Cf. de Koss\, Bulletlino, 1863, p
bon Pasteur, de Celui qui règle et la vie des hommes et le cours des saisons.
Parmi toutes ces allégories, la seule qui puisse être appelée mythologique est celle d'Orphée. Elle est d'ailleurs rare dans les catacombes. On la rencontre à Domitille, à Priscille, à St-Calixte vis à vis de la chapelle des papes. Il est aisé d'en comprendre la signification chrétienne. De même que l'Orphée païen avait dompté les bêtes sauvages en jouant de la lyre : de même l'Orphée divin, Jésus-Christ, avait transformé le monde païen par la douceur de sa doctrine.
Cl)apitre troisième-
LE CYCLE PASTORAL
LA figure du bon Pasteur est la plus ancienne représentation de N.-S. Jésus-Christ. Le buste isolé du Sauveur ne se trouve que bien plus tard, peut-être seulement après la paix.
On a dit que le type du bon Pasteur dérive directement du Mercure criophore païen. Au premier aspect, il y a en effet une certaine ressemblance. Cependant ces deux types ne peuvent être confondus. L'Hermès est très variable de figure et de position. Le bon Pasteur est au contraire un type fixe, hiératique. Il est certain toutefois que les artistes chrétiens ont pu s'inspirer, pour l'ensemble de la composition, du Mercure criophore, comme ils se sont quelquefois inspirés des allégories païennes (^J.
La signification la plus naturelle du bon Pasteur est la charité de Jésus-Christ, et aussi la pénitence, puisqu'il porte sur ses épaules la brebis égarée. Il y a de plus une signification funéraire. Dans l'ancienne liturgie, on priait pour que l'âme du défunt fût « boni Pastoris humeris reportata ». La même prière parlait de la brebis, du jardin céleste; les Actes de Ste Perpétue racontent que la Sainte fut reçue par le bon Pasteur debout au milieu du jardin : tout cela concorde avec les peintures du bon Pasteur que nous connaissons.
Il est ordinairement représenté avec une brebis sur les épaules, une autre à droite et une à gauche. D'autres fois, il est entouré de brebis, dans une scène pastorale ; ou bien on le voit au milieu de son troupeau, où figurent brebis, agneaux et béliers. Il est quelquefois uni à l'orante, qui symbolise l'âme chrétienne.
I. Cf. Martigny, Étude archéologique sur f agneau et le Bon Pasteur ; — Veyries, Les figures criophores
LE CYCLE PASTORAL
Une fresque du commencement du III^ siècle, à St-Calixte, représente le bon Pasteur debout portant une brebis et entouré d'autres brebis qu'aspergent deux disciples : quelques-
(Cim. de St-Calixte. )
unes semblent l'écouter, d'autres s'écartent, d'autres sont tout occupées à paître. On a vu dans cette peinture une allégorie des effets différents de la parole divine et de la grâce dans les âmes : l'explication, si elle n'est pas très solide, est au moins ingénieuse.
Dans une jolie peinture du IIP siècle, à St-Calixte aussi, le bon Pasteur tient à la main un bâton et un seau de lait, symbole de l'Eucharistie. Dans les cryptes de Lucine, le seau de lait est placé sur une sorte de petit autel, et deux brebis le regardent.
Quelquefois, dans ces scènes pastorales, les artistes chrétiens se sont écartés du type hiératique pour imiter davantage les peintures païennes. Ils ont, par exemple, placé le bon Pasteur au milieu de ses brebis, assis et jouant de la flûte ; les bergers sculptés aux angles du couvercle du grand
272 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
sarcophage attribué au pape Miltiade, appartiennent à cette catégorie et ne présentent aucun caractère chrétien.
A ces coinpositions se rattache l'agneau, symbole du chrétien et aussi de N.-S. Jésus-Christ: « Ecce Agnus Dei (^)». Ce n'est pas seulement à une époque avancée que l'Agneau a figuré Notre-Seigneur. On a trouvé dans les cryptes de
(Cim. de St-Calixte.)
Lucine une très curieuse inscription fixée maintenant dans la grande galerie inférieure : sur la pierre est gravée une ancre, et au-dessous un agneau : c'est comme une représentation voilée du crucifix. S. Paulin de Noie (2) nous