II. Martyrologes
« Les fêtes célébrées chaque année étaient marquées dans le calendrier local. Chaque église devait avoir le sien. Les plus anciens qui se soient conservés sont ceux de Rome, de Tours et de Carthage... C'est en réunissant les calendriers des diverses églises, principalement ceux des grandes métropoles, que l'on forma ce qu'on appelle les Martyrologes. Les plus anciens recueils de ce genre paraissent avoir été constitués vers le milieu du IV^ siècle, en Afrique et en Asie- Mineure. Ils ne se sont pas conservés sous leur forme primitive ; nous ne les avons que dans Xo. Martyrologe hiéronymien^ compilation exécutée en Italie, vers le milieu du V^ siècle, puis transportée en France, où elle fut, vers l'an 590, à Auxerre, l'objet d'une recension de laquelle dérivent tous les manuscrits actuellement existants (i). » Ces différents manuscrits ont été classés et trois d'entre eux intégralement publiés par MM. de Rossi et Duchesne dans le 2^ volume de novembre des Bollandistes (2). Le martyrologe d'Asie- Mineure nous est parvenu aussi dans une traduction syriaque récemment découverte par Wright dans un manuscrit de l'an 412.
Les Martyrologes appelés historiques ont été formés plus tard ; ils contiennent pour chaque saint une petite notice extraite de ses Actes. Les plus connus sont ceux de Bède (VII I^ s.) (3), de Raban Maur (■*), d'Adon, évêque de Vienne
d'Espagne qui prétendait avoir le corps d'un S. Viar et demandait des indulgences pour la fête du Saint. Renseignements pris, on reconnut que ce culte reposait uniquement sur un fragment d'inscription composé des lettres S VIAR, lesquelles ne formaient pas un nom de Saint, mais la fin et le commencement des mots « praefectuS VIARum».
1. Duchesne, Origines du culte chrétien, ch. vin, § 5. Cf. l'article du même auteur sur Les sources du martyrologe hiéronymieii, dans \es Mélanges de ï École française, 1885 ; et son édition du Liber pontificalis, t. I, p. IX, CXLVIII ; — de Rossi, Roma sotterranea, l. II, p. X-XXI.
2. ActaSS. noveinb., t. II, Bruxelles, 1894. C'est le dernier travail de M. de Rossi ; il a terminé la correction des épreuves quelques mois seulement avant sa mort.