GALERIE DE CATACOMBE
(Cimetière de St-Calixté. )
Le terme « arcosolium, arcisolium, arcusolium », est composé de « arcus », l'arc formé par la partie supérieure de ces tombeaux ; et de « solium », qui désignait proprement
NOMENCLATURE CATACOMBALE. 12/
ces grandes baignoires en marbre dont plusieurs nous ont été conservées. Les « arcosolia » ne sont pas d'une haute antiquité. Il semble que primitivement on se contentait de grandes niches dans lesquelles étaient placés des sarcophages en marbre ou en terre cuite. Le vestibule du cimetière de Domitille renferme un « loculus » décoré de stucs représentant un sarcophage; c'est une disposition exceptionnelle. Par exception aussi, dans une galerie voisine, on voit un tombeau en forme de chambre ; il n'y a pas de porte, et on y pénètre par un trou que ferme une pierre : c'est sans doute une imitation du tombeau de Notre-Seigneur,
Antérieurement à 1' « arcosolium », on remarque une forme de tombeau qui en est comme le premier essai : le € solium » n'est pas surmonté d'une voûte en forme d'arc, mais d'un plafond. C'est ce qu'on a appelé la « tomba a mensa ». On la rencontre dans les cimetières de St-Calixte, de Domitille, de Priscille.
De chaque côté des galeries, s'ouvi-ent des « cubicula » ou chambres. Ces « cubicula » étaient soit des tombeaux de famille, comme ceux dont les inscriptions sont encore visibles au cimetière de Domitille : M • ANTONivs • RESTVTVS • FECIT • HIPOGEV • SIBI • ET • SVIS ; au cimetière de Calixte : BITVS SIBI ET SVIS ; dans un cimetière de la voie Latine : CVBICVLVM CONTALI ; — soit des tombeaux destinés aux membres d'une association, car on a trouvé même dans les catacombes les traces d'associations funéraires formées au sein de l'Église : les noms pluriels « Eutychii », « Pelagii »^ lus sur des inscriptions des cimetières de St-Calixte et de Ste-Priscille, doivent désigner des associations de ce genre. Ces chapelles avaient un caractère privé, leur exiguïté suffît à le prouver ; on voit parfois encore les gonds de la porte en bois qui en fermait l'entrée.
D'autres chapelles plus grandes, renfermant quelquefois les restes d'un martyr, étaient appelées € cryptae ». Les Actes des martyrs et les martyrologes emploient souvent ce nom. Certaines de ces € cryptae » étaient destinées à des cérémonies liturgiques, comme de vraies églises souterraînes.^
128 ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
On en a plusieurs exemples à St-Calixte : la chapelle dite de Miltiade était vraiment un lieu de réunion, il est facile d'y remarquer tout autour les traces d'un banc ; la chapelle située en face devait être réservée aux femmes. De même dans une des basiliques du cimetière Ostrien on reconnaît le sanctuaire, le « presbyterium x>, le siège de l'évéque, les niches latérales. Ces églises souterraines des catacombes affectent les formes les plus variées ; il y en a de carrées, de rectangulaires, de polygonales; il en existe une ronde, très importante, dans la région de Sotère, à St-Calixte. Elles ont souvent des peintures et des décorations architectonîques, colonnes, chapiteaux, frises, architraves, etc.
Il y eut donc avant la paix de Constantin des lieux de réunions dans les catacombes. Nous avons d'ailleurs sur ce point les témoignages des Actes des Martyrs. Il faut admettre aussi que, même dans les petites chapelles, on a célébré religieusement les anniversaires des défunts : Tertullien (^) et l'auteur d'un commentaire attribué à Origène (2) nous l'attestent. S. Augustin dit expressément qu'on offrait le saint Sacrifice près du tombeau (3), et qu'on le fit aux funérailles de sa mère : « Cum offerretur sacrificium pretii nostri jam juxta sepulcrum posito cadavere priusquam deponeretur ('^). » On peut croire que cette liturgie domestique des petites chapelles des catacombes a été l'origine de la messe basse. Dans les sanctuaires oià reposaient les martyrs, la liturgie se célébrait avec une plus grande solennité. A l'époque de la paix, on réserva pour les basiliques supérieures la liturgie solennelle, « missa publica » ; on continua dans les cryptes la liturgie moins solennelle, « missa ad corpus ».
§ II. Les usages funéraires.
Au milieu des ruines des catacombes, nous retrouvons quelques vestiges des rites funéraires des premiers chrétiens.