Senn. XVII [P. L., t. XX, col
i:'2 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
la S. Congrégation des Rites pour établir la présence d'un corps de martyr (i).
D'autres signes sont moins certains ou même sont tout à fait faux, quoiqu'ils aient été tenus autrefois pour bons. Ainsi on a cru que la palme était un indice du martyre. Mais la palme se rencontre même sur des monuments païens, comme allusion à la victoire des soldats sur le champ de bataille, aux succès des cochers dans le cirque ou des acteurs dans l'amphithéâtre. Pour les chrétiens, elle pouvait signifier simplement la victoire sur les passions et sur le monde. — On a pareillement regardé comme signe du martyre le
monogramme y^, que l'on traduisait : « Pax Christi », ou
même : « Passus pro Christo, » et qui est une simple abréviation du nom de Jésus-Christ, XPI-TO-. En réalité, le monogramme a été rarement employé avant Constantin, et c'est seulement après la paix de l'Eglise qu'il s'est répandu comme monogramme isolé. La Commission pontificale d'Archéologie sacrée, en dirigeant les fouilles d'une manière scientifique, a dissipé ces erreurs et un bon nombre d'autres.
Ainsi pour les tombeaux de martyrs inconnus nous n'avons de signes certains que le titre et le vase avec traces de sang. Quant aux tombeaux historiques, M. de Rossi a déterminé une manière de les reconnaître aussi simple que scientifique. Autour des tombeaux des martyrs illustres on avait bâti des oratoires et des basiliques ; ces monuments ont été ruinés ; mais on doit du moins en trouver des traces dans les cryptes vénérées. De même doit-il rester quelque chose des escaliers construits par S. Damase et d'autres papes pour conduire à ces cryptes. C'est cette idée qui a guidé d'abord M. de Rossi dans ses recherches.
Les inscriptions tracées à la pointe et les peintures postérieures à l'époque de la sépulture souterraine sont des indices non moins sûrs. Les pèlerins voulaient arriver jusqu'aux restes des martyrs, et le plus facilement possible; aussi leurs
I. Cf. V. de Buck, boUand., De phialis rubricatis quitus martyrum romanorum sepulcra dignosci dicuntur, Bruxelles, 1855 ; — F. X. Kraus, Die Blutampullen der rô:nischen Katacoînben, Frankfurt, 1868.