‹ Éléments d'archéology chrétienneChapitre 123 sur 334 · Orose, Hiit., 1. VII, c. 42 [F. /,., t. XXXI, col · texte numérisé non relu

Orose, Hiit., 1. VII, c. 42 [F. /,., t. XXXI, col

94 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.

Il n'est pas vrai qu'Alaric ait, comme on l'a dit, détruit des monuments publics à Rome. Ni lui ni Genséric n'en eurent le temps. L'un n'est pas resté à Rome plus de 12 jours, ni l'autre (455) plus de 20 jours. Les monuments de l'antiquité étaient encore bien conservés aux VII^ et VIII^ siècles; et plusieurs inscriptions, celle par exemple de Castalius Innocentius, au Forum romain, rappellent que ceux qui avaient été dévastés « barbarica incursione » furent restaurés par les magistrats chrétiens. Mais les barbares s'emparèrent de l'or, de l'argent, des pierreries (i). C'est ainsi que disparurent de précieux trésors, entre autres le célèbre candélabre à sept branches rapporté de Jérusalem par Titus et déposé dans le temple de la Paix. Genséric le porta à Carthage; sous Justinien, il fut ramené à Constantinople, et plus tard fondu pour être offert au St-Sépulcre sous forme de chandeliers. Le peuple de Rome le croit encore caché au fond du Tibre.

La dernière invasion du V^ siècle est celle d'Odoacre, qui détruisit l'Empire d'Occident (476). Avant la chute de l'empire, une faction, celle de Basiliscus, avait détrôné Zenon et institué des consuls illégitimes, dont les noms se retrouvent dans les inscriptions sépulcrales. Une inscription du cimetière de St-Valentin porte la mention :

KAL • SEP • CON • DM • N • (basiUsci et) ARMATI- VV- CC

Aux V^, VJe, VII^ et VII !« siècles, plusieurs dominations barbares se succédèrent en Italie. Après la domination d'Odoacre, il y eut celle de Théodoric et des Ostrogoths (493-553)1 celle des Lombards, qui commença dans le nord de l'Italie en 568, et dura jusqu'à l'époque de Charlemagne. Indiquons brièvement les événements de cette période qui peuvent intéresser l'archéologue chrétien.

Au V^ siècle on voit se multiplier les édifices chrétiens. A Rome et dans la campagne romaine.on bâtit les « basilicae

I. Cf. s. Jérôme, Ep. LX ad Heliodor.; LXVI ad Pammach.; CXVIII ad Julian.; CXXVII ad Principiam. — Quelques lignes de cette dernière lettre (13) montrent que parfois les barbares respectèrent les églises, qui purent ainsi servir d'asiles. Cf. Orose, 1. VII, c. 39 {P. L., t. X.XXI, col. 1163); — Sozomène. 1. IX, c. 10 [P. G., t. LXVII, col. 1617).

majores» à côté des « basilicae ad corpus». Nous en avons plusieurs exemples ; le plus important est celui de la basilique

de St-Laurent sur la voie Tiburtine (') : la basilique Con-

I. Cf. de Rossi, Bnlletlino, 1864, p. 33-38, 41-45 ; — 188 r, p. 86-ioo.

ÇÔ ÉLÉMENTS d' ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

stantinienne « ad corpus » se trouve à un étage inférieur ; c'est seulement au XII !•= siècle, sous le pape Honorius III, qu'elle a été réunie à la basilique supérieure appelée.dans les inscriptions, € basilica major, basilica maxior. » — A côté des basiliques se développent les cimetières en plein air. Ils sont décorés avec la même richesse que les cimetières souterrains, dont on imite même les galeries et les arcosoles. On y remarque des portiques,des sarcophages à « teglata » ou « tugurium » en marbre, affectant parfois la forme des tabernacles de nos églises ; on peut voir un monument de ce genre dans le vestibule de St-Laurent-hors-Ies-Murs. — A cette époque, on commence à trouver la croix nettement dessinée ; elle se rencontre dans tous les cimetières à la surface du sol, peinte, sculptée, gravée, souvent ornée de fleurs et de pierreries, « crux gemmata». Mais elle ne présente pas encore le Crucifix, qui ne paraîtra qu'à la fin du VI^ siècle. — Dans les caveaux historiques des catacombes, on représente Notre- Seîgneur, la Ste Vierge et les Saints, quelquefois avec le nimbe. Le type romain du Sauveur, visage sans barbe et cheveux courts, fait place peu à peu au type oriental. — Les inscriptions sont grossières, les épithètes y abondent : « castissima, laudabilis, » etc. ; on indique aussi les professions, mais les formules dogmatiques ou mystiques sont très rares. Néanmoins ces inscriptions, donnant en général la date consulaire, sont très instructives pour l'histoire des deux Empires et de leurs relations.

En 491, pendant la guerre que se firent Odoacre et Théodoric, il n'y eut pas de consul en Occident. Comme on ne voulait pas citer le consul d'Orient Olibrius, on indiquait l'année par cette formule : <'( Post consulatum Flavii Fausti Junioris.» Odoacre n'avait jamais pris que le nom de « Patricius Italiae ». Théodoric se fit donner le titre de roî et cessa toutes relations avec l'Orient. Les inscriptions l'appellent « Dominus noster » : « Régnante Dno nostro Theodorico felix Roma,» et elles passent sous silence les consuls d'Orient. Ce règne fut une période de splendeur et de prospérité. Théodoric résidait à Ravenne. Il visita Rome en 500 et

ordonna des restaurations de monuments. Peu de temps après, on fit celle du Colisée, ainsi que le rappelle l'inscription de l'an 508 :

DECIVS

MARIVS •

VENANT IVS

BASILIVS

•V- C- ET- INL -PRAEF •

VRB . PATRICIVS

• CONSVL

ORDINARIVS • ARENAM • ET

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