent de celui des noms des martyrs, il est permis de croire qu'elle n'a aucun rapport avec la déposition des corps. La chapelle était en si mauvais état, que la Commission d'archéologie a été obligée de la faire reconstruire.

La première chapelle que l'on rencontre ensuite à gauche [SJ est vraisemblablement celle du pape S. Caius. Elle est très grande, et M. de Rossi y atrouvéune inscription grecque qu'il a ainsi reconstituée au fond de la chapelle :

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C'est-à-dire : i Déposition de l'évéque Caius le 22 avril, » date à laquelle les martyrologes rappellent en effet la mort de S. Caius. Il est vrai qu'une inscription de la région Libérienne mentionne le voisinage de S. Caius : AD DOMN CAlVM ; mais elle a pu être apportée d'un autre endroit, et cette indication s'explique suffisamment sans recourir à l'hypothèse d'une translation du martyr. S. Caius mourut sous Dioclétien (22 avril 296) ; son tombeau est indiqué à St-Calixte par le Li'âer pontificalis et les Itinéraires. Une autre chapelle a été creusée derrière celle-ci. Dans le coin de la porte de communication, un fossoyeur a laissé cette curieuse inscription : FECIT ICONIVS ET DEALBAVIT HVNC LOCVM DIEBVS X. La chapelle sépulcrale de S. Eusèbe [T] fait face à celle de S. Caius. S. Damase y avait placé une inscription, dont une copie fut exécutée au VI^ siècle sous le pape Vigile, après les ravages des Goths. On a retrouvé cette copie, gravée au dos d'une inscription païenne en l'honneur de Caracalla ; et plusieurs petits fragments originaux, placés vis à vis :

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S HERACLIVS VETVIT LABSOS PECCATA DOLERE y

V EVSEBIVS MISEROS DOCVIT SVA CRIMINA FLERE I

A SCINDITVR IN PARTES POPVLVS GLISCENTE FVRORE Y

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A INTEGRA CVM RECTOR SERVARET FOEDERA PACIS A

£ PERTVLIT EXïLIVxM DOMINO SVB IVDICE LAETVS |

A LITTORE TRINACRIO MVNDVM VITAMQ. ^ RELIQ.V1T I

R EVSEBIO EPISCOPO ET MARTYRI i

Cette inscription, — où il faut remarquer le nom du calligraphe de S. Damase, Furius Dionysius Filocalus (i), — nous apprend un épisode de l'histoire de l'Église romaine qui, sans elle, serait tout à fait oublié : le schisme de cet Héraclius impitoyable pour les «lapsi».

S. Eusèbe, qui défendit la doctrine orthodoxe, mourut en Sicile en 310 sous Maxence. La chapelle oii son corps fut transféré après la paix était décorée de marbres et de mosaïques ; l'arcosole se trouvait au fond. Une particularité de cette chapelle, c'est qu'elle a un « matroneum », une tribune située au premier étage de la catacombe et accessible par le grand escalier voisin [U].

Dans les galeries voisines de ce « matroneum », il y a quelques monuments dignes de remarque. D'abord dans un arcosole, une peinture célèbre [k] dans laquelle M. de Rossi croyait voir la scène unique du jugement d'un martyr ; Mgr Wilpert après un patient et minutieux examen, y a reconnu Suzanne défendue par Daniel (2). Ensuite des tombeaux

1, Cf. Eléments, t. I. p 226.

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