Loc. cit. [P. L., t. XVIII, col
84 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
que Constance, lors de sa venue à Ronie, avait admiré le temple de la Victoire et laissé intacts les édifices païens : € Cum alias religiones sequeretur, has servavit imperio. » Le Code Théodosien, rédigé vers le milieu du V^ siècle, recommande aussi de les conserver comme monuments artistiques et historiques. Zosime (i) rapporte que Serena, femme de Stilicon, visitant le temple de Cybèle sur le Palatin, enleva un collier d'or et de pierreries qui ornait le cou de la divinité : le temple était donc encore debout. Plusieurs statues disparurent d'ailleurs, parce qu'elles furent cachées par les païens euxmêmes : c'est ainsi qu'on a découvert, sous Sixte IV, enfouie au Forum boarium, la statue d'Hercule, conservée aujourd'hui au musée du Capitole.
S'il y eut quelques violences, elles furent dues uniquement à la haine populaire. Un dessin grossier du cimetière de Pamphile, sur la Via Salaria antiqua, représente des personnages élevant les mains vers une statue, et l'un d'eux la tirant avec une corde pour la faire tomber. Mais ces actes particuliers ne s'appuyaient sur aucune mesure légale. Au contraire de nombreuses inscriptions faites par des magistrats, surtout par des préfets de Rome, parlent de temples restaurés, de statues replacées en leur lieu primitif, à la suite d'accidents, de tremblements de terre, etc. On voit de ces inscriptions dans tous les musées (2). Bien plus, quand on commença à consacrer quelques édifices païens au culte chrétien, on eut soin de conserver toutes les peintures qui ne blessaient pas directement la foi chrétienne. Ainsi la basilique de Junius Bassus, sur l'Esquilin, dédiée d'abord à S. André, puis à S. Antoine, portait encore, au XVI^ siècle, les traces de ses décorations primitives (3).
Mais si on a sauvé les temples, les statues, les monuments